Convergence économique, un prélude pour l’Intégration maghrébine

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Cette brève analyse a pour objet d’analyser l’ apport scientifique  pour l’obtention du diplôme de  doctorat pour l’année 2016/2017  de Mr   REZKI Djalal  à la  Faculté des Sciences Economiques, des Sciences de Gestion et des Sciences Commerciales de l’Université  de Bejaia qui a été soutenu avec succès le 14 décembre 2017  dont j’ai eu l’honneur d’être président , en présence  de Mr YAICI Farid Professeur  rapporteur, de Mr OUKACI Kamal Professeur  Examinateur , de Mr BOUMOULA Samir Examinateur et de Mr SARI Camille Docteur Membre invité. Pièce maîtresse dans la région euro-méditerranéenne, le Maghreb est sollicitée par l’Union européenne par les USA et la Chine dans le cadre d’une compétition entre ces trois pôles, en fait de deux pôles n’existant pas de divergences stratégiques USA/Europe, dans leur recherche d’une hégémonie économique. Trois pays de l’UMA, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ont signé des accords « euro méditerranéens d’association » allant bien au-delà de la simple libéralisation des échanges telle qu’initiée dès la fin des années 1960 dans le cadre des premiers accords commerciaux euromaghrébins. Force est de reconnaître que les résultats de cet Accord d’association sont mitigés. Mais depuis nous avons une nouvelle donnée qui est celle de l’Union pour la Méditerranée qui tend à être supplantée actuellement par le sommet des 5+5 qui inscrit comme priorité la coopération économique et l’intégration maghrébine. 

Dr Abderrahmane MEBTOUL, Professeur des Universités, expert international

1.-Les résultats   du travail de recherche

Le travail de recherche a été structuré en quatre chapitres, chacun en trois sections. Le chapitre 1 analyse le  fondement théorique de l’intégration économique régionale ainsi que quelques expériences  d’intégration économique régionale dans le monde. Le chapitre 2, les conditions d’optimalité et de crédibilité d’une zone d’intégration économique et monétaire  dont les convergences macro-économiques  à partir de travaux empiriques. Le chapitre 3 a trait à l’intégration  économique au Maghreb, ou est relaté l’historique de l’Union du Maghreb Arabe, les enjeux de l’intégration économique maghrébine, ainsi que les travaux empiriques sur l’intégration économique maghrébine. Le chapitre 4, en référence aux canevas  théoriques précédents  analyse des conditions d’optimalité de la Communauté, en particulier l’intégration commerciale. Le chapitre 5 comme synthèse propose une approche de l’optimalité de la Communauté Economique Maghrébine à travers la convergence macroéconomique (intégration Monétaire et financière). Quels sont été les résultats de cet important travail de recherche Les résultats empiriques de la recherche sur le Maghreb ont montré clairement sur l’intégration commerciale ont permis d’aboutir aux résultats suivants :

1.-L’indice de la part du commerce intra-régional a d’abord exprimé la faible concentration des flux commerciaux intra-UMA et une forte dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Ensuite, une analyse plus détaillée des échanges commerciaux entre les pays du Maghreb en utilisant la matrice des échanges commerciaux, a montré que la Tunisie est le pays le plus intégré dans l’espace économique maghrébin.

2.-Les taux de croissance du commerce montrent que, sur une longue période, une amélioration dans les échanges commerciaux est observée au sein de l’UMA. Il convient de noter que cette amélioration des échanges commerciaux reste cependant faible, en raison de la grande concentration des pays du Maghreb sur les pays hors de la zone, en particulier avec l’Union Européenne, en profitant de l’accord euro-méditerranéen signé par les trois pays du Maghreb (Tunisie, Maroc, Algérie).

3.-Les indices d’intensité commerciale relative qui ont la particularité d’affiner les indicateurs précédents, et d’analyser les effets d’un processus d’intégration commerciale ont montré que les échanges commerciaux après la création de l’UMA en 1989 ont connu une amélioration et une intensification pour la totalité des pays.

