L’Algérie pourrait avoir recours à l’endettement extérieur pour le financement de ses projets, selon le ministre des Finances Mohamed Loukal, lequel affirmé que l’Algérie «ne sollicitera pas le FMI pour financer, mais plutôt les institutions financières internationales et africaines dont elle est membre». A la question de savoir si l’Algérie allait recourir dès 2020 aux financements extérieurs pour financer ses projets d’investissement, le ministre a souligné que le recours à ces financements, autorisé par le projet de loi de finances pour 2020, «nécessite un peu de temps pour être applicable. Après la promulgation de la loi de finances de 2020, il y aura un texte d’application qui précisera les modalités pratiques de ces financements. Cela prendra quelques mois. Ce n’est à partir de 2021 qu’on peut s’attendre à une application effective de cette mesure», a-t-il expliqué.

L’Algérie optera cette fois-ci pour les institutions financières internationales et continentales où elle est déjà membre en l’occurrence la Banque africaine de développement (BAD), a affirmé le ministre :«Il a été également décidé de diversifier les sources de financement de l’économie à travers un éventuel recours, de manière sélective, au financement extérieur auprès d’institutions financières internationales de développement en vue de financer les projets économiques structurels et rentables» dit-il. Pour financer le budget de 2020, qui table sur un déficit équivalent à -7,2% du PIB, le gouvernement «ne compte pas recourir au financement non conventionnel, introduit pour la période 2017-2022, ni sur les financements extérieurs mais compte puiser dans les ressources internes ordinaires» dont dispose le pays.

Le ministre des Finances, Mohamed Loukal, a rassuré quant à la «capacité du gouvernement à couvrir les dépenses budgétaires en puisant dans les ressources internes ordinaires du pays, en rationalisant davantage les dépenses, en renforçant l’ingénierie financière, en élargissant l’utilisation des nouvelles technologies et en réactivant l’efficacité de l’appareil fiscal». Revenant sur les principales dispositions juridiques et fiscales proposées Loukal a indiqué qu’il s’agit notamment de «mesures incitatives et des facilités d’ordre fiscal au profit des start-up qui activent dans le domaine de l’innovation et des nouvelles technologies et leur exonération de l’impôt sur les profits et de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), en vue de les accompagner pendant la phase de lancement et de garantir, par la suite, leur développement».

Aussi, il été proposé la création de quatre types de zones industrielles sur le territoire national qui seront des incubateurs pour les start-up, ainsi que pour les autres investissements, avec des avantages financiers et fiscaux incitatifs. Et afin d’améliorer le climat des affaires et l’attractivité de l’économie nationale, il a été procédé à la levée des contraintes énoncées dans le cadre de la règle 49/51%, appliquée sur les investissements étrangers en Algérie, concernant les secteurs non-stratégiques.