Les grandes pandémies de l’histoire

La pandémie du Covid-19 a mis la mondialisation dans le collimateur de plusieurs analystes et anonymes qui lui ont lui fait porter le chapeau de la déroute que vivent actuellement tous les pays du monde. Un Chinois tombant malade parce qu’il a mangé une chauve-souris où un autre animal sauvage dans un restaurant à Wuhan et c’est des milliards de citoyens à travers le monde qui en subissent les conséquences de son geste. 

Cette promiscuité planétaire, cette rapidité et fluidité de la circulation des humains et des marchandises et des maladies sont, pour toute une foule de militants et d’analystes prônant des thèses antimondialistes ou altermondialistes, une menace pour l’avenir de l’humanité et de la planète. La crise sanitaire actuelle de la Covid-19 qui a mis toute la planète en panne est avancée, à juste titre, comme un argument massue des effets nocifs de la mondialisation.

 Toutefois l’histoire nous apprend que bien avant la mondialisation, de grandes épidémies ayant  ruiné des pays et décimé leurs populations, ont apparu à diverses époques, dans différentes  parties du monde. La première grande épidémie attestée de l’histoire de l’humanité est la peste d’Athènes décrite par l’homme politique et historien athénien Thucydide. Apparue en 431 av-J.C, lors de la guerre du Péloponnèse, cette épidémie que les modernes supposent être du Typhus en se basant sur la description faite par l’historien, a emporté plus de 200.000 athéniens dont le grand chef Périclès.

 En 165 de l’ère chrétienne, une autre grande épidémie fera son apparition en Mésopotamie durant la guerre romano-parthique. Ramenée à Rome cette maladie appelée peste antonine  du nom dynastique de l’empereur d’alors Marc-Aurèle, a causé la mort de quelque 10 millions de personnes. 

Entre 1347 et 1352, une autre grande épidémie, rapportée par des chroniqueurs de l’époque, va sévir en Asie, en Europe et en Afrique du Nord. Désignée par les contemporains sous de nombreuses appellations : Grande pestilence, maladie des bosses, maladies des aines… cette épidémie que les historiens modernes appellent peste noire, noire en référence à son caractère horrible, a fait en Europe seulement entre 25 et 50 millions de morts. Cette épidémie précipitera la chute de ce qui restait alors du grand empire byzantin.

Entre 1518 et 1650, une épidémie de variole va emporter entre 50 à 75 % de la population amérindienne déjà en partie décimée par les conquistadors.  

Trois siècles plus tard, en 1817 précisément apparaît dans le delta du Gange en inde le Choléra  qui sera à l’origine, depuis cette date, de sept grandes pandémies dans le monde qui ont fait des dizaines de millions de morts. L’OMS qui s’assigne comme but d’éliminer la maladie d’ici 2030,  estime entre 21000 et 143000 décès annuels causés actuellement dans le monde par cette maladie. 

Apparue en 1918 la grippe espagnole qui est en fait asiatique, considérée comme la pandémie la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité à causé la mort de plus de 50 millions de personnes dans le monde dont 30 millions sur le vieux continent. Un tiers de l’humanité a été contaminé par cette grippe.

Comme sa devancière, la grippe asiatique due au virus  H2N2, qui a frappé le monde en 1956 causera le décès de plus de 3 millions dans le monde. Surgie de Chine, cette maladie touchera quatre continents : l’Asie, l’Europe, l’Amérique et l’Afrique.  

Comme on le constate, depuis l’antiquité, l’humanité a fait face à plusieurs époques à de graves pandémies qui ont décimé des populations entières et réduit à néant des pays et des civilisations. La pandémie actuelle du Covid-19  montre  que l’humanité, malgré les immenses avancées enregistrées dans la médecine n’est pas à l’abri de pandémies qui peuvent ruiner des pays tout entiers en quelques semaines.