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Sa présidence au-delà du 28 mars est illégale: Bouteflika, un président au-dessus des lois?

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Le président Bouteflika continue de jouer au jeu du chat et la souris avec le peuple. Après le rejet de sa première initiative politique contenue dans sa lettre-programme lu par son chef de campagne Abdelkader Zâalane le jour du dépôt de sa candidature au conseil constitutionnel-ou il se dit prêt-s’il est élu- à convoquer une conférence nationale qui sera chargé d’élaborer un package de réformes politiques pour aller vers une nouvelle république. Hier lundi, le président Bouteflika qui a renoncé entre temps à un 5eme mandat et reporté l’élection présidentielle revient en proposant dans son message au peuple la même configuration mais en s’octroyant un délai hors délai constitutionnel.

Quel est donc la différence entre ces deux étapes ? Aucune… Ou si ! Pour le premier scénario, il allait enfreindre la constitution en déposant un dossier comprenant un faux dossier médical. Il a révélé qu’il n’a jamais été question pour lui de briguer un 5ème mandat et que son état de santé ne le lui permettait pas. Qui s’est donc permis de déposer un dossier de candidature en son nom? Qui a organisé le cortège officiel des huit fourgons flambant neufs de marque Hyundai pour acheminer les «5 millions» de parrainages du «vrai faux» candidat Bouteflika ?

Pour le second il a pris une décision qui viole la même loi fondamentale en reportant sans s’appuyer sur un article de loi qui lui donnerait l’assise juridique nécessaire pur valider sa décision. Dans les deux cas, Bouteflika s’octroie une prolongation que personne ne lui a donné.

Selon la constitutionnaliste Fatiha Benqbou la prolongation du mandat présidentiel n’est pas prévue dans la Constitution « le président ne peut ni reporter les élections ni prolonger son mandat. La Constitution ne lui permet pas. Il n’y a pas de base juridique»dit-elle.

A partir du 16 avril 2019, Bouteflika n’aura plus la légitimité des urnes, selon la spécialiste. Selon elle, le président de la République « n’a pas le droit d’annuler la tenue de la présidentielle. Ce n’est ni le président de la République ni personne qui décide de la tenue de la présidentielle, c’est la Constitution. Et la Constitution, c’est la volonté du peuple.

L’élection est un processus démocratique qui ne doit pas être dépassé», a-t-elle appuyé. Autre homme de loi qui conteste cette décision de report de l’élection présidentiel. Ali Benflis, ex Chef du gouvernement et magistrat de son métier indique dans un communiqué que ce report est anticonstitutionnel: «Dire qu’on annule la présidentielle, c’est anticonstitutionnel» dit-il. 

Pour la part la classe politique qui a réagi presque dans son ensemble à la décision du président Bouteflika de ne pas se présenter à un 5emandat et reporter l’élection présidentielle, les avis sont mitigés. Si la majorité salue, l’opposition fustige.

Le FLN a accueilli favorablement le report de l’élection présidentielle. Même son de cloche chez le RND. La deuxième force politique du pays a annoncé son soutien à ces mesures, appelant dans la foulée l’ensemble de la classe politique notamment l’opposition «à prendre cette voie».