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Radio nationale : le personnel dénonce la censure

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Après quelques mois d’une relative accalmie et une certaine liberté de ton, les journalistes de la radio nationale publique qui regroupe toutes les stations sont montés une nouvelle fois au créneau pour dénoncer la «censure» dans le traitement de l’information. Dans un communiqué rendu public ce mardi, le collectif a constaté que les couvertures des événements liés au mouvement populaire sont «scrupuleusement surveillées, écoutées, les papiers diffusés, sont repris, censurésLa liberté de la presse est un principe fondamental que nous refusons de nous voir confisquer» selon le communiqué, précisant que «notre radio n’est la chasse gardée d’aucun pouvoir, mais au service public exclusif». 

Les journalistes et techniciens de la radio estiment qu’il «est de notre devoir d’informer(…) et d’accompagner ce mouvement dans son évolutionIl est illusoire de parler de service public sans accès à une information transparente justes et impartiale» écrivent-ils encore. Aussi le collectif considère qu’il est «impératif que notre média soit à l’avant -garde de ce qui se passe dans le pays », pour assumer «notre responsabilité d’informer et d’éclairer l’opinionDésormais, toute consigne interdisant le traitement des informations devra être signée par le directeur de l’information, de la chaîne ou de la direction générale. L’opinion a le droit de savoir qui lui refuse l’accès à l’information», précisent-ils.

De même que le collectif exige que «la liste des personnes non autorisées à être diffusées ou invitées soit dans la plus grande transparence afin que l’opinion en soit informée». Les journalistes de la radio veulent que les «manifestations, arrestations, slogans, (hormis ceux qui sont insultants, qui portent à l’intégrité, à la vie privée, qui incitent à la haine….) doivent être traités, couverts et les responsables d’éditions ainsi que le personnel de l’antenne, soutenus dans leurs démarches». Pour ce faire, le collectif prend à témoin les responsables de la radio nationale ainsi que l’opinion publique, «qu’en cas de sanctions ou de pressions exercées» sur les journalistes et l’ensemble du personnel directement ou indirectement concernés, journalistes, réalisateurs, producteurs, animateurs, «nous nous réservons le droit d’envisager un durcissement de nos actions, jusqu’à observer une grève collective illimitée». 

La montée au créneau du collectif de la radio nationale intervient au moment où le ministre de la Communication, Hassan Rabehi sort la menace d’une possible sanction sur les journalistes qui n’observeraient «une stricte neutralité» lors de la campagne électorale pour les présidentielles du 12 décembre prochain.

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