Said Chitour, Plus de 500 jours de détention sans procès

Z Mehdaoui Le


Plusieurs dizaines de journalistes, ont marqué ce 22 octobre, journée nationale de la liberté d’expression, en se rassemblant à la Maison de la presse Tahar-Djaout pour exiger la «libération immédiate» de Saïd Chitour, « fixeur » et correspondant de plusieurs médias étrangers en Algérie.

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Ce rassemblement vient en réponse à l’appel d’un collectif de journalistes algériens. Sous le slogan «Le journalisme n’est pas un crime», un groupe de journalistes a publié, en effet jeudi dernier, un communiqué sur le réseau social Facebook, appelant l’ensemble de leurs confrères et des militants des droits de l’homme à participer au rassemblement de solidarité à l’occasion de la Journée nationale de la presse pour exiger la libération du journaliste Saïd Chitour.

Le rassemblement a connu la présence de la mère de Saïd Chitour, qui a tenu à remercier tous ceux qui étaient présents pour apporter leur soutien à son fils. Pour sa part, son frère Mohand Tahar, qui est également parmi les présents a tenu à dire que « ce rassemblement est important non seulement pour mon frère mais également pour la défense des droits de l’homme et la liberté de parole pour les journalistes algériens »

Son avocat, Miloud Brahimi, est aussi venu rappelant que le journaliste Chitour  a déjà passé 518 jours en prison sans jugement et qui est toujours en attente, non pas d’un procès, mais plutôt de la décision de la Cour suprême sur le pourvoi en cassation introduit contre l’arrêt de la chambre d’accusation, qualifiant l’affaire de criminelle. Maitre Brahimi a tenu à révéler que l’état de santé de son client est en dégradation  assurant que rien dans l’article 65 du code pénal ne concerne pas Saïd Chitour, dont le seul tort était d’avoir fait la revue de la presse pour des médias étrangers.

Arrêté le 5 juin 2017 à l’aéroport international d’Alger, et placé ensuite en détention dans la prison d’El Harrach, Saïd Chitour, collaborateur de plusieurs médias étrangers, dont la BBC, a été poursuivi pour «divulgation de documents gouvernementaux sensibles». Rappelons aussi qu’au lendemain de son arrestation, RSF avait publié un communiqué appelant la justice algérienne à libérer Saïd Chitour, dont «la détention préventive est injustifiée et son prolongement depuis plus d’un mois excessif». RSF s’est aussi inquiété «des conditions de détention difficiles de Chitour qui est diabétique».

Pour Fodhil Boumala, activiste et militant des droits de l’homme il ne fait aucun doute que « la justice est instrumentalisée » par les différents clans du pouvoir.

Boumala critiquera sévèrement le ministère de l’intérieur ainsi que le ministère de la justice qui sont, selon lui des instruments entre les mains de l’exécutif.

Le défenseur, appellera solennellement les magistrats en charge du dossier à appliquer la loi et à libérer Said Chitour accusé de haute trahison et risquant du coup la peine capitale, estime Fodhil Boumala.

Rassemblement à la maison de la presse Tahar Djaout en solidarité avec le journaliste Saïd Chitour emprisonné depuis juin 2017.

Publiée par HuffPost Algérie sur Lundi 22 octobre 2018


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