Plusieurs responsables onusiens ont lancé des appels à l’action collective face à l’urgence climatique, lors des débats, à l’ouverture du segment de haut niveau de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP25) à Madrid en Espagne.

« Il est impératif que nous produisions maintenant des résultats substantiels. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent culminer rapidement et être immédiatement réduites de manière significative », a déclaré le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Tijjani Muhammad-Bande, dans un discours devant les participants de la COP25, qui a débuté le 2 décembre et se poursuit jusqu’au 13 décembre.

Le moment est venu, selon M. Tijjani, pour agir et entreprendre une action collective aussi bien à l’échelle des nations qu’internationale.

« Nous devons maintenant entreprendre une action collective. Nous devons travailler en partenariat avec les dirigeants de villes et les autorités locales, les entreprises, les ONG, les groupes autochtones et la société civile pour prendre des mesures climatiques aux niveaux national et mondial », a-t-il ajouté, notant que de nombreux pays ont fait preuve de leadership lors du Sommet Action Climat en septembre à New York en s’engageant à accroître leurs efforts d’ici à 2020 et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

« J’encourage tous les autres Etats membres à les imiter afin de garantir un monde meilleur pour tous », a-t-il dit.

Intervenant à cette occasion, la secrétaire exécutive de la CCNUCC, Patricia Espinosa, a mis en garde contre la fin de l’opportunité d’agir face à l’urgence climatique dans le monde, en soutenant qu’elle est désormais toute proche.

« Chaque année, à la COP, on nous dit que la fenêtre d’opportunité pourrait bientôt se fermer. La fenêtre d’opportunité se ferme maintenant », a-t-elle mis en garde. Et d’ajouter: « mon message est le suivant. Nous avons besoin de vos décisions. Nous avons besoin de votre leadership.

Nous n’avons plus de temps à perdre ».

Elle a rappelé, dans ce sens, que l’objectif clé de la COP 25 est d’accroître l’ambition pour la mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le climat de 2015 qui vise à limiter la hausse de la température moyenne mondiale à 1,5 degré Celsius au-dessus du niveau préindustriel.

Le climat se dégrade… 

Pour sa part, le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), Petteri Taalas, a rappelé que les récents rapports de l’OMM sur les gaz à effet de serre et l’état du climat ne constituent pas de bonnes nouvelles concernant la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris.

« Le réchauffement climatique se poursuit. La température mondiale moyenne a augmenté d’environ 1,1 degré Celsius depuis l’ère préindustrielle et l’océan d’un demi-degré. 220 millions de personnes ont souffert de vagues de chaleur l’année dernière. Nous avons recommencé à voir la faim augmenter. Aujourd’hui, plus de 800 millions de personnes souffrent d’un manque de nourriture », a-t-il déclaré dans un discours devant les délégués.

Emboitant le pas à Patricia Espinosa, le SG de l’OMM a tiré la sonnette d’alarme quant aux dangers imminents du changement climatique.

« Nous nous dirigeons vers une augmentation de la température de 3 à 5 degrés Celsius d’ici la fin du siècle. Si nous utilisons toutes les ressources en combustibles fossiles, nous arriverons à 8 degrés », a déclaré M. Taalas.

Dans ce contexte, le chef de l’OMM a exhorté les délégués de la COP25 à se concentrer sur les opportunités commerciales fournies par les énergies renouvelables et une économie à faible émission de carbone plutôt que sur les coûts économiques à court terme.

En outre, l’OMM et onze autres organisations internationales, dont la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ont donné le coup d’envoi mardi, lors de la COP25, de l’Alliance pour le développement de l’hydrométrie.

A la veille de la clôture des travaux de la COP, le magazine time a désigné la jeune militante du climat Greta Thunberg, personnalité de l’année 2019.

La Suédoise de 16 ans, devenue l’égérie de la lutte contre le changement climatique à travers la planète, est ainsi la plus jeune lauréate de cette distinction, décernée depuis 1927 par le magazine américain.

Greta Thunberg, qui a commencé à l’été 2018 à manifester seule pour le climat tous les vendredis devant le Parlement suédois, a depuis rallié des millions de partisans à sa cause.