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Louisa Hanoune participera à la prochaine marche du 1er mars

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En moins de vingt-quatre heures, le PT de Louisa Hanoune a complètement changé sa trajectoire par rapport aux événements du 22 février dernier. Lundi, la patronne du PT suggérait le report de deux mois de l’élection présidentielle et parlait d’une période post révolutionnaire. Pour Louisa Hanoune, aller à l’élection présidentielle dans les conditions actuelles ferait courir un danger certain au pays : «Je me demande si l’issue ne réside pas dans le report d’un ou deux mois maximum, pas à l’infini, afin de réunir toutes les conditions de démocratie et de transparence» avait-elle indiqué à un site d’information avant de se raviser ce mardi.

Aujourd’hui elle s’inscrit résolument dans cette démarche et fait sienne cette revendication portée par le peuple celle du retrait du 5eme mandat de Bouteflika: «Le vendredi 22 février est un point de basculement, un saut qualitatif. Des centaines de milliers de citoyens sont sortis dans la rue. Il y avait 100.000 manifestants rien qu’à Alger.

Il y avait toutes les franges de la société, toutes les générations. Leur refus du cinquième mandat exprime leur rejet du système», dit-elle, expliquant que «ceux qui ont obligé Bouteflika à se représenter, alors qu’il avait refusé de le faire en 2014 déjà, ce n’est parce qu’ils l’aiment, mais pour tirer profit de la situation. Ils souhaitent le statu quo pour continuer à voler et à dominer, sans se soucier du sort du pays». Selon elle, «ils soutiennent le président comme on soutient la corde d’un pendu», assène-t-elle.

La SG du PT ne s’attend pas à voir le pouvoir répondre favorablement aux revendications exprimées par les manifestants vendredi. «Malheureusement, il n’y a aucun indice dans ce sens (…) Ils ne sont capables de comprendre ce qui se passe dans la société algérienne. Si c’était le cas, ils ne se seraient pas engagés dans l’aventure du cinquième mandat», juge-t-elle.

Pour elle, ce qu’est en train de faire le pouvoir, qui parle de «continuité», «c’est plus que de la fuite en avant», «c’est une politique de terre brûlée. Ils veulent rester quoi qu’il arrive. Nous savons qu’un système corrompu ne partira facilement».

Elle considère que les propos tenus par le Premier ministre quand il a fait sa déclaration de politique générale ce lundi, constituent une provocation. «Il a parlé de réalisations mais il a oublié, la cocaïne, les harragas, le pouvoir d’achat», regrette-t-elle.

Mme Hanoune réaffirme qu’on est dans une phase «pré révolutionnaire» et que ce qui se passe ces jours-ci lui rappelle les débuts de la révolution tunisienne avec l’engagement des intellectuels, des étudiants, des syndicalistes… Comme les images de «fraternisation » entre les citoyens et la police lui rappellent «la révolution des œillets au Portugal en 1974.

 On craignait l’entrée en scène de forces centrifuges, mais le peuple a su imposer l’ordre de la majorité, d’une façon civilisée», se félicite-elle, avant de mettre en garde « contre les tentatives de récupération partisane du mouvement, annonçant qu’elle participera à la prochaine marche en tant que citoyenne».

La participation ou pas de son parti à la présidentielle devrait être tranchée vendredi prochain, révèle-t-elle.«Le vendredi 1er mars pourrait être une journée charnière et notre comité central se réunira justement ce jour-là. On verra ce qui va se passer et quels slogans seront scandés par les manifestants», conclut-elle.

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