L’Espagne utilise un double langage concernant sa politique envers la Palestine et le Sahara occidental

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Le gouvernement espagnol ne peut cacher le double langage qu’il utilise lorsqu’il se réfère à la Palestine et au Sahara occidental occupés, selon le journal El Diario.

Dans un article intitulé « Palestine oui mais Sahara occidental non: quand les principes rencontrent les intérêts », le journal espagnol, repris par l’APS, indique que l’exécutif espagnol « adopte des positions différentes dans un cas et dans l’autre, quitte à se mettre dans l’embarras ».

En effet, selon l’auteur de l’article, Jesus A. Nuñez, ce double standard dans le traitement de ces deux questions obéit à des calculs politiques dans le cas de la Palestine et à des considérations liées à des intérêts personnels en ce qui concerne le Sahara occidental occupé par le Maroc qui utilise, entre autres, la carte migratoire pour obliger Madrid à se soumettre au moindre de ses caprices.

« Au départ, nous aspirons tous à une cohérence totale entre nos actions et les valeurs et principes qui, selon nous, nous définissent et guident notre comportement. Mais lorsque les intérêts que nous défendons, légitimes ou non, se croisent, la question devient souvent désespérément compliquée », a-t-il fait observer dans ce sens.

Lors d’une visite au passage frontalier de Rafah, le 23 novembre dernier, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, avait dénoncé, aux côtés de son homologue belge, « la destruction de Ghaza » et appelé l’entité sioniste à « reconnaître l’Etat de Palestine ».

Selon El Diario, « il est facile de comprendre que le courage politique dont a fait preuve le Premier ministre espagnol (qui n’a d’égal que la passivité et le repli sur soi de la plupart de ses homologues de l’Union européenne) est dû à des raisons d’opportunité politique ».

« Tout d’abord, il est en accord avec ce qui a déjà été dit par d’autres dirigeants tels que le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres ou le Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité, Josep Borrell, prenant simplement le droit international comme critère pour juger le comportement des acteurs impliqués dans le conflit », ajoute la même source.

En outre, ceci « rejoint le sentiment majoritaire de la société espagnole, non seulement en raison des sympathies émotionnelles que la cause palestinienne peut susciter », mais aussi en raison de la politique génocidaire de l’entité sioniste en Palestine.

Sa position exprime également « le large consensus politique entre les membres de l’actuelle coalition gouvernementale », note Jesus A. Nuñez, rappelant que « jusqu’à présent, tout s’est réduit à des gestes, sans que les déclarations aient été accompagnées de décisions diplomatiques et/ou économiques ».

« Dans le cas sahraoui, c’est au contraire la défense des intérêts qui a prévalu », souligne El Diario, signalant qu’il est clair depuis longtemps que la politique de voisinage avec le Maroc est déterminée par la modération à tout prix, en essayant d’éviter (sans succès) les débordements de Rabat.

« Cette attitude part du principe que le Maroc (…) peut provoquer une crise pratiquement à volonté, en jouant avec les malheurs de sa propre population et de ceux qui transitent irrégulièrement par son territoire, simplement en laissant faire les mafias qui s’occupent du trafic d’êtres humains », a indiqué l’auteur de l’article.

Selon lui, « le calcul fait par l’Espagne ne tient pas compte du soutien social massif à la cause sahraouie, ni de sa responsabilité historique en tant que puissance administrante, ni des mêmes valeurs et principes qu’elle utilise pour expliquer sa position à l’égard des Palestiniens ».

« En bref, on pourrait dire que dans la sphère diplomatique, il existe une relation inverse qui détermine que plus la distance géographique de la question à traiter est grande, plus le niveau d’incohérence entre les intérêts et les principes est faible, et vice versa », a-t-il conclu.

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