Son séjour en Libye de Kadhafi revient à la surface: l’ambassadeur français à Alger François Gouyette sur la corde raide
François Gouyette ambassadeur Français en Algérie

Plusieurs partis et personnalités politiques pointent un doigt accusateur depuis un certain temps sur l’ambassadeur français à Alger, François Gouyette. Des partis dits de soutien et d’opposition, dont les islamistes au premier rang, le désignent comme un personnage haut en couleur « à surveiller comme le lait sur le feu ».

   Pourtant, au départ, François Gouyette avait tout pour séduire et plaire. Grand connaisseur du monde arabe et musulman, manillant la langue arabe avec brio, marié à une Algérienne, remplaçant son très controversé prédécesseur, Xavier Driencourt, il est nommé le 29 juillet 2020, ambassadeur de France en Algérie, et prend officiellement son poste le mois suivant.  

   Aujourd’hui, son « activisme » informel avec des journalistes algériens, des associations et des partis fait peur. Des partis politiques sont même allés jusqu’à exiger des autorités qu’elles « brident » l’action de ce diplomate encombrant. De plus, sa « sulfureuse réputation libyenne » remonte à la surface. En fait, c’était lui qui était en poste, à Tripoli, lors de la révolution contre Kadhafi. Il devait, dit-on, être au courant de l’activisme fébrile mené par son compatriote Bernard-Henri Levi en Libye, de même que l’avancée des islamistes du Gicl, affilié à Al Qaïda, branche-mère.

     Très proche à Sarkozy, il aurait participé à la « chasse à l’homme », dit-on, qui devait finir par la mise à mort du Guide. Sa proximité avec la « sarkozie » dans le dossier lourd du financement de la campagne présidentielle française qui devait mener Nicolas Sarkozy au pouvoir ne passe pas facilement en Algérie.

   Mais ce ne sont pas essentiellement ses griefs qui le discréditent auprès de la classe politique, mais bien son « activisme » en Algérie. Ainsi, des députés du FLN et du RND ont posté des textes courts mettant en garde contre son action de sous-sol.

   Officiellement, aucun grief ne lui a été signifié par les autorités. Mais le mandat de Gouyette s’annonce déjà difficile avec une hostilité affichée de la part des partis et une très délicate relation entre Alger et Paris.