Presse Algérienne

Dans une correspondance adressée   au ministre de la communication et au ministre de la justice, dont nous détenons une copie, le Conseil national des journalistes algériens (CNJA)   dénonce les conditions préoccupantes dont lesquelles évolue actuellement la presse algérienne dans toute sa diversité  et exige  l’accélération  des réformes appropriées  pour permettre à la corporation des journalistes  de vivre pleinement son « printemps » et mettre ainsi un terme aux  pratiques de gestion opaques et injustes de l’ancien système.

« Les journalistes sont malheureusement soumis encore à une pression sans précédent  sur les plans, professionnel et social. Des dizaines, voire des centaines de journalistes sont abaissés aujourd’hui à la paupérisation et même, osons le mot, à la « famine » du fait de la perte de leur emploi et du non-paiement de leur salaire pour ceux qui travaillent encore. Pis encore, certains sont poursuivis en justice pour des délits liés à leur métier et parfois même jetés en prison » note le CNJA.  Citant en exemple le journaliste Khaled Drareni mis en détention préventive  et trois autres journalistes du quotidien « El Sawt El Akher » (Mohamed Lamari, Meriem Chorfi et Rafik Mouhoub) mis sous contrôle judiciaire à cause d’un article de presse publié sur leur journal , le CNJA  appelle à  la libération des journalistes détenus  et à l’ organisation rapide   de leur procès  pour faire baisser la tension  et la colère qui gronde au sein de la corporation .

  « Crée dans des conditions difficiles et rassemblant des centaines de journalistes, le CNJA  a toujours affiché sa disponibilité et un engagement sans faille pour l’émergence d’une véritable presse professionnelle mais aussi prendre part à la construction de la nouvelle république, fruit du sursaut populaire du 22 février 2019. Nous considérons en toute objectivité que la corporation des médias doit vivre enfin son « printemps » et tourner une page sombre faite de privation et d’injustice. » souligne le CNJA.  Si « faute » ou « délit de presse », il y a  « fautes »  par inadvertance et méconnaissance des règles, cela doit être  d’abord traité, fait remarquer  le CNJA,  à l’intérieur de la corporation à travers notamment un conseil de déontologie et d’éthique avant que le parquet n’entre en action .

Tout en plaidant pour le respect de la liberté de l’expression et le règlement des « délits de presse «  dans le cadre strict  du code de l’information, le CNJA revendique  l’institution  de nouvelles lois pour pallier au vide juridique  sciemment entretenu par l’ancien système pour punir à travers le code pénal toute voix libre ou  discordante.