4.-L’observation des intensités commerciales relatives ont également montré que les déterminants économiques tels que la complémentarité économique et la similitude économique sont des facteurs stimulants pour l’intégration commerciale et que l’importance de la proximité géographique entre les pays du Maghreb pourrait faire de la régionalisation au Maghreb un phénomène naturel.

5.-En termes d’ouverture économique, il ressort que les pays maghrébins sont faiblement ouverts au niveau de la sous-région, malgré une ouverture apparente vis-à-vis du reste du monde.

6.-En termes de diversification économique, les économies maghrébines sont plutôt concentrées et ceci en raison des productions nationales qui ne sont pas trop diversifiées. Par contre une comparaison entre l’ensemble des économies maghrébines fait montrer que la Tunisie et le Maroc sont les économies les plus diversifiée au niveau du Maghreb.

7.-Du point de vue des avantages comparatifs, les pays de l’UMA ont chacun des avantages comparatifs dans des produits différents. l’Algérie et la Libye possèdent des avantages comparatifs dans les produits énergétiques (le gaz, le pétrole et ses dérivés). Le Maroc et la Tunisie dans les textiles, les produits agricoles et agroalimentaires et aussi d’autres produits industriels. La Mauritanie présente des avantages comparatifs dans les poissons, le fer et ses dérivés.

8.-L’analyse empirique du processus de convergence au sein du Maghreb montre clairement qu’il n’y’a pas une nette convergence des pays membres sur la période d’étude. Le degré de convergence macroéconomique reste faible étant donné les disparités structurelles, ce qui engendre des comportements asymétriques face aux chocs exogènes. En dépit, de la faiblesse de la convergence macroéconomique, des enseignements principaux peuvent être tirés de cette analyse, et qui portent sur des possibilités d’intégration monétaire qui pourraient exister.

9.-L’analyse par pays pour les indicateurs de convergence macroéconomique a montré que la situation de ces derniers est hétérogène dans la région maghrébine. Cette situation de différenciation peut représenter un état d’équilibre lorsque le surplus des uns pourrait contribuer à la satisfaction des besoins des autres. La situation macroéconomique observée au niveau des pays maghrébins durant la période étudiée est comme suit :

10.-Des pays à taux d’endettement élevé comme la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie et des pays à taux d’endettement faible et maîtrisé comme l’Algérie ;

11.-Des pays à taux d’inflation maîtrisé comme le Maroc et des pays à taux d’inflation élevé ou moyennement élevé comme la Libye, la Mauritanie, l’Algérie et la Tunisie ;

12.-Des pays avec des soldes budgétaires excédentaires comme l’Algérie et la Libye et des pays avec des soldes budgétaires déficitaires comme le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie ;

13.-Des pays avec des soldes courants positifs tels que l’Algérie et la Libye et d’autres avec des soldes courants négatifs tels que le Maroc, la Tunisie et la Mauritanie ;

14.-Des pays à taux d’épargne élevé tels que l’Algérie, et des pays à taux d’épargne faible ou insuffisant pour le reste des pays maghrébins ;

15.-Des pays avec des capacités d’investissement et d’autres avec des besoins de financement.

16.-L’analyse par comparaison avec les normes de l’UE et la zone Franc Africaine ont montré que les pays maghrébins ne peuvent pas répondre favorablement à la totalité des normes imposées pour toute la période et pour l’ensemble des pays. La comparaison effectuée a montré les résultats suivants :

a.-La totalité des pays ont répondu favorablement pour les critères de convergence du taux d’endettement à partir de 2000 et une convergence globale pour l’Algérie et la Libye ;

b.-En matière d’inflation, le Maroc est le pays qui a répondu le plus favorablement aux normes imposées par l’UE et la zone franc tout au long de la période, suivi moyennement par la Tunisie ;

c.-Le Maroc représente la meilleure convergence pour les taux de change suivi par l’Algérie et la Tunisie ;

d.-En matière du taux des soldes budgétaires, l’Algérie et la Libye sont les pays qui ont répondu le plus favorablement aux normes imposées, à l’exception des périodes de crises économiques qui sont généralement représentées par la chute des prix du pétrole.

