Professeur Abdelouahab Bengounia

Par le Pr Abdelouahab Bengounia, Professeur HU en épidémiologie et médecine préventive au CHU Mustapha  – Juriste

 Maladie ou malédiction, peu importe, Covid-19 est là, omniprésent et probablement pour longtemps. Il a porté un coup fatal à l’humanité, imposé aux peuples le confinement et la distanciation sociale, fermé les lieux de culte, dénudé les systèmes nationaux de santé (SNS), paralysé l’économie mondiale, dévoilé la fragilité des relations internationales et rappelé à l’homme ses limites et son impuissance.

 Même les meilleurs SNS au monde ont été malmenés par le caractère pandémique, la rapidité de propagation foudroyante, la contagiosité élevée, la pathogénicité avérée, les spécificités virales et la dimension socioéconomique démesurée du Covid-19. Déclaré à l’OMS le 31 décembre 2019 par la Chine, ce virus est, à ce jour, sans vaccin, ni sérum et ni traitement spécifique. La prévention demeure l’unique arme thérapeutique contre ce virus.

 Covid-19 a imposé d’emblée à l’homme le changement radical de son mode de vie et de son comportement social. L’adaptation à cette nouvelle situation commande à l’OMS d’instruire ses Etats membres pour une révision de leurs SNS, en faveur d’une réhabilitation des politiques de veille et de prévention sanitaires, et d’une plus large démocratisation du concept de santé.

 Bien qu’ayant tiré la sonnette d’alarme le 3 février 2020, soit trois semaines avant l’entrée en Algérie du 1er cas de Covid-19, le 25 février 2020, par une conférence-débat au Forum d’El Moudjahid, intitulée: « Du nouveau Coronavirus en Chine à la veille sanitaire en Algérie » ; afin que nos autorités sanitaires préparent l’accueil pour ce nouveau virus hautement contagieux et créent, au moins un centre d’isolement normalisé par wilaya; l’absence de ces structures, malgré cette alarme précoce, a perturbé sérieusement l’activité hospitalière nationale, en particulier pour les urgences et les pathologies lourdes et/ou chroniques.

 Mais, où sont les centres d’isolement promis à chaque épisode épidémique, depuis l’entrée du Choléra en Algérie en 1971 (un demi-siècle !) ? Où est l’institut national de veille sanitaire (INVS) recommandé depuis 20 années (2001) et dont la création a pourtant été officiellement annoncée publiquement par le MSPRH il y a neuf années (31.01.2012) ?

  En envoyant à un ami, le 6 avril 2020, cet email : «…Finalement, comme pour le Choléra en 1979, tu as fini par partager ton service avec le Covid-19. Penses-tu que nous verrons un jour un INVS et des centres d’isolement appropriés dans notre pays ? » ; j‘étais à mille lieux d’imaginer qu’une semaine plus tard, le 13 avril 2020, notre projet, depuis 20 ans, d’un INVS pour l’Algérie, allait être, une fois encore, renvoyé aux calendes grecques, par une Agence nationale de la sécurité sanitaire, cette fois-ci. Les voies du Seigneur sont impénétrables !

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                                                 C’est quoi un INVS ?

L’INVS, est un établissement public de veille et de prévention sanitaires, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière et technique. Il est placé sous la tutelle administrative du Président de la République et puise son assise juridique de la loi n° 04-20 du 25 décembre 2004 relative à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable, qui stipule clairement dans son article 63 :“Les mesures structurelles pour la prise en charge des catastrophes sont : – la constitution de réserves stratégiques, – la mise en place du système de prise en charge des dommages, – la mise en place d’institutions spécialisées“.

 L‘INVS met à la disposition du Président de la République les informations, issues de la surveillance et de l‘observation de la santé des populations, nécessaires à l‘élaboration et à la conduite de la politique nationale de santé.

 La réflexion du groupe est généralement supérieure à celle de l’individu. Même un géni ne peut pas voir, en même temps, les trois faces du prisme. La singularité de l’INVS c’est son investissement total dans le capital humain, afin d’enrichir n’importe quelle idée par une réflexion multisectorielle qui facilitera sa concrétisation. Fruit d’un concours sérieux sur titres et travaux et doté de moyens financiers conséquents garantissant des mesures incitatives alléchantes ; l’INVS sélectionne et recrute, sans exception ni exclusion, les meilleurs experts (les cerveaux) dans tous les domaines de la vie.

