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Djamel Ould Abbes et Said Barkat auditionnés par la justice

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Djamel Ould Abbes et Said Barkat, deux anciens proches du président déçu Abdelaziz Bouteflika et Said Barkat ont été auditionnés par la justice et devront être poursuivis dans les jours à venir pour dilapidation de deniers publics.

La commission juridique du Sénat devrait se réunir demain dimanche 21 avril pour statuer sur deux demandes émanant de la justice : la levée de l’immunité parlementaire de Djamel Ould Abbes et Said Barkat, deux anciens ministres qui siègent en tant que sénateurs du tiers présidentiel.

La justice a saisi le Bureau du Conseil de la nation sur ces deux dossiers. Après une réunion, le Bureau a décidé de saisir à son tour la commission juridique. Si cette dernière juge la demande émanant de la justice recevable, elle convoquera une séance plénière pour voter la levée de l’immunité parlementaire.

Les deux ministres sont poursuivis dans le cadre de la même enquête sur des détournements de fonds au sein du ministère de la Solidarité nationale qu’ils ont dirigés. L’enquête avait été menée par l’Office central de répression de la corruption (OCRC) qui a été dissoute fin 2018 dans le sillage des enquêtes menées contre plusieurs hauts responsables.

L’ex- SG du FLN avait occupé le poste de ministre de la Solidarité durant plusieurs années. Pour le cas de Saïd Barkat, qui a occupé le poste de ministre de l’Agriculture de 2000 à 2008, sous Benbitour, Benflis, Belkhadem et Ouyahia, il est question de la gestion catastrophique des 340 milliards de DA affectés au Plan national de développement agricole (PNDA).

L’ex SG du FLN, Amar Saadani est lui aussi impliqué pour avoir bénéficié de 300 milliards de centimes sans avoir recouru au moindre investissement agricole. Réputé pour sa proximité avec Bouteflika, Saïd Barkat s’est servi librement de cette enveloppe financière.

Soixante-dix (70%) des aides destinées aux 14 wilayas du sud ont été orientées vers la seule wilaya de Biskra d’où il est originaire. Saïd Barkat, aura à répondre de l’affaire des avions loués pour une période de 90 jours, à raison de 36 000 euros par jour, qui n’ont jamais décollé.

Pour le cas de Djamel Ould Abbes, c’est son fils et sa fille qui ont profité de sa proximité avec le clan Bouteflika. Le fils de l’ex SG du FLN, El Wafi Fouad El Bachir Ould Abbès, a obtenu des facilitations de la part de la banque publique la BADR. En effet, selon nos documents, le 17-05-2014, le fils de l’ex SG du FLN a décroché un crédit bancaire auprès de la BADR d’Ain Bénian pour financer l’acquisition de son bateau de pêche par l’une de ses diverses entreprises, la SARL Dauphin Bleu.

Le crédit consenti au départ dépasse les 32 millions de DA. El Wafi Ould Abbès a présenté à la BADR une hypothèque d’une valeur qui dépasse les 78 millions de DA. En 2005, la BADR débloque un premier montant de 10 millions de DA, 13 millions de DA le 30 juin 2006 et 10 millions de DA le 7 mai 2006.

En 2011, il bénéficie de 3 rééchelonnements avec à chaque fois un nouveau tableau d’amortissement. Le fils d’Ould Abbès a bénéficié d’une opération consistant à modifier les modalités de remboursement de son crédit en réduisant le montant des mensualités et en allongeant la durée de remboursement.

La BADR lui a accordé un traitement de faveur au moment où les autres petits entrepreneurs, des simples fils du peuple, sont poursuivis et harcelés judiciairement parce qu’ils rencontrent des difficultés pour rembourser leurs crédits au bout de 5 ans.

La BADR débloque encore un autrement de financement de 22 millions de DA en 2009. Entre 2011 et 2016, d’autres déblocages seront réalisés par la BADR et plusieurs rééchelonnements seront effectués.  En 2017, le fils d’Ould Abbès n’a pas remboursé la totalité de son prêt et lui reste encore à payer l’équivalent de 25 millions DA. Et il dispose d’un délai qui court jusqu’en…2022.