17.- Les résultats de convergence obtenus sont les suivants :

a.-Une convergence presque totale pour le taux de change, ce qui stipule un rapprochement de politique de change entre les trois pays maghrébins (Algérie, Tunisie Maroc), et donc des possibilités de coordination ;

b.-Une convergence partielle pour le taux d’endettement extérieur. Ce résultat explique que les pays maghrébins pourraient éviter le déséquilibre de leurs situations d’endettement ;

c.-Une convergence pour les soldes courants mais qui reste très faible ;

d.-Une convergence inexistante pour les taux d’inflation. Des efforts sont donc nécessaires pour coordonner les actions en matière de politiques monétaires ;

e.-Une convergence nulle pour les soldes budgétaires. Ce résultat semble être logique et très proche de la réalité parce que les pays maghrébins subissent leurs chocs économiques différemment.

2.-Pour l’auteur pour la réussite du processus de construction de la CEM. Il s’agit de :

a.-L’accélération du processus de régionalisation dans la Communauté Economique Maghrébine (développement du commerce intra-régional, rendre les économies maghrébines moins dépendantes vis-à-vis de l’extérieur, diversifier la production…) ;

b.-Le renforcement de la crédibilité des politiques économiques et du commerce ;

c.-La réduction des écarts de développement en accélérant le processus de convergence macroéconomique pour une zone monétaire tendant vers l’optimalité ;

d.-L’accélération des réformes visant à rattraper le retard accusé dans la réalisation du calendrier de l’UMA ;

e.-L’élaboration d’un ensemble de norme de convergence à respecter bien spécifique à la situation économique et macroéconomique maghrébine. Des prolongements à cette thèse pourraient être envisagés. Ceux-ci pourraient se focaliser par exemple sur des études approfondies sur la faisabilité d’une monnaie unique au niveau de la région maghrébine et son rôle dans le développement des échanges commerciaux et sa réaction face aux différents chocs économiques.

2.-Quelle conclusion tirer ?