 Outre la qualité et la diversité de son personnel, le fonctionnement de l’INVS est optimalisé par le caractère illimité de ses sources d’information : les surveillances (épidémiologiques humaines et animales, microbiologiques, environnementales, vigilances,..) ; les statistiques nationales (sanitaires et autres) ; les publications scientifiques ; la littérature ; les informations médiatiques ; les rumeurs ; etc…

 L’INVS a, entre autres, pour missions : d’effectuer la surveillance et l’observation permanente de l’état de santé de la population ; de participer au recueil et au traitement des données ; de rassembler, analyser et actualiser les connaissances sur les risques sanitaires, leurs causes et leurs évolutions ; de détecter tout événement susceptible de modifier ou d’altérer l’état de santé de la population ; d‘alerter les autorités en cas de menace pour la santé publique, quelle qu‘en soit l’origine, et de leur recommander toutes mesures ou actions appropriées ; d‘assurer toute action de veille sanitaire pour identifier les causes d‘une modification de  l‘état de santé de la population, notamment en situation d’urgence ; de participer à la mise en place, à la coordination et à la gestion des systèmes d’information, à la cohérence du recueil des données; d‘effectuer toutes études, recherches, actions de formation ou d’information ; etc…

Plusieurs facteurs justifient la création de l’INVS, tels que la gravité de la situation sanitaire nationale et internationale et son évolution permanente, l’inadaptation du SNS à l’évolution du contexte économique et sociopolitique, les impondérables, etc…

                                  20 années de blocages abusifs de l’INVS

   C’est en installant à travers les wilayate du pays, en 2001, les sites de veille et d‘intervention contre les risques biologiques et chimiques [décision ministérielle n°121 du 31 octobre 2001]; que l’idée m’était venue de créer une institution pour pérenniser ce travail de veille, que je considérai fondamental pour l‘Algérie.

 Au début de l’année 2002, l’enrichissement du premier draft de loi sanitaire a été l‘occasion pour proposer, par écrit officiel, la création d’un INVS. Mais, ma proposition a été rejetée, à l’instar de toutes mes initiatives constructives pour la santé publique, telles que la création au niveau du ministère de structures pour la prévention des maladies non transmissibles (MNT,1994); ou des infections liées à la pratique médicale (ILPM, 2001); ou le bilan de santé systématique dès l’âge de 30 ans (BSS, 2002); etc…

 Aidé par les mass media et la persévérance ; j’ai réussi, aprés 10 années de vaines tentatives, à faire bouger le MSPRH. Ce n’est que suite à la publication de plus d‘une vingtaine d‘articles favorables à l’INVS, le lendemain de ma conférence, au Forum d’El Moudjahid, le 24 janvier 2012,  intitulée : «  Nécessité de la mise en place d’un institut national de veille sanitaire (INVS) », que le ministre de la santé a été sommé de créér cette institution d’utilité publique. La semaine qui suivit, les professeurs d’épidémiologie, même des wilayate de l’intérieur, ont été conviés, en extrême urgence,  à un séminaire national de deux jours, à l‘hôtel El Marsa(Sidi Fredj), pour une  réflexion à ce sujet.

  Le 31 janvier 2012, aprés l‘ouverture officielle et l’annonce, de la création en Algérie d’un INVS, le SG du MSPRH quitta la salle et confia la présidence des travaux à son collègue, le DG de la prévention. Lors des débats, ce dernier me refusa la parole et m’interdisa publiquement de participer aux débats : « Vous n’avez pas été invité, vous êtes ici comme observateur, vous n’avez donc pas le droit à la parole (sic) ». Je me suis alors levé, j‘ai pris le micro et présenté une communication orale d’une bonne dizaine de minutes, où j’ai rappelé  que c’est  grâce  à l’INVS que nous somme ici, en précisant, entre autres, que l‘INVS c’est le tendon d’Achile de l’Algérie,… Après quelques applaudissements furtifs, notre fameux DG n’avait de faculté que de faire volte-face et expliqua à l’assistance que j’étais son ami. Mais, c’est par la force des bras que, le lendemain,  j’étais empêché d’entrer dans la salle de travail.

