Yassine Aissouane, député du RCD à l’Assemblée nationale a décidé de quitter son poste d’élu à la chambre basse du Parlement. Dans une déclaration rendue publique, ce mercredi, le député de Tizi-Ouzou emboîte le pas à Khaled Tazaghart, Salima Ghezali et Sid-Ahmed Ferroukhi et des élus du PT qui ont claqué la porte de l’APN. Yassine Aissouane, en conflit avec la direction de son parti a souligné que maintenant que le peuple est dans la rue, la présence de l’opposition démocratique à l’APN ne servira à rien. « Il est temps d’envisager d’autres formes d’actions pacifiques pour avoir raison du système qui a ruiné le pays et faire aboutir notre révolution », a-t-il écrit. « La solution ne peut pas venir du cadre institutionnel actuel. Sans légitimité constitutionnelle ni populaire, les institutions existantes sont dépassées par les événements. Il faut opérer une véritable remise à plat de toute la sphère politique algérienne », ajoute-t-il.

« Nous avions dit que nous allions au Parlement pour exploiter la fonction tribunitienne qu’il nous offrait. Aujourd’hui, nous pouvons estimer que la mission est accomplie. Y demeurer ne peut être assimilé qu’à une compromission.  Si nous avons hésité à le faire par discipline militante et tant que la décision ne nous appartenait pas personnellement, nous n’avons cessé d’alerter sur la nécessité de quitter l’Assemblée au lendemain de nos dernières interventions qui ont marqué l’opinion au déclenchement de la révolution », a encore souligné M. Aissouane.

S’attaquant à la direction du RCD, il a souligné que « maintenant que les statuts du parti sont violés par le premier responsable qui est sensé veiller à leur application, que des suspensions arbitraires, sans aucun motif, sont prononcées à l’encontre du plus jeune maire RCD de la wilaya de Tizi ouzou, Ahmed Haddadi et des cadres du parti, qu’il manœuvre pour lever la couverture politique au maire de Bouzeguene qui a courageusement rejeté les élections du 12 décembre 2019 à travers un courrier officiel signifié aux juges, il est temps de mettre un terme à cette situation. La discipline et la responsabilité ont des limites ».

« Pour ma part, j’ai décidé de reprendre ma liberté de citoyen en démissionnant de l’APN. J’en appelle à la conscience de mes camarades de l’opposition démocratique pour faire de même et être au diapason des revendications de notre peuple. Dans ce sillage, nous ne ménagerons aucun effort dans le but d’ouvrir de nouvelles perspectives avec toutes les forces vives qui souscrivent aux fondamentaux démocratiques qu’appelle la construction de l’Algérie nouvelle, a-t-il dit.