Au total, les indicateurs de régionalisation commerciale ont souligné la faible régionalisation au sein de l’UMA. Mais, le développement des échanges commerciaux pourrait constituer la première condition pour la réussite du processus de l’intégration économique dans les pays du Maghreb. L’auteur montre clairement que ace aux bouleversements mondiaux, aux grands espaces économiques, l’intégration du Maghreb passant par une accélération des réformes économiques conciliant efficacité économique et cohésion sociale et sa démocratisation  est une condition pour une négociation collective efficace pour un véritable co-développement, un partenariat gagnant/gagnant avec les pays développés et émergents et plus globalement pour éviter ce dualisme Nord –Sud préjudiciable à l’avenir de l’humanité. Cependant pour l’auteur concernant la situation des économies maghrébines,  le Maghreb a un poids économique insignifiant au sein du commerce mondial et même les échanges intra- maghrébines sont dérisoires moins de 3% de leurs échanges globaux. Cette région est frappée actuellement par une récession économique et le coût de la non intégration devant s’accroître à l’avenir. Nous assistons à un écart croissant entre les pays de l’UMA et le reste du monde, un taux du PIB maghrébin par rapport à ces espaces insignifiant. L’intégration si elle se réalise sur des bases solides pourrait voir multiplier le PIB dans 5 années par trois ce qui le ramènerait seulement au PIB de la Corée du Sud. Cette récession s’explique par différents facteurs dont le manque d’homogénéisation économique pour des raisons historiques, politiques économiques et sociologiques et qui fait fuir les capitaux vers d’autres cieux plus propices à un moment où la concentration des échanges est dans le Nord, la Chine accaparant plus de 5O% pour la zone Sud. Mais la raison essentielle est le retard pris dans les réformes politiques, institutionnelles et économiques biens que certains pays du Maghreb aient largement réussie la stabilisation du cadre macro-économique condition nécessaire mais largement insuffisantes. C’est que les entreprises au Maghreb sont fortement imbriquées dans le système administratif lieu de relation de clientèles avec un pouvoir bureaucratique jacobin devant penser à une réelle décentralisation, voire à une régionalisation économique. Cette organisation spécifique où l’autonomisation de la décision économique est faible engendre peu d’innovation, d’esprit d’entreprise. Aussi certaines entreprises publiques ou privées sous traitant ce secteur, avec la domination pour ces dernières d’organisations familiales, vivant du transfert de la rente, exercent des pressions pour accroître le protectionnisme néfaste à terme et sont peu enclins à la concurrence internationale. Mais il faut reconnaître que depuis quelques temps avec la formation plus élevée, et l’ouverture sur l’extérieur, nous assistons à la naissance de nouvelles entreprises mues par de véritables entreprenants. Pourtant les multitudes pressions administratives ne leur permettent pas la créativité et l’imagination. L’auteur note avec regret que tous les projets  sont restés presque au stade de statut quo depuis la naissance de l’UMA en 1989.A ce titre il préconise de combiner  l’intégration commerciale et l’intégration monétaire. A cet effet, la concentration et l’intensification des échanges commerciaux, ainsi que la performance de convergence des différentes économies des Etats membres sont donc les conditions essentielles et préalables pour la construction d’une Communauté Economique Maghrébine. L’auteur essaie de montrer à partir de  la littérature théorique et empirique, aux réponses à la question posée au départ qui porte sur l’analyse des conditionnalités et optimalités du processus de construction d’une CEM dont les travaux de B.Balssa (1961)  que le processus de construction d’une communauté économique régionale est un processus qui commence par une libéralisation commerciale et s’achève par une intégration monétaire et qui est bien attesté par l’UE, ou nous avons  cinq étapes à savoir : la zone de libre échange, l’union douanière, le marché commun, l’union économique et monétaire, l’union politique. Encore que d’autres auteurs trouvent que cette séquence n’est pas générale et que chaque zone économique doit constituer sa propre communauté économique en fonction de ses objectifs recherchés, ses motivations spécifiques et ses moyens disponibles. C’est le cas des zones africaines qui sont caractérisées par une faiblesse des échanges  commerciaux intra-régionauxLa conclusion  générale de  cette recherche intéressante  est que  que les processus d’intégration économique sont divers et contextualisés selon les régions d’étude (Europe, Asie, Amérique, Afrique), et suivant la conjoncture (crise, marchés défavorables, ou au contraire reprise et croissance économique).  Ensuite, l’arrivée des critères de convergence sous l’appellation des conditions de crédibilité d’une zone d’intégration  ont fixé un ensemble de critères de convergence nominale et réelle. Cette option est considérée comme graduelle et plus souple, dans laquelle les expériences récentes se sont largement inscrites. Ces critères ont été d’abord adoptés par la zone Euro sous le nom des critères de convergence de Maastricht, et ensuite par d’autres zones en Afrique qui se sont inspirées en fonction de leurs situations. L’ensemble de ces critères sont : les taux de change, les taux du solde budgétaire, les taux d’inflation, les taux d’intérêt, les taux du solde courant…etc. En bref, force est de constater que depuis sa création, l’UMA malgré toutes les résolutions et les discours politiques, n’arrive toujours pas à se concrétiser et le bilan est très mitigé. Ainsi, chaque pays de la région procède dans la gestion de ses relations extérieures avec les divers pays et blocs, en l’absence d’une coordination avec les autres pays de la région. Certains pays du Maghreb tentent d’assurer leurs propres intérêts et réaliser des acquis au détriment des autres pays maghrébins, alors que les autres blocs tels que l’Union européenne négocient en groupe leur partenariat avec ces pays (ceux du Maghreb) séparés. Cela fait que les rapports deviennent déséquilibrés. Les peuples de la région paient l’incapacité des élites à concevoir un projet commun. Alors que le monde connaît des bouleversements sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale (1945), le Maghreb reste aux abonnés absents. Le constat est donc très mitigé, des échanges intermaghrébines d’environ 3% Un rapport de la Banque mondiale 2009 souligne que l’intégration maghrébine pourrait permettre une croissance du Maghreb de plus de 3/4% du PIB par an gagnant ainsi plusieurs points qui auront une répercussion positive sur la création d’emplois et donc sur le niveau du taux de chômage. Alors on pourrait imaginer les importantes économies d’échelle, les gains de productivité si l’intégration maghrébine pouvait se réaliser.

