Le capitaine de police impliqué dans la mort d'une Algérienne promu commandant de compagnie en France
Manifestation pour demander la lumière sur la mort de Zineb

Qui se souvient encore de Zineb, serions-nous tentés de demander affectueusement ? Très peu de gens. Pourtant, la mort de Zineb Redouane suite à des blessures avait monopolisé l’Etat français et poussé le régime algérien a exiger –timidement- à l’poque de l’ancien système, des explications de la part des autorités françaises.  

 L’affaire Zineb Redouane s’est passée le 1er décembre 2018, à Marseille. Il s’agit d’une affaire judiciaire non élucidée à ce jour. Les faits se rapportent à une grenade de lacrymogène tirée par un policier français lors d’une manifestation musclée des Gilets Jaunes. Ce jour-là,  Zineb Redouane, 80 ans, ferme les volets de son appartement. Sous ses fenêtres des affrontements ont lieu entre les forces de l’ordre et des manifestants Gilets jaunes et du Collectif du 5 novembre. Pour éviter les fumées des lacrymogènes, Zineb Redouane clôt ses volets ; c’est alors qu’elle reçoit alors au visage une grenade tirée par les forces de l’ordre. Elle déclare avoir été visée par les forces de l’ordre, selon ses proches. Elle meurt le lendemain, à 22 h 20, sur une table d’opération de l’hôpital de la Conception. La forte communauté algérienne de Marseille monopolise l’opinion publique et réussit à faire intéresser toute la France à cette affaire.

L’Algérie de son côté ouvre une (timide) enquête préliminaire le 25 décembre 2018. L’enquête française est critiquée par l’opinion et le soutien officiel des autorités françaises au policier impliqué laisse penser à une omerta sur un sujet de la rubrique « chiens écrasés ».

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, déclare: « Je ne voudrais pas qu’on laisse penser que les forces de l’ordre ont tué Zineb Redouane. Parce que c’est faux ! ».

La famille et les soutiens de Zineb Redouane s’insurgent et organisent manifestation sur manifestation. Rapidement, Zineb devient l’icône du mouvement de contestation en France un symbole des violences policières. Cette affaire préfigurait en quelque sorte l’affaire George Floyd, mort des suites de violences policières, le 25 mai 2020 aux Etats Unis.

Le fait nouveau dans l’affaire est que le capitaine Bruno Félix, qui dirigeait la compagnie à Marseille lors du décès de Zineb Redouane. Ce même capitaine qui a refusé de fournir les armes incriminées dans le décès de l’Algérienne, alors que l’IGPN en avait fait la demande a pris le commandement de la compagnie. Même ses proches subalternes ont dénoncé cette promotion, car il ne s’agit pas d’un officier de haut rand pour prendre la compagnie de police, mais d’un officier de rang inférieur, à savoir un capitaine. Cette promotion soulève des interrogations pour certains, alors que pour d’autres, elle confirme juste ce qui a été caché. Chacun la décryptera selon sa grille de lecture.

Faut-il rouvrir aujourd’hui le dossier ? Beaucoup le souhaitent, tant en France qu’en Algérie ; mais c’est très improbable dans l’état actuel des choses : en juin 2020, la justice française statuera que la mort de Zineb Redouane a été « totalement accidentelle », s’appuyant sur un rapport d’expertise ; mais sa famille continue à réclamer la vérité sur sa mort ainsi que le retour de son corps en Algérie.