Les secrets non levés pour les « Archives d’Algérie »

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Si l’on prend la peine de lire attentivement le rapport Stora on comprend tout de suite que la France cherche une relation désormais tournée vers le futur, c’est-à-dire en termes terre-à-terre, des échanges commerciaux privilégiés. Les autres volets techniques évoqués font figure d’anecdotes, et c’est tout. En définitive, les archives tant recherchées par l’Algérie ne seront pas restituées dans l’immédiat.

C’est ce qui ressort encore d’une enquête livrée dans son édition du 16 février 2021 d’« Al Qods al-Arabi », dans laquelle y affirme, s’appuyant sur des données sur lesquelles il a eu un accès privilégié, que le secret sur les « Archives algériennes » ne sera pas levé de sitôt.

Le même propos a été rapporté il n’y a pas longtemps par un expert de la guerre d’Algérie, sur le site d’information OrientXXI. Sous le titre évocateur de « Les archives cadenassées de la guerre d’Algérie », l’auteur, y décrit le caractère de « secret d’Etat » des archives algériennes.

Dans la théorie, tout est simple, puisque la loi stipule que « Les archives produites par les autorités politiques (président de la République, membres du gouvernement ou exécutifs locaux) et par leurs cabinets dans l’exercice de leurs fonctions publiques ont un caractère public, au même titre que celles des responsables de l’administration, de l’armée et de la diplomatie ».

 Mais dans les faits, les choses en sont tout autre. Preuve en est cette anecdote qui est arrivée à Madame Audin. En 2013, le président François Hollande remet à Josette Audin des copies de documents concernant son mari Maurice Audin, ainsi qu’une liste d’archives qu’elle peut aller consulter et copier. En fait, la décision du président n’est pas extraordinaire : la loi française reconnaît que la raison d’État permet de tamponner des documents du sceau « confidentiel », « secret » ou « très secret » afin d’en empêcher la consultation, mais durant cinquante ans seulement.

Mme Audin a beau courir à gauche, à droite, mais n’a pu recueillir que des « miettes » : journaux d’époque, photocopies sans importance décisive, etc.      

Dans le cas de Maurice Audin, la consultation des archives nationales n’apporte donc pas grand-chose. Dans les archives de la présidence, celles de l’époque du général de Gaulle, on trouve une note de quatre pages en date du 4 août 1960, et même plusieurs versions successives de cette note, sans doute rédigée à la demande du général, au sujet de cette affaire Audin dont il entend vraisemblablement trop parler à son goût. Il suffit de lire les pages 3 et 4 de cette note pour comprendre ce qu’est la raison d’État.

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