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L’ouverture prochaine du poste frontalier algéro-mauritanien fait peur au Maroc: La porte de l’Afrique s’ouvre pour l’Algérie

Saïd Farhi Le


Poste frontalier Guergarat

L’Algérie qui envisage de réorienter sa politique régionale en matière de commerce en privilégiant le continent africain possède de fortes chances de supplanter son voisin et néanmoins rival le Maroc.

Le point de passage frontalier entre l’Algérie et la Mauritanie qui sera ouvert dans peu de temps fait peur au Maroc. Ce passage frontalier situé au niveau d'un poste frontalier implanté au point kilométrique (PK)75 pas loin de Tindouf aura à suppléer celui d’El Guerguerat qui servait de point de passage pour toutes les marchandises marocaines légales et extra légales vers l’Afrique sera la porte d’entrée vers le continent africain via la Mauritanie en passant ensuite par le Sénégal à partir du fleuve qui sépare les deux pays.

Côté mauritanien il se situera à Cheggatt, dans l’extrême nord-est du pays. La frontière algéro-mauritanienne représente environ 450 kilomètres de long.

La traversée faciliterait la coopération en matière de sécurité dans la lutte contre l’immigration clandestine et la criminalité transnationale organisée. Il constituera à n’en point douter également une évolution qualitative notamment la fluidité de la circulation des personnes et des biens, le renforcement des échanges économiques, commerciaux et culturels, la coordination sécuritaire permettant la sécurisation des frontières communes, ainsi que la lutte contre la migration clandestine et le crime transfrontalier.

L’objectif, à long terme, est de relier Tindouf à Zouerate pour faciliter le trafic routier entre les deux pays. Ce point kilométrique a été désigné comme point de départ du tronçon routier qui reliera Tindouf à la ville mauritanienne Zouérate, pour faciliter la circulation des personnes et des biens, l’intensification des échanges commerciaux, le désenclavement des populations de cette zone frontalière. L’annonce de l’ouverture de ce poste frontalier, prévue dans deux mois, n’a pas été du goût de Rabat, qui y voit une menace pour le trafic des marchandises du Maroc vers le Sahel à travers le passage d’El-Guergarat, existant entre le Maroc et la Mauritanie. En effet, Rabat a réagi rapidement par le biais de son chef de la diplomatie en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. Il a averti que son pays ne ménagera aucun effort pour sécuriser le trafic routier entre le Maroc et les États de l’Afrique de l’Ouest.

Des médias marocains ont même véhiculé la semaine écoulée une information, attribuée à leurs homologues mauritaniens et algériens, selon laquelle la Mauritanie aurait décidé de fermer le point de passage d’El-Guergarat.

Poussant plus loin leur spéculation, ils ont affirmé que cette fermeture sera suivie par l’ouverture du poste frontalier algéro-mauritanien, cité plus haut, pour que le fer algérien de Ghara Djebilat soit transporté par chemin de fer jusqu’au port atlantique mauritanien de Nouadhibou pour être exporté. Toute cette agitation s’explique par la froideur des relations bilatérales entre le Maroc et la Mauritanie, d’autant plus que cette dernière refuse toujours de désigner un ambassadeur à Rabat, poste vacant depuis 2012.

Mais les enjeux économiques et stratégiques de Guerguerat sont à ce point incommensurables qu’aucun autre poste frontalier n’est à même de le concurrencer surtout avec la future accession du Maroc à la CEDEAO qui renforcera cet axe sensible et fondamental dans les flux nord-sud et sud-sud. Depuis plusieurs décennies, les frontières entre la Mauritanie et l’Algérie sont devenues une terre de prédilection pour le trafic transfrontalier d’armes, de drogues, de cigarettes et de migrants, ainsi que pour des activités terroristes.

 


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