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Mensonge sur les retraités centenaires ayant travaillé en France

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Le mythe d’un nombre important d’Algériens qui, ayant ­travaillé en France, seraient ­devenus immortels à leur retour en Algérie resurgit ­régulièrement dans le débat public. Cette fois ci c’est la députée Valérie Boyer qui revient à la charge en dénonçant une «fraude sociale» concernant le niveau élevé de retraités «de plus de 100 ans» en Algérie qui percevraient une pension française.

Cette affirmation qui ne repose sur aucune donnée concrète, revient pourtant sans cesse au-devant de la scène politique en France : «Quand on a en Algérie une part des retraités très importante qui ont plus de 100 ans, on peut se poser la question. Il s’agit d’une fraude sociale», a dénoncé à l’Assemblée nationale française Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône.

Évoqué pour la première fois par la présidente de la 6e chambre de la Cour des comptes ­Rolande ­Ruellan, qui s’interrogeait en 2010 sur «l’étonnante longévité des ressortissants algériens bénéficiant d’une retraite française en Algérie».

La caisse de retraite vieillesse (CNAV) est formelle : au 31 décembre 2018, 742 centenaires algériens percevaient une pension de retraite française, soit 0,19% de tous les retraités algériens affiliés à notre système. La France recensait à la même date 13.584 pensionnés centenaires, soit 0,1% de l’ensemble des retraités.

En France, la part de centenaires est plus faible depuis 2015, indique-t-elle. C’est lié au déficit de naissances lors de la ­Première Guerre mondiale, déficit que n’a pas connu l’Algérie, explique la CNAV.

Les classes d’âge de 100 à 102 ans correspondent fin 2018 à des naissances de 1916 à 1918, donc à des générations peu nombreuses dans notre pays. En 2012, 2013 et 2014, la proportion de centenaires parmi les retraités en France et en ­Algérie était la même : 0,14%» ajoute-elle. Les travailleurs algériens immigrés en France peuvent désormais bénéficier d’un avantage exceptionnel en termes des droits sociaux et de versement des pensions.

Depuis le 1er juillet 2019, un nouvel amendement est officiellement entré en vigueur en France, rétablissant le droit à la portabilité de la couverture de la sécurité sociale, sans condition de résidence pour les immigrés retraités. L’Assemblée nationale française a adopté une extension de la prise en charge des frais de santé des Chibanis qui s’inscrit dans le cadre du projet de budget de la sécurité.

Les immigrés algériens en âge de retraite peuvent donc enfin bénéficier de leurs droits, au même titre que leurs homologues de nationalité française, auprès du Centre national des retraités français de l’étranger (CNAREFE). Jusque-là, les retraités algériens étaient obligés d’être résidents en France ou de rentrer tous les six mois de leur pays d’origine dont ils ont la nationalité, afin de bénéficier de leurs droits sociaux. Aujourd’hui, ils peuvent désormais s’installer dans leur pays d’origine sereinement sans risquer de perdre leurs droits à la sécurité sociale.

La France prendra désormais en charge leurs frais sociaux même s’ils résident en dehors du territoire national français. Au total, ce sont plus de 330.000 personnes qui sont concernées parmi les 750.000 Chibanis titulaires d’une pension vieillesse française. Pour bénéficier de la couverture de la Carte Vitale CNAREFE, les Chibanis doivent d’abord disposer d’une pension de retraite et d’un titre de séjour valide et carte de séjour retraite comprise.