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Alors qu’ Ouyahia fait profil bas: Les députés du FFS dénoncent l’utilisation de l’APN par le pouvoir

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Les députés du FFS ont accusé le gouvernement de transformer l’APN en «une tribune électorale en faveur du maintien du régime» et déplorent que la présentation de la déclaration de la politique générale durant cette période, constitue selon eux «une fois de plus une scène méprisante à l’égard du peuple et de ses représentants élus» dans un communiqué rendu public ce lundi. Les élus du plus vieux parti de l’opposition «rejettent dans le fond et dans la forme le contenu de la déclaration de politique générale du gouvernement pour diverses raisons» et estiment que cette déclaration «plaide pour la continuité du régime actuel, aligne des chiffres de réalisation gonflés par les surcoûts liés à des retards et à la corruption, dont l’addition est estimée inférieure dans sa partie devises aux mille (1000) milliards de dollars de recettes pétrolières».

Pour le groupe parlementaire du FFS, seul un changement radical du système de gouvernance, avec l’élection d’une Assemblée nationale constituante et l’instauration de la II eme république, peut sauver le pays de la crise multidimensionnelle qui risque de devenir incontrôlable : «L’organisation de la mascarade électorale du 18.04.2019, dans un contexte de verrouillage complet des conditions minimales de l’exercice libre de la pratique politique, de l’absence des contres pouvoirs et de la corruption généralisée, constitue non seulement un mépris à l’égard du peuple algérien, mais aussi une insulte à la mémoire de nos valeureux martyrs qui ont donné leur vie pour la libération de notre cher pays », poursuit la même source.

Les parlementaires du FFS «appellent le peuple algérien à un boycott actif, massif et pacifique du prochain scrutin électoral, à s’engager et s’organiser dans la voie du changement du système, mafieux et squatteur de la souveraineté du peuple», pour conclure leur déclaration.

Les députés du FFS ont boycotté la séance de présentation de la déclaration de politique générale par le Premier ministre Ahmed Ouyahia  et ont observé un sit-in au niveau du hall de l’hémicycle pour exprimer leur solidarité les Algériennes et les Algériens qui manifestent depuis vendredi à travers le pays contre 5e mandat du président Bouteflika. Dans son intervention, Ahmed Ouyahia s’est exprimé pour la première fois par rapport aux marches du 22 février dernier en reconnaissant le droit à chacun  de s’opposer ou à  n’importe quel candidat : «chacun a le droit de s’opposer ou défendre n’importe quel candidat mais c’est aux urnes de trancher» a-t-il indiqué devant les députés lors de la présentation de sa déclaration de politique générale. Ahmed Ouyahia a tenu à rappeler que les manifestations «un droit inscrit dans le marbre de la constitution», précisant néanmoins qu’elles doivent se tenir «de façon pacifique et civilisée. Chacun a le droit de défendre un candidat et d’être contre un autre, mais le dernier mot revient aux urnes», dit-il ajoutant que «l’Algérie a atteint aujourd’hui un niveau d’évolution qui  permet aux citoyens de s’exprimer pacifiquement dans les urnes». Ouyahia qui est apparu plutôt plus conciliant que d’habitude dans ce qui semble être la première réaction officielle de l’Etat a assuré que les autorités «ont compris  le message» porté par les manifestants : «Les manifestants ont réclamé le changement et si le président Bouteflika est élu, il a annoncé une conférence nationale, sans exemple dans l’histoire de l’Algérie, elle sera sans exclusive et tous les sujets seront discutés, sauf le cadre républicain de l’Algérie et les constantes nationales» dit-il.