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Dérapage verbal de Belmadi à l’encontre des chaînes sportives

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Il se voit déjà le plus beau, le plus intelligent et le plus apte à donner des leçons à tout le monde. Cette personne est le sélectionneur national, Djamel Belmadi, tout auréolé de sa victoire la dernière CAN d’Egypte. Non content d’avoir mis sous la poche le président de la FAF qui lui obéit au doigt et à l’œil, Belmadi se permet d’insulter la presse audiovisuelle du pays qui fait son travail-quoique qu’on n’est toujours pas d’accord avec ses analyses- en toute liberté et en toute transparence. Les observations de Ali Bencheikh sur El Heddaf TV sont pertinentes et parfois courageuses. Elles sont un peu ce que l’air est à l’être humain.

Parfois il se trompe mais très rarement. Accuser ces chaînes sportives d’être des «criminels» parce que certaines d’entre elles ont osé critiquer certains choix tactiques ou le positionnement des joueurs c’est réellement méconnaître le rôle et la mission d’un consultant TV. Il est là pour voir des choses que le commun des mortels ne voit pas souvent. A charge pour le téléspectateur de valider ou non ces «observations». 

Et ce n’est pas au sélectionneur national de dicter ou de suggérer une «ligne éditoriale» à une chaîne TV et encore moins à les accuser publiquement comme il vient de le faire aujourd’hui lors de sa conférence de presse. Le célèbre joueur feu Johann Cruijff n’hésitait jamais à pendre sa plume pour critiquer dans un célèbre quotidien catalan les choix de l’entraîneur du FC Barcelone lorsqu’il estimait que le jeu ne cadre pas avec la philosophie de jeu prôné par le club. Et personne ne trouvait à redire.

Ce qu’a fait Belmadi relève de la schizophrénie doublée d’une haute estime de soi. Pense-t-il sérieusement qu’il est le seul a même de décortiquer, d’analyser ou de commenter une rencontre sous tous ses aspects.

Ali Bencheikh qui fût l’un des meilleurs joueurs algériens use d’un langage parfois cru qui ne plaît pas le plus souvent à tout le monde. Est-ce pour autant qu’il n’aime pas le joueur ou l’équipe qu’il a «vitriolé».  L’exemple de Attal qui a remercié l’ancien joueur du Mouloudia lorsque Benchekh lui a gentiment conseillé d’entrer directement dans la surface de réparation au lieu de continuer sa course jusqu’au poteau de corner est à méditer. C’est un conseil d’un joueur extrêmement intelligent. Ses critiques envers Mahrez sont largement justifiés. Son jeu l’année dernière n’était pas aussi vif et tranchant que celui d’aujourd’hui.

Il remettait souvent le ballon en arrière pour un attaquant acheté au prix fort et censé aller de l’avant distribuer des passes ou marquer des buts. Cette année, le jouer de Man City a changé son jeu : il est plus porté vers l’attaque.

Et le résultat est là. Mahrez est redevenu le joueur de Leicester qui fonçait droit vers le but et n’hésitait pas à aller fixer les défenseurs. Ces accusations de Belmadi qui ont probablement dépassé sa pensée ne doit plus se reproduire.

La FAF doit le remettre à sa place. La liberté de la presse est un acquis que personne n’ose aujourd’hui remettre en cause. Les chaines sportives continueront à faire leur travail et le Belmadi le sien.