Il serait très fastidieux de citer toutes les affaires sordides perpétrées par le Makhzen en violation des droits de l’Homme

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La « fétide » candidature marocaine à la présidence du Conseil des droits de l’Homme des Nations unie est de nature à décrédibiliser cette institution onusienne, a indiqué l’universitaire Ahmed Bensaada, soulignant qu’il serait très fastidieux de citer toutes les affaires sordides perpétrées par le Makhzen en violation des droits humains.

Dans une contribution parue sous le titre, « Le Maroc à la présidence du Conseil des droits de l’Homme : est-ce une farce », Dr Bensaada a listé une panoplie de dépassements qui montrent que ce pays a commis « une imprudence » en soumettant sa candidature. « Présidence du CDH! Quel culot pour ce pays empêtré jusqu’aux sourcils dans moult affaires défrayant la chronique, aux antipodes du respect basique des droits humains! », s’est-il indigné.

Selon lui, « il serait réellement fastidieux de recenser toutes les malversations, exactions, tortures, mauvais traitements, espionnage et autres injustices méthodiquement pratiquées par le régime du Makhzen et qui font régulièrement la une des journaux ».

« Sultana Khaya, la célèbre militante sahraouie, a dû rester sans voix en apprenant que le Maroc briguait la présidence du Conseil des droits de l’Homme (CDH) de l’ONU. « Rien que ça! », a-t-elle dû se dire en se remémorisant douloureusement ce 15 novembre 2021″, a-t-il martelé, rappelant les actes de tortures et les exactions commis par des dizaines de membres des forces de sécurité marocaines en civil contre elles, ses deux sœurs et même sur sa vénérable mère âgée de 80 ans.

Dans ce contexte, le Dr Ahmed Bensaada a notamment cité un rapport du Département d’Etat américain de 2020 dans lequel une série de problèmes importants concernant les droits de l’Homme au Maroc ont été mentionnés.

Parmi eux, il a noté « la torture par les membres des forces de sécurité, les allégations relatives à l’existence de prisonniers politiques, les restrictions graves de la liberté d’expression, dont la criminalisation de la diffamation et de certains contenus critiquant la monarchie, ainsi que l’ingérence considérable dans les libertés de réunion et d’association ».

Concernant le Sahara occidental et outre l’ignoble affaire de la famille de Sultana Khaya qui n’a été suivie d’aucune enquête, Dr Benssada souligne également que, « les militants sahraouis ont subi et subissent encore des sévices corporels et des conditions d’incarcération dégradantes sous la « bénédiction » du Makhzen qui n’a, plus que jamais, aucune considération pour les revendications légitimes du peuple sahraoui ».

A ce titre, il a cité entre autres, six nouvelles plaintes de prisonniers sahraouis déposées contre le Maroc devant le Comité contre la torture (CAT) des Nations unies à Genève en novembre 2022, rappelant que le CAT avait déjà condamné le Maroc en 2016 pour torture envers le militant sahraoui Naâma Asfari.

Outre les violations des droits de l’Homme au Sahara occidental, M. Bensaada est revenu en détail sur le mouvement du Rif, le massacre de migrants africains, l’affaire d’espionnage Pegasus et le « Marocgate », un scandale de corruption ayant éclaboussé le Parlement européen et dans lequel le Makhzen est notamment embourbé.

Concernant ce dernier scandale, Dr Bensaada a notamment fait observer que « cette vaste opération de corruption a permis au Maroc d’être à l’abri de toute résolution défavorable du Parlement européen ».

« Cela a tellement bien fonctionné que cette +cécité+ a duré pas moins de 25 ans! Mais suite à l’arrestation de (l’eurodéputé italien) Panzeri et de ses complices, le Parlement a finalement été contraint de condamner le bilan du Maroc en matière de droits humains: une première en un quart de siècle! », a-t-il expliqué.

« Au vu de ces quelques édifiantes affaires qui ont naguère défrayé la chronique, comment le Maroc peut-il avoir l’impudence de présenter sa candidature à la présidence du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU? Le bilan marocain dans ce domaine serait-il meilleur que celui de tous les pays actuellement membres de ce Conseil?, s’est-t-il interrogé, notant que, « la réponse est non ».

« Ne serait-ce donc pas mettre un « loup » dans la « bergerie » des droits de l’Homme? Ne serait-ce pas décrédibiliser cette institution onusienne qui a été profondément modifiée en 2006 pour justement remédier à ce genre de situation?, s’est-il encore demandé, tout en espérant que, « le CDH saura sagesse garder et honneur préserver en émettant une fin de non-recevoir à la fétide imposture de la candidature du Maroc ».

APS

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