La commission nationale juridique de l’instance de dialogue et de médiation coordonnée par Karim Younes s’est réuni ce samedi 7 septembre, pour étudier les propositions recueillies suite aux consultations menées avec les partis politiques, associations et personnalité nationales. Le coordinateur général de l’Instance a fait savoir que le rapport final de la commission est prêt à être soumis au chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah.

Une rencontre entre les deux personnes est prévue ces jours-ci annonce-t-on encore. Le chef de l’Etat va-t-il s’appuyer sur le rapport pour annoncer la convocation du corps électoral pour le 15 septembre comme le lui a suggéré le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense nationale, le général de corps d’armée Gaid Salah ? Ou fera-t-il abstraction de cette injonction et faire cavalier seul ?

Karim Younès a dévoilé une partie des conclusions contenues dans le rapport final notamment celles relatives au code électoral. Il ne sera désormais plus obligatoire de récolter 600 signatures individuelles de la part d’élus et le candidat à la présidentielle devra être titulaire d’un diplôme universitaire.

Le rapport, selon les déclarations de Karim Younès, est une synthèse des rencontres de la commission avec 23 partis politiques et plus de 6075 personnalités et associations qui ont formulé des propositions de sortie de crise.

Le rapport en question est assorti de deux propositions phares, la première concernant l’autorité en charge de l’organisation, de la surveillance et de la proclamation des résultats du scrutin et la seconde des propositions de l’amendement de la loi organique relative aux élections dans le chapitre consacré à la présidentielle.

Mais la fin de mission du panel s’achève avec la démission d’une personnalité qui a décidé de lever le voile sur cette instance de dialogue. Dans un post publié sur sa page Facebook, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Aziz Derouaz, a annoncé sa démission du panel de dialogue alors qu’il était membre du «comité des sages».

Derouaz a dénoncé la mise à l’écart du conseil consultatif : «J’ai été surpris de prendre connaissance du contenu d’un projet de texte de loi élaboré par l’Instance de dialogue et de concertation concernant la création d’une commission d’organisation et de contrôle des élections, transmis aux acteurs politiques et de la société civile, sans que les membres du conseil consultatif créé par la dite instance, et dont je suis sensé faire partie, n’en prenne connaissance», a-t-il écrit.

«Au-delà du contenu de ce texte, que je ne partage pas, c’est d’abord le procédé qui me choque, dès lors que ladite commission, selon les informations qui nous ont été données lors de son installation, a été créée à l’effet de mettre l’expérience, la crédibilité et/ou la sagesse de ses membres au service d’une cause politique majeure, et que dès lors, l’absence de concertation rend caduque le rôle et l’existence du dit conseil», a ajouté l’ancien ministre.

«Sans m’étaler sur le contenu de ce texte dont j’attends la publication officielle pour en faire les commentaires qu’il me semble nécessaire de porter à la connaissance de celles et ceux qui peuvent s’intéresser à mon avis, j’informe l’opinion publique que je n’ai plus d’attache, ni directe, ni indirecte avec l’instance de dialogue et de concertation», a-t-il poursuivi.