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Campagne présidentielle: Les larmes de Tebboune et les menaces de Bengrina

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Et de cinq ! Tebboune a enfin livré ses premières larmes électorales. On parle d’un «phénomène» sans précédent d’autant que tous les candidats, sans exception, ont versé des larmes devant les caméras. Y compris les très expérimentés Ali Benflis, ancien Chef du gouvernement et deux fois candidats malheureux à la présidentielle, et enfin Abdelmadjid Tebboune, ex-Premier ministre du président déchu Bouteflika qui vient de clore ce chapitre lacrymale.

Finie les promesses électoralistes, et place aux vœux pieux.  A ce titre, Benflis à partir de Sétif dit être porteur d’un message d’espoir aux Algériens dans le but de «bâtir un Etat fort et une politique judicieuse, d’améliorer les conditions de vie et lutter contre la corruption et les corrompus». Il a appelé à «parachever le processus enclenché en février dernier par la mouvement populaire, qui a permis l’éviction de la bande, avec l’accompagnement de l’Armée», indiquant que cela «ne saurait se réaliser qu’en allant à l’élection présidentielle, qui mènera vers un avenir meilleur où la lutte contre la corruption sera poursuivie».

Pour Benflis, l’Algérie «ne vit pas actuellement de crise sécuritaire», même si «elle souffre de crises dans les domaines politique et socio-économique». Selon lui, seule la présidentielle «pourra éradiquer l’influence persistante des résidus de la bande. Une présidentielle dont le peuple sera le décideur».

 Pour Abdelmadjid Tebboune qui cumule les défections et les ratages, la fin de campagne électorale s’annonce difficile. Son chargé de communication Mohamed Laggab a annoncé que Tebboune ne participera pas à un débat télévisé avec les autres candidats «si le traitement médiatique n’est pas équilibré». Ceci au moment où le représentant du candidat Benflis a affirmé que son candidat est disposé à participer à un débat quel que soit le traitement médiatique.

Selon l’ex Premier ministre, la situation difficile que traverse le pays est du seul ressort de l’ancien régime dont il faisait pourtant partie : «c’est bien l’argent sale qui a poussé des jeunes Algériens à se suicider en mer. Ce qu’ont fait les corrompus, il n’a pas été fait même par les plus grands oligarques européens», dit-il à ce propos : «Le système de castes en Algérie n’a rien à voir avec le projet égalitaire porté par la révolution algérienne pour laquelle sont morts des millions de martyrs qui étaient pour un Etat démocratique et social et non pas pour que les Algériens résident dans des bidonvilles. Mes idées ne sont pas populistes, ni socialistes, je ne suis non plus contre les hommes d’affaire, aux seules conditions qu’ils travaillent dans le cadre de la loi, qu’ils paient leurs impôts et bâtissent leurs richesses légalement, et non comme l’a fait la Issaba».

Et Tebboune de conclure en assurant que «2020 sera l’année du changement nécessaire et si on ne le fait pas nous-même, il nous sera imposé de l’extérieur», dit-il réaffirmant une nouvelle fois «sa défiance à l’égard de la transition».

De son côté, Abdelkader Bengrina qui a menacé de se retirer de la course à la magistrature suprême après s’être retrouvé vendredi dernier face à une salle presque vide a donc décidé d’annuler son meeting électoral. Mais il a pu tenir une rencontre chez l’un de ses partisans.

Il a estimé que la nouvelle Algérie «doit être issue de la volonté populaire réelle» pour que celui qui gouvernera ensuite «puisse tirer sa force de cette légitimité intérieure et non de l’extérieur qui ouvrirait des brèches à des ingérences, comme celle du Parlement européen». Depuis trois jours, il insiste sur «la régularité et la transparence des élections», laissant supposer en creux des soupçons de fraude : «Ces élections doivent être libres et transparentes, au bénéfice du pays», martèle-t-il.

Bengrina s’en est pris à l‘ancien président de la République, l’accusant d’avoir saboté le projet nucléaire algérien au profit d’Israël : «Tout le monde sait que Bouteflika est le premier à serrer la main de l’ancien Premier ministre de l’entité sioniste». Abdelaziz Belaid a assuré que le problème de l’Algérie «n’était lié ni à l’économie ni au manque de ressources» mais dans la formation de l’individu, le candidat Belaïd a indiqué que «l’Algérie disposait de tous les moyens pour construire une économie solide par le recours à la ressource humaine».

Ce sursaut économique «ne peut être réalisé dans le climat d’instabilité politique que vit le pays», a-t-il ajouté. Après avoir déjoué le plan du cinquième mandat de l’ancien président, «on doit réfléchir maintenant sur la phase d’édification des institutions, la correction des lois et contrecarrer les desseins des «relais de la bande qui sont en prison», a-t-il encore ajouté.

Selon Belaid la nouvelle Constitution «sera le fruit d’un large débat associant la classe politique et les experts et permettra de se référer aux institutions à chaque fois que le pays est confronté à une crise», dit-il. Azzedine Mihoubi s’est engagé, depuis Souk Ahras, à procéder à une «réforme de la Constitution» qui consolide les institutions de l’Etat.

Mihoubi a indiqué que «la décision appartient désormais au peuple» et toute décision concernant son destin «passera par une consultation populaire», une démarche qui se concrétisera à travers une «Constitution solide qui protège les institutions de l’Etat de toute crise politique». Aussi il a mis l’accent sur l’importance de «répondre aux revendications du hirak», étant un mouvement conduit par les enfants de ce pays, soulignant toutefois que parler au nom de ce hirak est «une provocation des Algériens, quels que soient leurs avis».

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