conférence nationale
Le président Abdelaziz Bouteflika

Le report de la présidentielle à l’année prochaine est aujourd’hui acté. Le président  Bouteflika compte proposer aux partis politiques, surtout ceux de l’opposition qui vont accepter de participer à la conférence nationale qui devrait se tenir, selon des sources au fait du dossier à la mi-janvier 2019, un deal historique afin de dépasser cette crise interne institutionnelle qui enfle.

En effet, le président Bouteflika aurait l’intention, en plus de la création d’un poste de vice-président,  de prolonger lors de la prochaine révision de la Constitution, la durée du mandat présidentiel à six (6) ans au lieu de cinq (5) ans actuellement, et le renouvellement dudit mandat une seule fois, ce qui lui permettra de régner encore une année supplémentaire.

En plus des profondes réformes politiques qui seront introduites dans le texte, le chef de l’Etat aurait aussi l’intention de supprimer la fameuse interdiction de manifester dans la capitale.

Djezzy Binatna

Depuis l’année 2001, une interdiction de manifester empêche tout rassemblement dans la capitale, à quelques rares exceptions. L’interdiction a été actée le 18 juin 2001, par le Conseil du gouvernement. Et cette décision, encadrée par un décret, n’a jamais été levée, pas même lorsque l’état d’urgence, instauré en 1992 pour lutter contre l’insurrection islamiste qui a pris fin en 2011. Ces modifications toucheront aussi «le domaine économique», ajoute-t-on encore. 

Notre source révèle aussi que les réformes politiques annoncées seront de «grande envergure». A titre d’exemple, le principe de la création d’un conseil indépendant pour la surveillance des élections, une revendication prônée depuis longtemps par l’opposition sera elle aussi actée. Celle-ci aura les «coudées franches» pour organiser les élections «depuis le début jusqu’à la  fin du processus». Elle aura toute l’indépendance voulue et les tâches, dévolues auparavant au ministère de l’Intérieur, «lui seront confiées». Elle sera dirigée par des personnalités indépendantes «n’ayant aucun lien avec le pouvoir ou les  partis politiques»,  ajoute-on encore.

De même que le portefeuille du ministère de la Défense sera dévolu à l’avenir à un civil.