Condor à la conquête de l'Afrique

La société algérienne Condor Electronics, spécialisée dans l’industrie électronique et électroménagère, ambitionne de réaliser un chiffre d’affaire annuel à l’export de 200 millions de dollars à l’horizon 2025, a indiqué jeudi à Alger son responsable de l’exportation, Sami Mohamadi.

Intervenant à l’occasion de l’organisation d’une conférence/exposition sous le thème « Promotion des échanges intra-africains », à laquelle ont assisté les ambassadeurs et attachés économiques de 22 pays africains représentés en Algérie, M. Mohamadi a précisé que Condor a pour objectif d’augmenter à 20% son chiffre d’affaire à l’exportation, par rapport à son chiffre d’affaire global, pour atteindre les 200 millions de dollars d’ici 2025.

Il a souligné que Condor a réalisé 80 millions de dollars d’exportation durant les trois dernières années avec un taux de 87% des expéditions de ses produits vers les pays africains, contre 8% vers l’Europe et 5% vers l’Asie, expliquant que 32% des produits exportés étaient des réfrigérateurs, 22% des produits multimédia (téléphones et tablettes), 20% des lave-linges, 12% des climatiseurs, 11% des téléviseurs, 2% des produits de cuisson et 1% des produits de chauffage.

Le responsable de Condor a fait savoir que les investissements cumulés de l’entreprise ont atteint les 400 millions de dollars à fin 2020, pour un chiffre d’affaires de plus de 34,3 milliards de dinars, avec une capacité de production qui avoisine les 3,5 millions d’unités par an.

Pour sa part, le président du conseil d’administration du groupe Condor, Abderrahmane Benhamadi, a encouragé les opérateurs locaux à s’inspirer de la « modeste » expérience de Condor depuis 2017 pour parvenir à placer les produits électroménagers algériens dans l’ensemble des pays du continent africain et même prendre d’importantes parts de ce marché.

M. Benhamadi a affiché ses ambitions d’exporter ses produits vers tous les pays africains, surtout ceux de l’Afrique de l’ouest, saluant, à l’occasion, les efforts fournis par le ministère du Commerce pour faciliter l’acte d’exporter qu’il considère comme un projet « audacieux et ambitieux » qui a besoin de l’apport de tous pour être concrétisé.

Le directeur général adjoint de Condor, Mohamed Salah Daâs, a estimé, pour sa part, que les pays du continent doivent faciliter les échanges commerciaux intra-africains afin d’assurer un développement des pays d’Afrique, précisant que Condor vise dans ses relations avec les pays africains des partenariats gagnant-gagnant basés sur une confiance mutuelle.

Zlecaf: faire de l’Afrique un espace commercial par excellence

De son coté, le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a exprimé son souhait de voir l’Afrique devenir un « espace commercial par excellence » dans lequel les pays du continent s’échangeront leurs produits et services en application de la stratégie de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

M. Rezig a évoqué les démarches entreprises par l’Algérie dans ce sens, en procédant à l’ouverture de la majorité des postes frontaliers, affirmant que ceux avec la Libye et la Tunisie seront bientôt ouverts pour constituer des portes, non seulement pour exporter les produits algériens, mais aussi pour permettre aux pays africains d’importer leurs produits de différents coins du globe.

Présent à cet évènement, l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire en Algérie, Voho Sahi Alphonse, a affirmé que son pays ambitionnait d’être un « sérieux atout » pour Condor et pour l’Algérie, de par sa position géographique, faisant de lui la porte de l’Afrique de l’ouest et une façade sur l’océan Atlantique.

Le président de l’Association des exportateurs algériens (ANEXAL) a déclaré, pour sa part, que les exportateurs algériens ne veulent pas seulement commercer en Afrique mais aussi investir dans ce continent, ambitionnant de porter les volumes d’échanges commerciaux intra-africains de 15% actuellement à 55%.