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Campagne présidentielle (J+2): Benflis se pose en président et Tebboune s’agace

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L’un des favoris au scrutin présidentielle Ali Benflis a affirmé, ce lundi depuis Souk Ahras, pour cette deuxième journée de campagne qui a démarré dimanche que le prochain président qui sera élu doit «être rassembleur de tous les Algériens, sans exclusion aucune, ni marginalisation ou clientélisme comme il doit être à l’écoute de toutes les parties partisanes et opposantes» dit-il.

 Benflis a ensuite a mis en exergue l’importance de «la continuité de l’Etat basée sur la confiance et la légitimité accordées par le peuple, d’une part, et la souveraineté de ses institutions, d’autre part» dit-il.

Abordant les principaux points contenus dans son programme, il a cité l’élaboration d’une loi qui «protège l’opposition, l’amendement de la loi relative aux partis politiques et la révision de la loi organique relative au régime électoral, après concertations avec toutes les parties». S’agissant du recours à l’endettement extérieur pour remédier à la baisse des réserves de change, Benflis a indiqué que «tout endettement doit se faire dans le cadre de la création de richesses, de l’investissement et de la réalisation d’infrastructures de base et non pour des projets secondaires». Quant aux libertés, le candidat a prôné «la liberté de la justice avec l’annulation du privilège de juridiction pour les personnes occupant de hauts postes de responsabilité». Benflis s’engage également à «accorder» aux membres de la communauté algérienne établie à l’étranger des «responsabilités pour gérer les affaires du pays».

Réaffirmant que l’Algérie vit une crise grave dont le règlement nécessite du temps, il a fait état de «solutions d’urgence» contenues dans son programme électoral. Par ailleurs, il a insisté sur «la protection des deniers publics, l’activation du contrôle, la reddition de comptes et la rationalisation des dépenses à travers la réduction du budget de fonctionnement, outre le recouvrement des impôts des grands évadés fiscaux».

Absent lors du premier jour, Abdelmadjid Tebboune a fait son apparition ce lundi au lendemain de l’officialisation de la démission de directeur de campagne, Abdallah Baali et son remplacement par son ex directeur de cabinet, Mohamed Amine Messaïd, un homme qui a servi aussi bien Sellal qu’Ouyahia s’est envolé à Adrar d’où il a sorti la carte de la peur en indiquant que l’Algérie «ne peut encore supporter de rester 9 mois sans Président de la république. Les dangers nous guettent de partout. Il ne faut pas écouter ceux qui prônent une période de transition. Ils ont bien dit qu’après la Syrie ce sera notre tour» dit-il.

Mais avant de le déplacement Tebboune a été l’invité de la chaîne III ou il s’est particulièrement illustré par un échange vif avec l’animatrice de l’émission :«Vous avez pratiquement répondu à ma place, vous m’avez déjà élu, je vous rappelle que je ne suis qu’un candidat» lui a-t-il répondu sèchement a une question sur ses chances de gagner cette élection. Cette dernière finit encore par l’agacer en évoquant une autre fois la période Bouteflika.

Quand la journaliste lui demande s’il allait respecter ses promesses de campagne d’ouvrir le champ aux jeunes, elle évoque le discours de Bouteflika à Sétif en 2012 où malgré son fameux «tab jnana»(nous sommes finis), il a été candidat en  2014, le candidat Tebboune n’apprécie pas : «Vous m’excuserez, comparaison n’est pas raison, c’est un verdict, ce ne sont pas des promesses mais des engagements, les choses ont évolué».

 Tebboune va de nouveau s’agacer quand on lui pose la question sur l’argent et la politique : «Si on n’élimine pas l’argent de la politique, les jeunes et les démunis n’ont plus aucune chance. Et encore plus quand c’est de l’argent sale», dit-il. Quand la journaliste le relance par un « ce fut le cas par le passé?  Il s’agace de nouveau: «Pourquoi vous comparez tout le temps, je n’aime pas ces sentences, je vous dis voilà ce que je vais faire» répond-il. Sur la justice il dira qu’il fera en sorte de «protéger le magistrat, de dépolitiser l’acte de justice» et d’œuvrer en sorte que la «justice ne soit pas alourdie» et qu’il veillera à «l’alléger».

 La liberté d’expression «sera protégée et encouragée» mais cela ne veut pas dire la «liberté d’insulter» a-t-il tenu à préciser. Tebboune citera ensuite comme exemple de «déviation» de la presse le fait de «citer les noms des gens poursuivis alors qu’ils ne sont pas encore jugés» . 

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