   Ce n’est qu‘aprés trois années encore de rappels sans suite, et une énième conférence de presse le 26.01.2015, intitulée : «  La création d’un institut national de veille sanitaire est vitale pour l’Algérie »; que le DG de la prévention du MSPRH est descendu, de son piédestal le 31 janvier 2015. Il s’est assis sur le fa uteuil que j’occupais trois jours auparavant au Forum d’El Moudjahid, non pas pour fêter le troisième anniversaire de la naissance officielle de l’INVS (le 31.01 2012), mais pour annoncer à la presse, l’enterrement de l‘INVS : « L’Algérie dispose désormais d’un plan national d’alerte et de riposte à toute menace sanitaire à potentiel épidémique » [presse du 01.02.2015]. Trois années plus tard, alors que l‘épidémie  de rougeole était à plus de 3400 malades et six décès, son successeur a eu l’audace de déclarer, en direct, à la chaîne TV Canal Algérie, le 14 mars 2018 : « Oui, on n’a pas besoin en Algérie d’un institut national de veille sanitaire ! (sic)».

INVS ou Plan national d’alerte ou Agence nationale de la sécurité sanitaire ?

   Le comble est que, ce sont ces mêmes responsables, farouches opposants à l’INVS hier, qui se retrouvent aujourd’hui aux premières loges du directoire de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, dont les prérogatives ne peuvent être autres que celles de l’INVS. Nouveau volte-face stratégique ou réelle conviction pour la veille et la prévention sanitaires ? Alors que l’agence a une connotation mercantile, l’institut incarne la science et le savoir. Or, ce n’est pas avec l’argent mais c’est avec la science, qu’ont été édifiées les plus grandes civilisations du monde.

   Enfin, INVS ou plan d’urgence ou agence, peu importe. L’essentiel est de concrétiser la création d’une institution qui préservera la santé des algériens et fera de l’Algérie de demain le pays du droit, de la justice, de la liberté et des institutions ; un pays où il sera agréable d’y vivre pour tous. L’histoire ne retiendra que ceux qui ont servi leur pays avec dévouement et abnégation, et oubliera les restes !

L‘INVS aurait-il pu éviter à l’Algérie la faillite actuelle de son SNS ?

     Après avoir hérité et appliqué le système de santé colonial durant la première décennie de son indépendance, notre pays institutionnalisa en 1973 la médecine gratuite (Ordonnance n°73-65 du 28.12.973). Soins, consultations, hospitalisations, interventions chirurgicales, produits pharmaceutiques, etc… étaient gratuits, aussi bien pour les pauvres que pour les riches. C’était l’âge d’or de la médecine algérienne.

  En 1981, l’Algérie créa ses secteurs sanitaires (SS) et secteurs sanitaires universitaires (SSU). A raison d’un SS ou SSU par daïra, une couverture sanitaire était ainsi assurée pour tout le territoire national (décret n°242-25 du 05/09/1981). Sans donner le temps de recul nécessaire pour évaluer cette organisation en SS/SSU, et sans l’évaluer, on créa, par plagiat, les CHU (centres hospitalo-universitaires), dont la création n’a jamais fait l’unanimité et dont le seul « mérite » est la surconsommation budgétaire (décret n°86-25 du 11.02.1986).

 Les habitants des 38 wilayas restantes sans CHU étaient contraints à faire des centaines, voire parfois des milliers de kilomètres, pour accéder à cette médecine dite « de pointe » des CHU. Il y eut des années où les crédits alloués aux 13 CHU implantés dans seulement 10 wilayas du Nord (4 à Alger et 1 à Oran, Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Tizi Ouzou, Blida, Sétif, Constantine, Annaba et Batna) dépasseront les 31% du budget global de la santé ; alors que les 216 autres structures sanitaires – 185 SS + 31 EHS (établissements hospitaliers spécialisés) – réparties dans toutes les wilayas, se partageront les restes. Le drame pour l’Algérie, est qu’à ce jour, nos 4 CHU de la capitale sont toujours hébergés dans des structures vétustes héritées de la période coloniale (Mustapha Pacha créé en 1854, Parnet, Maillot  et l’ex-sanatorium de Beni Messous). Pourquoi ?                                                                                                          

 Pourquoi avoir abandonné, sans évaluation, un SNS cohérent, accessible, efficace, hiérarchisé, assurant une couverture sanitaire nationale et recommandé par l’OMS, pour un système désintégré, inaccessible, inefficace, instable et régionaliste ?