3.-Quelles perspectives ?

 L’UMA a perdu plus de la moitié de son poids économique dans le monde entre 1980 et 2015, ses exportations qui représentaient environ 2% des exportations mondiales en 1980, contre moins de 0,50% en 2015. Une étude réalisée par le Secrétariat de l’Union du Maghreb arabe (UMA) montre que la non ‘intégration économique dans la région lui fait perdre plusieurs dizaines milliards de dollars US en investissement dont les IDE et des centaines de milliers d’emplois dans une zone constituée de plusieurs millions de chômeurs qui constituent. Uniquement pour le secteur électrique, il pourrait économiser près de 25% de sa production si les centrales électriques maghrébines étaient intégrées. Face à cela, le Maghreb est confronté à l’émergence d’une économie et d’une société mondialisées et la fin de la guerre froide depuis la désintégration de l’empire soviétique, remettent en cause d’une part la capacité des Etats-nations à faire face à ces bouleversements et d’autre part les institutions internationales héritées de l’après-guerre.  Globalement outre une meilleure gouvernance passant par la démocratisation des sociétés maghrébines, tenant compte de leur anthropologie culturelle, sur le plan économique s’impose une nouvelle culture pour inculquer l’esprit d’entreprise afin d’intégrer la sphère informelle qui occupe plus de 50% de la superficie économique des pays du Maghreb et libérer l’ensemble des énergies créatrices loin des entraves bureaucratiques. Au niveau des pays du Maghreb notamment, cela passe par la coordination des politiques monétaires, commerciales, fiscales, douanières, Il y a lieu d’accorder une attention particulière à l’action éducative car l’homme pensant et créateur devra être à l’avenir le bénéficiaire et l’acteur principal du processus de développement. C’est pourquoi nous préconisons la création d’une université maghrébine ainsi qu’un centre culturel de la jeunesse méditerranéenne comme moyen de fécondation réciproque des cultures, et la concrétisation du dialogue soutenu pour éviter les préjugés et les conflits sources de tensions inutiles. Dans ce cadre l’émigration maghrébine ciment des liens culturels peut être la pierre angulaire de la consolidation de cette coopération. C’est un élément essentiel de ce rapprochement du fait qu’elle recèle d’importantes potentialités humaines, économiques et financières. Elle peut contribuer par des actions concrètes de promouvoir la synergie de systèmes privés, politiques et administratifs, pour développer une approche « coopération » avec l’Europe qui pourrait être mieux perçue par l’interlocuteur maghrébin qu’une approche purement commerciale. Le chemin de la croissance ne peut être retrouvé que pour autant que l’appareil productif est modernisé et managé selon les techniques actuelles. Deux conditions qui ne peuvent être remplies que si le Maghreb se met en partenariat avec des firmes qui participent à l’innovation. Pour que de telles firmes s’intéressent au Maghreb, il s’agit d’acquérir la crédibilité sur le plan institutionnel et politique, donc aller vers l’intégration, et offrir un Etat de droit , évitant l’instabilité juridique, une cohérence et une visibilité économique qui autorisent le calcul économique. C’est donc dans ce contexte que doit s’insérer la compréhension de la dynamique économique et sociale tenant compte tant de la stratégie des réseaux internes et externes ainsi que de l’urgence de nouvelles structures pour placer le Maghreb comme vecteur actif au sein de l’économie mondiale. Devant laisser de coté les problèmes politiques pour l’instant, l’on peut faire avancer cette intégration par des synergies cultuelles et économiques comme cela s’est passé entre l’Allemagne et la France grâce au programme Schumann du charbon et de l’acier. A l’avenir, il y a lieu de penser à dynamiser la banque maghrébine d’investissement, la création d’une monnaie