Said Abadou secrétaire général de l'ONM

A deux jours de la grande marche du 8 mars, qui va sans doute décider de l’avenir du pays, la puissante organisation des moudjahidine (ONM) vient de lâcher le président Bouteflika. C’est un véritable coup de tonner qui va rabattre les cartes et sans doute présager d’un lâchage en cascade des autres organisations de masse qui ont jusque-là soutenu le président Bouteflika depuis 20 ans.

L’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) vient en effet de rompre le silence, en dénonçant «l’imposition d’un 5e mandat». L’ONM déclare, dans un communiqué, suivre la scène nationale qui «connait actuellement une contestation populaire sans précédent qui mobilise toutes les franges de la société. Cette contestation est axée autour d’une revendication fondamentale à savoir tourner la page d’une accumulation de réalités douloureuses engendrées par des institutions qui n’étaient pas à la hauteur des aspirations légitimes de notre peuple», écrit l’ONM.

Elle salue des manifestations populaires marquée «par un comportement civilisé qui a suscité l’admiration du monde entier», poursuit l’Organisation. L’ONM poursuit le communiqué tient à «noter avec fierté ce qui a caractérisé le mouvement populaire qu’a connu la scène nationale, et lors duquel les petits enfants de la génération de Novembre ont fait montre d’un comportement civique empreint de sens de responsabilité et de discipline», relevant que cette image «honorable reflète les valeurs du citoyen algérien».

Pour l’ONM, «les changements profonds qu’a connus la société algérienne durant la tragédie nationale ont semé le désespoir, notamment parmi la frange des jeunes, privée des opportunités d’emploi qui lui auraient ouvert la voie à la construction d’un avenir familial et social».

Plus critique envers le régime, l’ONM juge que la situation dans laquelle le pays «a été acculé est totalement contraire aux espoirs et aux aspirations légitimes de notre peuple (…) de propulser l’Algérie vers le progrès, tel que prévu par la Déclaration du 1er Novembre 1954 ».

L’ONM considère que la crise qu’a connue le projet national a poussé la société civile, dans ses différentes composantes, «à sortir dans la rue pour revendiquer la concrétisation de slogans traduisant la volonté réelle du peuple par le recours aux textes juridiques et aux dispositions de la Constitution».

Enfin l’ONM a estimé que cette situation «résulte d’une collision entre des parties du pouvoir et les forces de l’argent, un argument souvent entendu ces dernières années. C’est d’ailleurs le principal reproche fait à l’entourage du chef de l’Etat» reconnaissant pour la première fois l’intrusion de l’agent dans les grandes décisions du pays.

L’ONM «dénonce la collision entre et des parties influentes au sein du pouvoir et des hommes d’affaires véreux qui ont bénéficié de manière illicite de l’argent public». Pour l’OMN, «c’est la situation qui a mis en péril le projet national qui a légitimé les manifestations de rue» dit-elle.  L’organisation rajoute une couche en dénonçant les visées néfastes de ces parties occultes qui ont mis le pays dans «une situation dangereuse en totale contradiction avec les aspirations de notre peuple de voir le pays se développer sur la voie tracée par l’Appel du 1er Novembre» .