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La Kabylie, composante essentielle de la Nation algérienne

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 Professeur des Universités expert international Dr Abderrahmane  MEBTOUL ( ademmebtoul@gmail.com)

1. Je tiens à saluer  la décision du président de la République de consacrer Yennayer journée chômée et payée, ainsi que d’accélérer la  création d’une académie algérienne de la langue amazigh, inscrite dans la nouvelle constitution, décision qui rentre  dans le cadre du renforcement de l’unité nationale. La Kabylie, cette région  à l’instar de toutes les régions du pays sans exception,  a payé un lourd tribut pour le recouvrement de l’indépendance nationale et a toujours lutté depuis des siècles contre les occupations étrangères. Dans ce cadre j’appelle également  à la mise en œuvre de l’application des recommandations du dossier  sur la réforme de l’Etat qu’avait diligenté le président de la république  au cours de son premier mandat pour une réelle décentralisation qui ne saurait signifier le  régionalisme néfaste ,  mais  des institutions pour rapprocher l’Etat et le citoyens et renforcer la cohésion nationale.

2. Car, une centralisation à outrance, favorise un mode opératoire de gestion autoritaire des affaires publiques, une gouvernance par décrets, c’est-à-dire une gouvernance qui s’impose par la force et l’autorité loin des besoins réels des populations et produit le blocage de la société. La mise en place d’une véritable décentralisation impliquant les acteurs locaux, doit avoir pour conséquence un meilleur gouvernement réel ressenti comme tel par la population, l’argument de base résidant dans la proximité géographique. Cela signifie qu’il existe une solution locale aux problèmes locaux et que celle-ci est nécessairement meilleure qu’une solution nationale.

3. C’est que le développement des  régions incluant le facteur culturel souvent négligé, ne peut être conçu d’une manière centralisée, autoritaire, interventionniste,    à la lumière des expériences historiques de pays qui ont réussi leur développement. Il  doit être basé sur la concertation et la participation effective de tous les acteurs sociaux. Elle  doit dépasser cette vision distributive à l’image des programmes spéciaux  mais doit concourir à optimaliser la fonction du bien-être collectif. De ce fait, je pense que la décentralisation, à ne pas confondre avec déconcentration, plaçant l’homme pensant et créateur au cœur du développent doit réaliser un triple objectif : une société plus équilibrée et plus solidaire, la croissance au service de l’emploi et mettre l’Algérie au cœur du développement de l’Afrique du Nord, de la Méditerranée et l’Afrique son espace social naturel.

4. Il ne s’agira pas d’opposer le rural à l’urbain, les métropoles aux provinces, les grandes villes aux petites mais d’organiser leurs solidarités. Pour cela, il s’agira de favoriser une armature aubaine souple à travers les réseaux, la fluidité des échanges, la circulation des hommes et des biens, les infrastructures et  les réseaux de communication. Cela implique une nouvelle architecture des villes, évitant ces constructions anarchiques sans âmes  et donc des sous-systèmes de réseaux mieux articulés. Elle devra forcément se situer dans le cadre d’une stratégie plus globale incluant la protection de l’environnement, dont le rôle essentiel est la prospective du territoire. Cette vision s’oppose  au  centralisme administratif, l’hégémonie des grandes agglomérations en évitant que plus de 95% de la population vive sur moins de 10% du territoire afin de construire un socle productif sur plus d’individus et davantage d’espace.

5. Tout en me félicitant de cette décision de recouvrement de l’identité nationale, je crois fermement, face à la nouvelle révolution économique qui s’annonce, irréversible 2020/2030,  que le peuple algérien a d’énormes ressources en lui-même et sera capable de réagir à l’instar d’autres peuples qui ont su conjuguer la modernité et leur authenticité. J’ose imaginer une Algérie où les nouvelles générations vivront confiantes et heureuses dans leur pays et où nous assisterons à un retour volontaire progressif des cadres expatriés. Pour cela, l’Algérie doit élaborer une stratégie d’adaptation avec réalisme qui sera l’œuvre des acteurs économiques, politiques et sociaux, tenant compte de la nouvelle transformation du monde, loin de l’ancienne vision bureaucratique centralisée.


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