 Depuis cette désastreuse création des CHU, la politique nationale de santé a été déviée de ses nobles objectifs. J’ai été alors contraint à me substituer, au rôle  de veille et de prévention, qu’aurait pu jouer un INVS, par des conférences de presse et des publications, afin de dénoncer les gravissimes dérives de notre SNS et de notre Université.                                                                                                                                    

 Les extraits suivants de quelques uns  de ces articles publiés concomitamment aux faits, ne sont que quelques exemples, qui prouvent que l’homme, l’injustice, l’impunité, l’inversion des données sélectives et les disparités régionales, ont été les facteurs les plus déterminants dans cette déstabilisation programmée de notre SNS :                                                                 

   *«…Une disparité régionale importante est ressortie de cette répartition régionaliste. Puisque, pour l’inscription en TCBM (tronc commun biomédical), la moyenne minimale des notes exigées requise a été de 14,76/20 pour la région de Constantine ; 13,54 pour Annaba ; 13,24 pour Tlemcen ; 13,18 pour Tizi-Ouzou ; 12,82 pour Alger ; 12,72 pour Oran ; 12,28 pour Blida et seulement 11,95 pour Sidi Bel Abbés (circulaire n° 10 du 2 juin 1990)… ». [1]                                                                                   

   *«…Selon le classement des pays en fonction de l’indicateur de développement humain (IDH) de 1960 à 1992 comparé à celui fait par rapport au PNB, d’après les statistiques publiées par le PNUD en 1994, notre pays a perdu 37 places et le Maroc seulement 10, alors que la Tunisie en a gagné 4 (tableau 3).    Pourquoi ?…». [2]                                                                                                                              

         IDH 1960   IDH 1992   Gains 1960/1992         Rang  IDH  Rang  PNB DIF. Rang PNB/IDH

Algérie       0,264 0,553 +  0,289     109   72     – 37

Maroc         0,198 0,549 +  0,351     111   101   – 10

Tunisie       0,258 0,690 +  0,432     81     85     +  4

                            Tab.3: Indicateur de développement humain (IDH) Maghreb 1960-1992 (Source: PNUD,1994)

     *« … Dilapidation de deniers publics : Selon le ministre des finances sortant, en cinq années, de 1999 à 2005, les dépenses de santé ont connu un excédent de 100%. Sur les 5 milliards de dollars alloués à ce secteur en 2005, 65% sont destinés pour les ressources humaines, 20% pour les médicaments et 15% pour les équipements … ». [3]

   *« …N’est-il pas vraiment indécent de parler encore, après plus de dix années, de cette « réforme hospitalière illusoire» de 2002 qui, après avoir consommé six ministres de la santé et plus de 50 milliards de dollars (l’équivalent du budget de fonctionnement de plusieurs Etats africains réunis), laisse aujourd’hui le démuni mourir sans traitement et contraint le nanti et le privilégié à prendre l’avion, au moindre mal, pour se faire soigner en Europe et même en Tunisie et au Maroc, pays voisins dont plusieurs cadres ont été formés en Algérie ? … Dites-nous à quand la veille sanitaire et la prévention primaire, qui nous auraient certainement épargné cette triste situation ? Dites-nous où sont les droits constitutionnels du malade, messieurs les décideurs de notre droit à la vie et de notre déchéance humaine ? … ». [4]  

   *«…Une véritable conspiration du silence a entouré ce dit concours ! 94 professeurs HU ont été réquisitionnés pour assurer l’encadrement pédagogique de ce dit concours qu’ils savaient pourtant irrégulier et lourdement préjudiciable pour 12 de leurs confrères ! Contre toute attente, messieurs les ministres Boudiaf et Hadjar, fideles à leur politique du fait accompli, se sont précipités, le 03.04.2017, à affecter officiellement les nouveaux chefs de services fruit de cette mascarade ! Où sont les services du secrétariat général du Gouvernement (SGG) ? L’administration étant le seul garant de la pérennité de l’Etat ; de quel droit, un acte administratif inconstitutionnel, entaché d’autant d’irrégularités et aux conséquences mortelles, reste-il en vigueur depuis plus de sept mois (27.11.2016 !) pour les services du SGG, services chargés statutairement d’assurer le contrôle et la conformité des projets de lois et de règlements de la coordination juridique de l’activité du Gouvernement ?… ». [5]

