Du spectre de la relégation en 2018 au retour du club en Ligue des champions d’Afrique en 2019. La JS Kabylie, sous Chérif Mellal, a connu, l’espace d’une année, beaucoup de changements qui lui ont permis de retrouver le prestigieux tournoi continental après une longue absence.

La dernière participation du club à cette compétition remportée à deux reprises, en 1981 et 1990, remonte à 2010 sous la conduite du Suisse Alain Geiger qui a réussi à lui faire atteindre le cap des demi-finales.

Depuis, plus rien. C’était la longue traversée du désert.

Djezzy Binatna

Ce retour n’a pas été une « simple sinécure », fait observer Jean-Yves Chay, actuel conseiller technique à la formation, qui avait conduit la JSK au sacre en Coupe de la CAF en 2002, pour qui « il faudrait surtout assurer en championnat pour que ce retour sur la scène continentale se prolonge la saison prochaine et espérer atteindre un stade avancé d’une compétition continentale ».

Pour leur grand retour en C1, les « Canaris » ont réussi à atteindre la phase de poules après avoir écarté les Soudanais d’El Merrikh et Guinéens de Horoya. Versés dans le groupe D, ils ont gagné leur premier match devant l’AS Vita Club (RD Congo) avant de concéder deux défaites de suite en déplacement contre le double tenant du titre, l’ES Tunis et le Raja Casablanca (Maroc), en attendant la suite de la compétition.

Ce come-back des « Jaune et Vert » sur la scène continentale après 9 années d’absence à été rendu possible grâce à la deuxième place acquise par le club phare du Djurdjura en Ligue 1 en 2018-2019.

Une saison houleuse pour le club qui, sous la conduite de son président Mellal, a été au coeur de plusieurs polémiques en engageant, notamment, un bras de fer avec la Ligue de football professionnel (LFP) au sujet de la programmation.

Controverses

Polémique et sans retenue dans ses déclarations, Mellal était monté au créneau pour dénoncer une « anarchie » dans la programmation et un « complot » visant son club pour le « casser », après le report à deux reprises en l’espace d’une semaine de sa rencontre contre l’USM Alger, futur champion d’Algérie.

L’année 2019 a été également pour la JSK celle de l’agression de son président, en compagnie de membres de sa direction, et le saccage du siège du club par l’entourage d’un joueur recalé, sans oublier les sanctions infligées au patron des « Canaris » et à l’équipe par la commission de discipline de la LFP.

D’abord à Mellal, suite à la diffusion d’un enregistrement sonore à l’issue de la 30e et dernière journée du championnat où il proposait à l’ancien manager général du CS Constantine, Tarek Arama, de « motiver » financièrement les « Sanafir » pour battre l’USMA et ouvrir grande la voie du titre aux Kabyles.

Ce qui ne fut pas le cas, les Usmistes ayant réussi à s’imposer à Constantine 3-1, synonyme de titre de champions d’Algérie pour eux.

Des déclarations qui ont valu à Mellal une suspension de deux années et une défalcation de 3 points au club durant l’actuelle saison, avant que cette dernière ne soit abandonnée et la sanction contre l’homme d’affaires toujours maintenue, malgré le recours introduit par la direction kabyle.

Ensuite, après l’envahissement, en septembre dernier, de la pelouse du stade 1er-Novembre de Tizi-Ouzou par des supporters de la JSK alors que leur équipe était menée 3-0 en championnat devant le CR Belouizdad, ce qui a valu aux « Canaris » une sanction de 4 matchs à huis clos dont deux à l’extérieur.

Autre déconvenue pour le club du Djurdjura en 2019, le report de la livraison du nouveau stade de 50.000 places à Boukhalfa et la mise en stand-by des travaux de réalisation de son centre de formation financé par le groupe Cevital, dès son lancement.

2019 s’est achevée pour la JSK sur de regrettables incidents à Casablanca après la défaite face au Raja (2-0) en Ligue des champions. En effet, Mellal en est venu aux mains avec des supporters du club devant l’hôtel où avait élu domicile l’équipe et une pagaille générale s’en est suivie.

La direction kabyle a décidé de déposer plainte contre une quinzaine de supporters qui, pour elle, « ont été envoyés au Maroc dans le but d’agresser et de déstabiliser la JSK ».