Le projet de loi sur la criminalisation du colonialisme ressuscité

Lancé en 2009, en réaction à la loi française du 23 février 2005 vantant « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord », le projet de loi sur la criminalisation du colonialisme français en Algérie remet, ces jours-ci, surface à la faveur des vives tensions entre les deux pays, suite à la diffusion sur des chaines publiques françaises de reportages jugés provocateurs l’encontre de l’Algérie, de ses institutions et de son armée .

Vivement critiqué à l’époque par Paris  et jugé comme une « une charge anti-française ,outrancière, profondément blessante et insultante » selon les mots de Hubert Falco, qui était à cette époque secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants,  ce projet de loi soutenu par l’organisation des Moudjahidine et plus d’une centaine de députés, a été mis au placard , après les multiples démarches entreprises par Paris pour calmer le jeu.

Les frictions diplomatiques de ces derniers jours entre Paris-et Alger ont poussé certains députés à relancer ce projet de loi, exigeant à nouveau son examen et son adoption par le parlement. Pour rappel, ce projet de loi envisage, entre autres  de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux.

Intervenant à quelques jours du 58ème anniversaire du recouvrement de l’indépendance, la réactivation de ce projet de loi va certainement porter à son paroxysme les crispations diplomatiques entre Alger et Paris. Il faut s’attendre à ce que le Quai d’Orsy actionne, de son côté, tous ses leviers de pressions politiques et économiques pour faire échec à cette loi que les Moudjahidine considèrent, à juste titre, comme la réponse la plus adéquate à la loi de la honte sur le « rôle positif » de la colonisation française.