Le fils de Ait Ahmed veut récupérer le «bien» de son père

Saïd Farhi Le


Jugurtha Ait Ahmed, fils du défunt Hocine Ait Ahmed, et Salima Ghezali

Le fils du défunt Hocine Ait Ahmed, Jugurtha, journaliste installé en Suisse, compte s’impliquer davantage dans les affaires internes du FFS, même s’il n’a aucun lien organique ni aucune légitimité sauf celle d’une filiation avec le fondateur du parti.

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Après avoir soutenu Chafai Bouaiche contre la direction actuelle du parti, il s’est encore une fois manifesté en déclarant sa flamme à l’intruse Salima Ghezali, élue député sur la liste d’Alger en postant une photo avec la député souriante comme pour narguer les responsables du parti.

Ce dimanche, il s’est déplacé au siège du FFS pour soutenir Salima Ghezlai qui devait passer en conseil de discipline pour avoir écrit au mois d’aout dernier une lettre au vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée, Ahmed Salah Gaid, lettre qui a été publiée sur le site officiel du FFS et dans laquelle elle s’en prend au «système autoritaire et corrompu», que l’Armée «défend».  Plus loin elle émet un jugement qui n’est pas passé inaperçue du côté du parti «Dans ces conditions parler de menace de coup d’état militaire est une manœuvre de diversion pour faire accepter la fumisterie appelée tantôt Etat civil et tantôt continuité qui n’est rien d’autre, en l’état actuel du fonctionnement des institutions, que la raison sociale de la corruption généralisée. Voilà où nous a conduit le système. Nous le savons. Vous le savez. Ou devriez le savoir. Il ne reste, pour ceux que le sort du pays intéresse, qu’à reprendre les idéaux patriotiques là où ils ont été abandonnés en même temps que la Plate-forme de la Soummam et passer de manière ordonnée à la deuxième République. Ou se condamner à, tôt ou tard, repasser par la case 1erNovembre».

Le député Bouaiche qui devait lui aussi passer en conseil de discipline s’est absenté mais il s’est excusé invoquant une indisponibilité. De ce fait son passage devant cette commission a été reporté à une date ultérieure. A quelques mois du congrès qui devrait désigner une nouvelle direction, le fils du défunt Ait Ahmed veut peser de tout son poids pour renverser la tendance et acculer la direction actuelle du parti en froid avec lui.

Il faut relever que Salima Ghezali est proche du fils du regretté chef historique du parti, Hocine Ait-Ahmed, Jugurta Ait Ahmed. Lors de la dernière crise interne, les deux fils du fondateur du parti ont rejoint le front aux côtés du «cabinet noir» contre le duo Laskri-Djilani. La famille d’Aït Ahmed a soutenu publiquement Chafaâ Bouaiche, Aziz Baloul, Salima Ghazali, Karim Baloul  et Bahloul dans leur démarche hostile à la direction du FFS issue du dernier congrès extraordinaire tenu le 20 avril dernier à Alger. Le fils cadet du fondateur du parti Jugurtha Aït Ahmed a apporté, le 3 août dernier, son soutien à l’ex-chef du groupe parlementaire du FFS, Chafaâ Bouaiche, après le gel de ses activités au sein du parti en attendant sa comparution devant la commission de discipline au motif de dénigrement des militants et cadres du parti sur les réseaux sociaux :«Entre le marteau et l’enclume ! Sisyphe n’est pas un mythe. C’est une réalité souvent brutale qu’il faut appréhender avec abnégation et philosophie comme tu le fais. Merci pour ton engagement exemplaire. Ton courage. Tu n’as rien à te reprocher bien au contraire. Ta parole responsable et libre est incompatible avec la culture du caporalisme et du centralisme démocratique en marche sous nos yeux ébahis», peut-on lire dans le message de soutien et de prise de position envoyé par Jugurtha Aït Ahmed à Chafaâ Bouaiche. L’autre fils de Hocine Aït Ahmed, Salah Aït Ahmed, qui ne s’est jamais exprimé par le passé sur la vie interne au FFS, a aussi rompu se silence et s’est engagé lui aussi dans la bataille à visage découvert. Commentant la sortie du premier secrétaire du FFS jeudi à Draâ El Mizan, dans laquelle il a affirmé que le FFS «n’est pas une question de famille», Salah Aït Ahmed compare le trio Ali Laskri, Mohand Amokrane Chérifi et Hadj Djilani à ceux qui ont pris le pouvoir de force en 1962 : «Pervertir pour enterrer la collégialité, objectif stratégique du triumvirat Ali Laskri, Mohand Amokrane Chérifi et Hadj Djilani», lit-on dans un postée sur son compte facebook. Un ancien cadre du FFS révèle que la famille et les proches de Hocine Aït Ahmed « voulaient avoir le contrôle total des appareils du parti au lendemain de la disparition de ce dernier. La famille et les proches d’Aït Ahmed ne veulent pas admettre que le parti a changé de main. Ils souhaitent toujours garder la main sur les affaires du parti. Les enfants de Hocine Aït Ahmed n’ont pas de lien organique avec le parti. Leur position est avant tout symbolique», indique-t-il. Le clan Laskri ne compte pas laisser passer cette «offense» lui qui répète souvent que le parti est revenu aux mains des militants.


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