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Pour rejoindre le lieu où vécut l’ermite, la famille Charles de Foucauld lance un appel pour Tamanrasset

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Les religieux français cherchent des volontaires, religieux ou laïcs, pour renforcer leurs fraternités sur le plateau de l’Assekrem et à Tamanrasset, dans le Sud algérien. L’appel est original mais il pourrait séduire des disciples du frère universel : «Les Petites Sœurs du Sacré-Cœur de Tamanrasset, et les Petits Frères de Jésus de Tamanrasset et de l’Assekrem lancent un appel à tous les laïcs, religieuses, religieux ou prêtres, qui pourraient se rendre disponibles pour venir vivre avec eux dans ces deux lieux du Sahara algérien, où a vécu Charles de Foucauld», écrivent-ils dans un texte commun. Dès les années 1950, les frères et les sœurs de la Famille du religieux Charles de Foucauld ont voulu revenir et s’installer là où ce dernier a vécu durant ses dernières années de sa vie d’ermite.

Le 25 octobre 1901 Frère Charles de Jésus arrive et s’installe à Béni Abbès où est donnée la première messe. Le 25 juin 1905 il rencontre l’amenokal (chef de tribu) Moussa Ag Amastame qui décide de faire alliance avec l’autorité française. Tous deux s’apprécient mutuellement et de leur rencontre naît une amitié profonde. Moussa Ag Amastame autorise ainsi Charles de Foucauld à s’installer dans le Hoggar. Foucauld part et découvre Tamanrasset, à 1600 km d’Alger et 40 du Fort Motylinski où il s’installe et va vivre jusqu’à sa mort.

C’est à Tamanrasset qu’il voulait faire entrer la vérité en ces contrées dépourvues de prêtres chrétiens. Il ne s’impose pas mais demande l’aumône et accueille chez lui tous ceux qui viennent frapper à sa porte. Il lutte contre l’esclavage encore en vigueur et forme avec les esclavagistes une petite communauté dans l’église primitive.

Il mènera une vie de Touareg. De juillet 1907 à Noël 1908 la famine touche le Hoggar, Charles doute de son efficacité car il ne peut plus dire la messe étant seul, sans servant, il n’a pas fait de conversions et est profondément seul. Il donne sa nourriture aux victimes de la famine, et passe Noël sans célébrer la messe.

Le 7 janvier 1908, épuisé et amaigri, il ne peut plus bouger, c’est alors qu’il est sauvé par les Touaregs qui lui donnent, en pleine famine, du lait de brebis. Le 1er décembre 1916 c’est dans le fortin, construit pour protéger la population des incursions d’éléments marocains et libyens, qu’El Madani, qui se disait son ami, laisse pénétrer les hommes d’un «rezzou» des Senoussites à la recherche d’armes et qui pensaient en trouver à l’ermitage.

Charles de Foucauld est trainé hors du bordj, refuse d’abjurer sa foi. L’arrivée de deux tirailleurs algériens surprend les Senoussites qui paniquent et l’adolescent, chargé de sa garde, l’abat d’un coup de fusil.

Son cadavre, dépouillé de ses vêtements, est enterré dans le fossé du Fort par Paul Embarek, le jeune esclave noir qu’il avait pu racheter et qui vivait avec lui. En 1929 l’autorité religieuse fera transférer ses cendres à El Goléa, mais maintiendra son cœur à Tamanrasset. Il repose dans un caveau à 2 km d’El Goléa, près de l’ancien village chrétien de St Joseph.

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