   *« …Sept années plus tard, rien n’a changé ! Ni je n’ai été rétabli dans mes droits, ni le service civil n’a été, comme promis aux résidents grévistes de 2011, abrogé dans les trois années à venir ! Le 14 novembre 2017, nos résidents sont de nouveau en grève et, le 3 janvier 2018, ils sont matraqués par nos policiers à l’intérieur même de l’enceinte hospitalière du plus important CHU du pays. En voyant les visages ensanglantés de notre jeune élite intellectuelle, l’espoir  de l’Algérie de demain, ma mémoire me projeta, subitement, dans le passé, pour entendre les propos, lourds de sens, tenus il y a 35 ans par notre ministre de la santé, le regretté Abderezak Bouhara (ancien commandant de l’ALN et commandant des forces algériennes au Moyen Orient). En 1983, j’ai eu l’honneur et le plaisir, ainsi que tous les membres du conseil médical du SSU de Hussein-Dey, d’assister à une séance de travail qu’il présida majestueusement. Les présents ont été les témoins du dialogue suivant entre un Professeur chef de service HU d’il y a 35 ans et un Ministre de la santé de l’époque :  – le professeur : « Avec la cherté de la vie on arrive plus à joindre les deux bouts, la viande est à 120 dinars et nous sommes sous payés » ; – le ministre : «  le médecin est le citoyen algérien le mieux payé ! » ; – le professeur : « mieux que le ministre ? » ; – le ministre : « Oui, mieux que le ministre, je vous ai précisé, le citoyen algérien, le mieux payé ! » ; – le professeur : « mieux que le Président ? ». Là, le ministre marqua un temps d’arrêt, puis, sans répondre ni faire la moindre remarque, il poursuivit sereinement son tour de table, et désigna le suivant : « Vous avez la parole professeur M…». [6]                                                                                  

   *« …Il est certain que si toutes les initiatives préventives, …, n’avaient pas été sabotées au su et au vu de tous, les algériens ne seraient pas en train de mourir de choléra et de rougeole en 2018 et l’Algérie n’aurait jamais connu la situation épidémiologique désastreuse actuelle, tant pour les maladies transmissibles (hépatites, paludisme, rougeole, choléra,…) que non transmissibles (HTA, diabète, cancers, insuffisance rénale, mortalité maternelle, accidents,..).    Le 14 mars 2018, notre DG de la prévention au MSPRH n’a pas trouvé indécent de reprendre les propos insensés tenus par son prédécesseur il y a 4 années (le 31/01/2015), lors d’une conférence de presse, et a déclaré en direct à la chaîne de TV Canal Algérie : «Oui, on n’a pas besoin en Algérie d’un institut national de veille sanitaire !». Moins de cinq mois plus tard, c’est notre ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, qui prend le relais et poursuit dans cette même logique inhibitrice en remettant fondamentalement en question les valeurs universelles du travail, de la science, de l’effort intellectuel et du mérite scientifique, déclarant publiquement le 8 août 2018 : «…On n’a pas besoin en Algérie d’un prix Nobel ! », ce qui signifie qu’il n’y a pas de différence entre la médiocrité et l’excellence … ». [7]

Références :  

1- Pour des critères d’inscription plus rationnels à l’université –  El Moudjahid, 16 octobre1990.

2- Faillite programmée du SNS et de l’assurance maladie – El Watan, 12-13-14 juin 2004.

3- La sonnette d’alarme – El Watan, 2 novembre 2005.

4- Où sont les droits constitutionnels du malade ? – El Watan, 19 juin 2013.                               

5- Halte aux passe-droits ! – Liberté, 29-30 juillet 2017.                    

6- Une absence de volonté politique manifeste – El Watan, 6 février 2018.                                                              

7- En Algérie, on n’a pas besoin d’un institut de veille sanitaire ni d’un prix Nobel! (sic) – El Watan, 16 mars 2019.