Tebboune mécontent de son entourage: Changements imminents dans la haute administration de l’Etat

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, était tout, lors de la réunion du Conseil des ministres consacrée à l’évaluation du bilan annuel de 2020 de différents secteurs ministériels, sauf satisfait. Lors de la présentation des rapports des différents secteurs (pas tous, les bilans d’autres secteurs seront présentés lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres) a eu à loisir d’apprécier le bilan des performances ministérielles pour 2020 qui était« plutôt mitigé », alternant « du positif et du négatif ».

Si le Président de la République a donné, une fois de plus, des instructions à l’effet de relancer les secteurs ayant un impact direct sur la vie quotidienne des citoyens, en passant à la vitesse supérieure à l’entame de l’année 2021, il s’est aussi félicité du progrès tangible dans les secteurs vitaux tels que l’industrie pharmaceutique, les start-ups et le soutien à l’emploi de jeunes.

   Toutefois, d’autres secteurs n’ont pas suivi la cadence ni les promesses données par Tebboune au peuple lors de sa campagne électorale. Ainsi, le Président a exprimé son mécontentement de la gestion par certains walis des zones d’ombre, insistant sur l’impératif de faire la distinction entre les différents programmes de développement local, soulignant par la même certaines initiatives positives, tel l’approvisionnement en eau et en gaz par voie de réservoirs dans certaines régions frontalières, mettant en garde contre la poursuite du phénomène d’approvisionnement en eau par les méthodes rudimentaires, une tragédie dont des enfants ont été victimes.

   Le système bancaire a été aussi l’autre point noir qui entache le secteur et qu’il convient de revoir immédiatement, par un travail d’inspection au niveau de toutes les banques, notamment en ce qui concerne la transparence dans l’octroi de crédits. De même que la numérisation du secteur des douanes, qui n’a pas suivi une cadence rapide, alors qu’il est appelé à lutter contre la surfacturation et d’absorber les fonds circulant dans le marché parallèle.

   Beaucoup d’autres secteurs trainent la patte et devraient être au top pour atténuer les tensions et faire amarrer l’économie du pays à bon port. Exemples ont été donnés par le secteur du Numérique et des Statistiques pour lequel le Président a plaidé pour l’accélération du processus de numérisation des différents secteurs sensibles d’importance économique, notamment les impôts, les douanes et les domaines, afin de permettre aux autorités publiques de disposer d’outils nécessaires à la mise en place de ses politiques, à leur mise en œuvre et à leur évaluation. Idem pour les secteurs appelés à promouvoir l’intégration de la femme dans les différents processus sociaux et économiques en cours.

    L’Agriculture, secteur primaire par excellence, et appelé à jouer le rôle de véritable locomotive de l’économie algérienne, connait des hauts et des bas. Après les deux épisodes de blé avariés destinés à la consommation locale, le Président Tebboune a ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’affaire d’importation de blé avarié de Lituanie, et chargé le ministre des Finances de procéder à un audit au sein de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).

    Après le prochain Conseil de ministres, qui devrait être programmé avant la fin du mois, et les bilans d’autres secteurs qui seront présentés lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres, il est fort attendu, suivant la logique du cahier de charges et d’obligation de résultats, que des changements surviennent incessamment. Les « compartiments déficients » seront retirés des rails afin de permettre au train des réformes d’atteindre la vitesse convenable.