Entretien avec Baylache, Chanteur: « Le texte et la musique sont les faces d’une même pièce »

Né en 1983 sur les hauteurs de l’Akfadou, Baylache est un auteur, compositeur et interprète de la chanson kabyle. Il a, à son actif, six albums et prépare le 7e pour la fin de cette année. Il nous parle dans cet entretien de son parcours et de la chanson kabyle.

L’Express DZ : Cela fait plus d’une quinzaine d’années que vous êtes dans le domaine de la chanson, quel bilan  faites-vous de votre parcours ?

Baylache :    C’est en 2007 exactement que j’ai commencé de manière officielle dans la chanson en éditant  mon premier single « D Lawan Ad Ruhaɣ »  (C’est l’heure du départ), une chanson d’amour qui raconte la vie d’un couple à l’université, musiquée sur un air de  chaâbi Algérois. Sinon,  j’ai commencé à chanter bien avant, en duo avec  le chanteur Tarik  vers la fin des années 1994, puis en duo avec mon père, Idir Akfadou.  

 Vous avez produit jusqu’à maintenant plusieurs  albums et plusieurs vidéoclips, quelles sont vos  chansons qui ont fait le plus de buzz ?

J’ai produit exactement exactement 6 albums et 2 DVD  et plus d’une vingtaine de vidéoclips et pour les titres qui ont eu le plus d’audience et de succès ce sont notamment :   « Timunent »  « Hesbaght inu »,  « Nbur urna3lim »,  « Ma guitarra »….

Vous faites partie de la nouvelle génération de chanteurs qui tente de donner un nouveau souffle à la chanson kabyle, sur quoi vous basez-vous essentiellement pour cette tentative de renouveau ?

 C’est vrai qu’il y a nécessité d’un nouveau départ. C’est un fait, la chanson kabyle d’ aujourd’hui à besoin de renouveau. Les nouvelles technologies et le numérique permettent  de mieux travailler et de donner un coup de jeune aux  sonorités traditionnelles qui ont dominé jusqu’à présent la chanson kabyle. C’est une grande chance pour les chanteurs qui veulent bien travailler et  innover. Tout en nous inspirant des pères fondateurs de la chanson kabyle qui ont fait leur devoir et qui lui ont donné ses lettres de noblesse, il est du devoir de la nouvelle génération de chanteurs  d’apporter leur touche à cet édifice artistique.  Pour  réussir cette œuvre de renouvellement, je pense que le plus important, c’est d’abord  le travail en équipe et l’union entre les artistes de façon générale.

Selon vous, qu’est ce qui a le plus évolué dans la chanson Kabyle, ces derniers temps: la thématique ou les styles musicaux ?

Je crois que  les deux aspects ont évolué simultanément. Mais pas suffisamment. Même si les thèmes universels et intemporels sont toujours présents dans la chanson kabyle, les thématiques qui cadrent avec les préoccupations de l’époque sont, toutefois, très prégnantes. L’essentiel est qu’il apparaît  une volonté d’être à la page et c’est une bonne chose.  

 Chez vous vous qu’est-ce qui prédomine, le texte ou la musique ?

 Ah ! Pour moi, les deux dominent. Je considère une chanson comme une pièce à deux faces. On ne peut pas dissocier les deux. Un beau texte porté par une belle mélodie, c’est tout ce que demandent les amoureux de la chanson. Un texte consistant chanté sur une musique mauvaise ne peut être que dévalorisé et vice-versa.

 Votre 7 album est attendu pour la fin de cette année, quelle serait sa particularité ?

Sa particularité, c’est du  pur style Baylache,  avec l’intégration de  nouveaux instruments ainsi que la participation de grands musiciens.

Autre que   le Groupe Akfadou où vous avez fait vos classes, quels sont les autres artistes nationaux et étrangers qui vous inspirent ?

Il  y en a beaucoup, je citerai notamment  Aït-Menguellet, Brahim Tayeb, Takfarinas, Atmani, Si Moh, Chaou Abdelkader, Claude François, Céline Dion…..

Des fonctions de la chanson, on distingue en général : la distraction, la dénonciation, la contestation, la revendication, la conscientisation, la moralisation… quelles fonctions privilégiez-vous dans votre art ?

 Tout en faisant appel à toutes les fonctions, je n’en privilégie aucune particulièrement. Je travaille sur inspiration et non sur commande. Donc, je laisse mon inspiration me dicter les mots et les textes que je dois chanter.  

En tant qu’artiste, comment vivez-vous cette pandémie qui ne cesse d’inquiéter la planète ?

Je la vis comme tout le monde en essayant de participer à l’effort de sensibilisation et de prévention pour limiter sa propagation.  C’est un véritable fléau qui a mis l’humanité devant  de grands défis. Mais comme par le passé, l’humanité va dépasser cette crise qui ne sera dans quelques années, qu’un mauvais souvenir.