Une note adressée par le ministère des finances à l’ABEF (Association des banques et établissements financiers) sème le trouble au sein de la filière électronique et électroménager.

En effet selon le collectif des fabricants des produits électroniques, Électroménagers et IT & Mobile, cette « note » du ministère qui passe pour être une « injonction » à l’égard des producteurs  comporte des risques qui pourraient s’avérer extrêmement néfastes pour toute la filière déjà en proie à de sérieux problème d’approvisionnement.

«Nous, Collectif des Fabricants de produits électroniques et électroménagers tenons par le présent communiqué, à faire part de nos inquiétudes et à attirer l’attention des pouvoirs publics quant à la situation urgente et alarmante de notre activité d’industrie électronique et électroménager et ceci en relation avec la note adressée à l’ABEF de la part du Ministère des Finances, à savoir la substitution du paiement cash des importations des Kit SKD-CKD par un paiement différé de 9 mois », est-il indiqué signé par le collectif.

Cette mesure, selon ce collectif,  est porteuse de conséquences très néfastes à la  filière, laquelle est forte de plus de quarante (40) fabricants et se caractérise par un enjeu économique et social prépondérant d’autant plus qu’elle a réussi à devenir, au fil des années, un pôle industriel par excellence qui a réussi à rétrécir à néant le champ des importations pour laisser place à un marché à prédominance locale et ouvrir de nouveaux horizons en export.

Les représentants de la filière Algérienne de l’électronique et de l’électroménager citent 7 raisons qui font craindre le pire à savoir :

Risque de cessation de la production début-décembre :

Suite au refus de la grande majorité des fournisseurs de se conformer au nouveau mode de paiement (paiement différé sur 9 mois), la quasi-totalité des opérateurs n’ont pas pu lancer les commandes de matière première et de kits.

Suite à cela un nombre considérable de fabricants algériens se trouve dans l’obligation d’arrêt de production (même si la note sera annulée d’ici début Décembre). L’arrêt de production est inévitable et sursoir cette note peut seulement éviter cet arrêt sur le long terme.

Risque d’augmentation de la facture d’importation des produits électrodomestiques et téléphonie de 7-10% (en devise) :

Un nombre minime de fournisseurs a accepté le nouveau mode de paiement mais ceci avec une hausse du prix variant de 7 à 10% ; selon ces fournisseurs cette augmentation doit couvrir les frais de leurs banques et assurances engendrés par ce type de paiement.

Cette hausse va en conséquence se traduire par une augmentation de la facture d’importation en devise.

Risque de perte ou de manque à gagner aux banques algériennes au profit des banques étrangères :

Car à travers un différé de paiement de 9 mois l’opérateur algérien n’aura plus besoin du crédit d’exploitation auprès de sa banque Algérienne.

Risque de mise au chômage de plus de 40 000 employés qu’emploie l’activité de cette filière :

Quelques opérateurs ont déjà procédé à un plan de compression de leurs effectifs.

Risque de pénurie des produits concernés avec en conséquence une hausse des prix de ces derniers.

Ce qui va impacter d’avantage le pouvoir d’achat des citoyens.

 

Risque de perte en taux de change surtout que la durée est très longue (9 mois)

 Risque de retour au régime d’importation en produit fini :

Si on arrive à cette situation, le risque d’augmentation de la facture du fret maritime peut facilement dépasser les 400 Millions USD, ceci est dû à la multiplication du nombre de conteneurs par 4, voir plus (car en produit fini le conteneur ne peut supporter que 25% du volume en kit).

Le collectif qui sollicite les pouvoirs publics afin de surseoir à l’application de cette note dont les répercussions seront chaotiques, affirme que « ce fleuron industriel risque aujourd’hui d’être complétement ruiné par le retour à l’époque de l’économie de bazar qu’on croyait révolue ».