maghrébine conditionnée par la résolution de la distorsion des taux de change, la création dune banque centrale maghrébine et également penser la création une bourse maghrébine qui devrait s’insérer horizon 2020 au sein du projet de création de la bourse euro-méditerranéenne. Car, il  est suicidaire pour chaque pays du Maghreb de faire cavalier seul. Les relations entre les pays du Maghreb sont souvent passionnées pour des raisons historiques. Mais avec de nombreux intellectuels, entrepreneurs et hommes politiques maghrébins soucieux de concilier la modernité et notre authenticité, nous sommes convaincus du fait de la densité de nos rapports culturels qu’elles seront transgressées dans le cadre des intérêts bien compris de chaque nation. L’accélération des réformes économiques, sociales, culturelles (le droit à la différence) inséparable s de l’instauration de l’économie de marché humanisé, de l’instauration de la démocratie, du respect du droit de l’homme, de la promotion de la condition féminine et de la sécurité avec les nouvelles tensions au Sahel conditionnent largement la réussite de cette grande entreprise qui interpelle notre conscience maghrébine et plus globalement méditerranéenne. Aux tensions et aux conflits doivent se substituer la coopération et un dialogue soutenu pour éviter des factures douloureuses. Le Maghreb doit être un véritable espace politique, social et économique, un relais puissant entre l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique. L’avenir d’ailleurs de l’Europe et du Maghreb face à la concurrence des USA, aux poids des pays émergents dont la Chine, l’Inde, le Brésil est en Afrique. Etant suicidaire pour chaque pays du Maghreb de faire cavalier seul à l’heure des importantes mutations mondiales, le repli sur soi étant préjudiciable à notre prospérité commune avec d’inéluctables tensions sociales, l’histoire commune au Maghreb nous impose donc d’entreprendre ensemble. La stabilité de l’ensemble de la région, notamment au Sahel, suppose une entente régionale et une coopération active avec l’ensemble de la communauté internationale, car le terrorisme est une menace planétaire. L’objectif stratégique pour les maghrébins est de se rassembler et non de se diviser, de réaliser ce vieux rêve d’intégration du Maghreb, afin d’éviter la marginalisation de cet espace stratégique au sein de l’économie mondiale. La dynamisation des relations entre les pays du Maghreb ne sera possible que si les dirigeants ont une vision commune du devenir commun de leur population et des enjeux géostratégiques mondiaux, afin de peser dans les grandes décisions internationales, les micros Etats en ce XXIème siècle n’ayant que peu d’impacts. Certes, c’est encore un rêve, mais il est possible de le réaliser, tous ensemble, en dépassant les divergences conjoncturelles. Les défis sont nombreux et les obstacles ne sont pas à négliger mais la société civile, les entrepreneurs ont un rôle stratégique à jouer pour dépassionner les relations L’irrationnel, l’archaïsme, la défense des privilèges, la non-prise en compte des aspirations populaires sont les ingrédients d’un immobilisme anachronique à contre-courant de l’Histoire. Grâce à ses importantes potentialités, le Maghreb peut devenir le pont entre l’Europe et l’Afrique et dynamiser les segments productifs complémentaires. L’Afrique qui devrait dynamiser l’économie mondiale à l’horizon 2030/2040 est un enjeu majeur au XXIe siècle, préfigurant d’importantes reconfigurations géostratégiques, avec le défi écologique et la transition énergétique. L’avenir du Maghreb est en termes d’avantages comparatifs en Afrique. La diplomatie économique (sous segment de la théorie de l’intelligence économique) doit investir dans cet espace, le Maghreb ayant toutes les potentialités pour devenir un espace pivot dynamisant et de stabilité pour la région.

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