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30e vendredi de contestation : Mobilisation intacte et maintien caractère pacifique des manifestations

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Le 30e acte de contestation qui coïncide avec un vendredi 13, s’est déroulés dans un contexte particulièrement tendu.

L’emprisonnement du coordinateur de l’UDS, Karim Tabbou, les inondations d’Alger, le dernier discours du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah et les préparatifs du gouvernement pour l’organisation d’une élection présidentielle avant la fin de l’année, ont déteint de manière manifeste sur cette énième mobilisation qui montre ouvertement que le mouvement populaire du 22 février tient toujours à ses revendications du début.

Après sept mois de contestation pacifique marqués, notamment, par le départ du président Abdelaziz Bouteflika et le feuilleton d’arrestation de la majorité des symboles et oligarques de l’ancien système, le peuple continue de plus belle à exiger le départ et le changement radical du système.

La feuille de route mise en avant par le pouvoir et de l’instance du dialogue pour surmonter la crise actuelle, est rejetée par les « Hirakistes » qui y voient une sorte de « bouche-à-bouche » pour réanimer le système déchu. Comme preuves de cette volonté du pouvoir à pérenniser l’ancien système, les « Hirakistes » citent le verrouillage médiatique, la non-satisfaction des mesures d’apaisement sollicitées par le panel du dialogue, la répression et les arrestations visant les acteurs politiques et associatifs…ect.

La situation actuelle est jugée par le « Hirak » comme porteuse de lourdes menaces sur l’avenir de la démocratie et des droits de l’homme en Algérie. Aussi restent-ils mobilisés et déterminés pour déjouer toute tentative de détournement de la volonté populaire.

Aujourd’hui, en dépit des impressionnants dispositifs sécuritaires mis en place dans certaine ville du pays, des milliers d’Algériens et d’Algériennes sont sortis en masse dans plusieurs wilayas du pays pour crier leur refus de la politique du fait accompli.

Pour les manifestants, la volonté du peuple algérien doit primer et aucune force ne doit s’y opposer. « Blad, Bladna, n’dirou rayna » ( L’Algérie est notre pays, tout doit fonctionner selon la volonté populaire » répète-on, dans ce sens, à l’envi à travers tout l’Algérie.

Ulcérés jusqu’à la nausée par les pratiques de l’ancien système, les manifestants se disent déterminés à ne lui laisser aucune pour se régénérer.

Les slogans brandis en ce 30e vendredi de mobilisation à travers le pays, destinés pour certains au ministre de la défense rappellent, dans ce cadre, de façon claire les exigences de la rue : libération des détenus d’opinion et instauration d’un état de droit à travers une période de transition démocratique.

«  Dawla madania, machi âaskaria »,  « Allah akbar, Karim Tabbou », « Assa azekka,Karim yella yella », « Libérer les détenus d’opinion », « Les généraux à la poubelle, El Djazaïr teddi el istiqlal », «  On a marre des discours des casernes !» , « ulac ulac lac lvot ulac !», «  Pouvoir assassin !», « Silmiya silmiya houkouma irhabia !», « Pour l’unité nationale, à bas le régionalisme ! »…

Ces slogans et bien d’autres pétris dans la même pâte ont retentis dans plusieurs villes du pays. En dépit des tensions qui ont marqué ce 30e acte de mobilisation, et les dizaines d’interpellations enregistrées à Alger dont un député du RCD, les manifestations se sont déroulées, faut-il le signaler, dans toutes les villes du pays (Mostaganem, Constantine, Jijel, Biskra, Tizi-Ouzou, Bejaia… de façon pacifique et quasi-familiale.