Affaire dite du «blé empoisonné»: la thèse du complot contre l'État se précise…
OAIC

Y a-t-il eu un complot contre l’Etat en visant la destruction de l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC) ? Il y a lieu de le penser sérieusement, après les déclarations du conseiller du ministre de l’Agriculture, Cherif Ould al-Hussein, qui a défendu l’OAIC, estimant qu’il s’agit bel et bien d’un « complot contre une institution souveraine de l’État » et que la campagne lancée contre lui était exagérée et insidieuse.

On s’en souvient, fin novembre, l’Algérie a importé 30 000 tonnes de blé tendre « avariées » de Lituanie via un fournisseur suisse. Les autorités ont réagi immédiatement, affirmant que la marchandise sera renvoyée au fournisseur, alors que l’Office algérien interprofessionnel les céréalesa indiqué que c’était « une affaire purement commerciale » qui « ne mérite ni polémique et encore moins les décryptages ou les supputations » ».

Dans le même sillage, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, se basant sur des rapports sur le sujet, a ordonné, le 3 janvier 2021, l’ouverture d’une enquête sur l’affaire du blé avarié importé de Lituanie. Selon un communiqué de la Présidence sanctionnant la réunion du Conseil des ministres, le chef de l’État a chargé le ministre des Finances de procéder à un audit au sein de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (Oaic).

    Mais aujourd’hui, Ould al-Hussein dit que les analyses ont prouvé que le blé importé n’était pas empoisonné, mais contient plutôt des graines destinées à l’agriculture, « ce qui prouve que la campagne contre le Bureau National des Grains est exagérée », selon lui.

Alors, empoisonné ou non ? Que dit l’enquête diligentée par le président Tebboune lui-même ?

Pour rappel, l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales, créé par ordonnance du 12 Juillet 1962, a constitué l’opérateur national auquel a été confié une mission de service public en matière d’organisation du marché des céréales, d’approvisionnement, de régulation, de stabilisation des prix et d’appui à la production. En effet, de par les dispositions de ce texte, l’OAIC s’est vu confier le monopole de l’importation et de l’exportation des céréales.

Son activité a été ultérieurement à cette date, étendue aux autres produits tels que les avoines, les légumes secs et les semences fourragères. Des textes réglementaires périodiques définissant les prix et les modalités de commercialisation des céréales et légumes secs, lui ont attribué pour le compte de l’État, la gestion centralisée de la politique de stabilisation des prix.

En vertu d’un tel statut, l’OAIC s’est progressivement institué comme organisme central, détenteur des pouvoirs d’organisation, d’approvisionnement, de contrôle et de soutien au sein de la sphère céréales.