L'info c'est ici

Arrestation de Louisa Hanoune: Le PT et la LADDH dénoncent

134

Le parti des travailleurs, à travers son Secrétariat permanent du Bureau politique (SPBP), réagit  suite à l’arrestation de Louisa Hanoune, Secrétaire générale du parti, mise en détention provisoire par le Tribunal militaire de Blida ce jeudi après avoir répondu à une convocation du juge d’instruction comme témoin. Le PT, à travers un communiqué rendu public aujourd’hui, appelle « à l’abandon de toutes les charges retenues contre elle et à sa libération inconditionnelle. »

« Tous les Algériennes et Algériens savent que le Parti des travailleurs a combattu depuis sa fondation en 1990 pour l’Assemblée constituante souveraine pour l’avènement de la démocratie véritable et pour la souveraineté populaire. Il n’a jamais dévié de cette ligne directrice de sa politique», indique le parti dans le communiqué. Pour le PT, « c’est une dérive gravissime, un acte de criminalisation de l’action politique indépendante et l’expression d’une volonté de mise au pas des militants et activistes par le pouvoir de fait. Il s’agit là d’une mesure contre le peuple algérien et sa mobilisation révolutionnaire entamée depuis le 22 février 2019 ».

La parti explique ce qui est reproché à Louisa Hanoune à travers cette arrestation en précisant dans le même communiqué « C’est pourquoi le Parti des travailleurs, fidèle à sa politique s’était prononcé contre le cinquième mandat de A. Bouteflika, a décidé de faire démissionner son groupe parlementaire de l’Assemblée populaire nationale et s’est exprimé contre toutes les manœuvres visant à contourner la révolution populaire exigeant le départ du système dont la prétendue transition qu’ils veulent faire déboucher sur la présidentielle du 4 juillet 2019.

Le PT appelle « toutes les Algériennes et à tous les Algériens, à ceux qui partagent ou non nos positions, pour s’opposer à cet acte anti-démocratique qui est dirigé contre la révolution du 22 février »,

Par ailleurs la ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), met en garde contre toute velléité d’avortement de la mobilisation populaire pacifique qui a suscité de l’espoir et a permis au peuple de renaître. « Tout coup de force ou tentation d’utilisation de la force contre le peuple pacifique ne fera qu’aggraver la situation et enfoncer le pays dans l’irréparable », indique la LADDH dans un communiqué.

Pour la ligue ce mouvement, qui s’est exprimé dans la communion nationale patriotique et pacifique sans faille, à la onzième semaine, n’a fléchi à aucun moment dans sa détermination d’aller vers une nouvelle république en rupture avec le système en place, de ses symboles et ses pratiques, malgré, dit-elle, toutes les tentatives d’empêchements, d’interdictions des marches et rassemblements pacifiques sur fond de manipulations tout azimut, de division du peuple algérien et de diversion de la lutte contre la corruption au nom d’une justice qui n’est pas encore affranchie, et d’un système encore otage des luttes claniques, où l’armée s’apparente au pouvoir réel, au vue des sorties répétés de son chef d’état-major, le général Gaïd Salah, qui rythme la cadence politique.

« Le système en place, en s’accrochant à son offre dans le cadre de la Constitution à travers ses articles 102 et 104, malgré le rejet massif de cette offre par la classe politique et civile, s’enfonce de plus en plus dans la crise », indique-t-on en poursuivant : «  Et voilà encore, de jour en jour, les doutes se dissipent, le forcing se précise, plus clairement encore aujourd’hui avec le discours de Ben Salah, chef provisoire de l’Etat ».

L’armée se dressera-t-elle contre la volonté du peuple ? s’interroge la LADDH qui interpelle le « pouvoir réel incarné par l’armée à se mettre du côté du peuple, et à aider à la transition qui sera gérée par des institutions fortes issues d’un large consensus dans la société ».

La LADDH se dit convaincue que la solution ne sera que politique hors cadre de la Constitution, appelle la société à s’organiser davantage, à sauvegarder ses acquis et à aller vers un large consensus national qui regroupera l’ensemble des acteurs de la société civile et politique, des acteurs du mouvement. Elle appelle, en outre, le peuple à demeurer mobilisé toujours dans le cadre pacifique, et uni jusqu’à la satisfaction de ses revendications : à savoir, le départ du système et l’amorce de la transition politique vers la nouvelle république démocratique, sociale et civile.