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Selon l’économiste Yacine Merzougui: «Ould Kaddour a signé des contrats contraires aux intérêts de l’Algérie»

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L’économiste Yacine Merzougui a signé une contribution dans la presse ou il évoque dix remarques pertinentes dans la nouvelle loi sur les hydrocarbures notamment celles liées à ce qu’il appelle les «extensions maquillées» pour contourner la loi en vigueur.

Selon lui, l’ex PDG Ould Kaddour a signé, en une année et demie et en dehors de tout cadre légale, «des contrats contraires» aux intérêts de l’Algérie «Le plus impressionnant est celui de TFT (Tin Foué Tabenkort, en association avec Total) auquel on a indexé le périmètre d’Irg Issouène qui était détenu par la tunisienne Medex.

Là, Ould Kaddour a réellement bradé les richesses du pays pour gagner la sympathie de la France Ould Kaddour a également signé un autre contrat avec BP et Statoil sur le périmètre Tiguentourine qui permet au couple anglo-norvégien de bénéficier d’avantages inestimables. Pour une bagatelle de 500 millions de dollars, BP et Statoil vont bénéficier, sur Tiguentourine, d’une extension de durée qui leur permettra de récolter quelque 4 milliards de dollars que Sonatrach aurait pu empocher toute seule» écrit-il. Pour cet économiste, le plus surprenant est le contrat signé par Ould Kaddour avec ENI sur le conglomérat de Sif Fatima : «Les responsables de Sonatrach, qui avaient le pouvoir de décision, auraient pu dégager la même énergie que celle d’aujourd’hui pour dire Hada Monker et une trahison envers le pays» dit-il.

En effet, Ould Kaddour a signé, avec les italiens de l’ENI, un contrat sur Sif Fatima II, Zemlet El Arbi et Ourhoud II. Sur ces trois blocs, Sonatrach a débourse 700 millions US Dollars en travaux de sismique et de forage.

Dans ce contrat, les responsables de Sonatrach n’ont pas intégré dans la rubrique des coûts récupérables, les dépenses consenties dans la phase recherche et prospection. ENI n’a pris en considération que les 250 millions de dollars dépensés sur la zone d’intérêt uniquement qui contient un potentiel énorme en hydrocarbures.

En second lieu, l’économiste met le rôle de plus en plus grandissant de la France à travers la firme Total dans la récupération des champs pétroliers : «Aujourd’hui, la menace nous provient surtout de la France (Total) qui a racheté les actifs de Maersk et d’Andarko et devient l’actionnaire majeur de Berkine dans les blocs 208 et 404, qui sont considérés comme les plus importants du pays. Quand on sait que les contrats portant sur l’exploitation de plusieurs champs vont expirer en 2022, on devine aisément la masse des pressions que va exercer la France sur le gouvernement algérien afin de les reconduire pour une nouvelle durée.

La France a déjà bénéficié, du temps de Ould Kaddour, de largesses et de cadeaux qu’elle n’a jamais espérées. On parle ici du nouveau contrat de TFT et l’indexation d’Erg Issaouene, ainsi que de la reconversion du contrat de Timimoune et la renonciation à la pénalité de l’Ahnet. Une honte, tout simplement» prévient-il.

Pour préserver ses richesses, dit-il, le peuple algérien «est appelé selon lui «à protéger son nouveau président et tous les responsables du secteur des hydrocarbures. Si nos responsables continuent d’être exposés seuls aux pressions de la France, ils seront dans l’obligation de céder». Reste un point relatif au droit de préemption qui doit absolument être revu dans le sens de la préservation des intérêts de l’Algérie.

 Ainsi, on lit dans l’article 98 du projet de loi: «Le droit de préemption s’exerce aux mêmes conditions et modalités que le transfert projeté». Il s’agit là d’un «début de dérapage» qui «risque d’ouvrir les voies de la tentation» pour les compagnies étrangères, soutient-il.

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