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Libérer le peuple de la guerre des clans

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Le gouvernement Bedoui, indésirable, comme le chef de l’état et le président du conseil constitutionnel, les élections présidentielles dans 90 jours sont discrédités et rejetées, donc impossible à organiser.

Démettre le gouvernement et les autres c’est déjà accepter le principe de sortir du piège du 102 et d’une solution politique hors cadre constitutionnel. La question qui le fera et qui sera le vrai interlocuteur ? , il est clair que Gaid Salah à la tête de l’armée se positionne déjà comme le vrai pouvoir, il est déjà interpellé par la rue.

L’armée est-elle prête à accompagner le processus de transition démocratique en respect de la volonté populaire ou sera t-elle prête aussi à prendre le risque de se dresser contre le peuple et de continuer le coup de force avec tout les risques que ça comportent.
Le départ du gouvernement Bedoui, du DGSN, et des autres symboles du système ne signifie pas le départ d’un clan pour renforcer un autre. La vraie transition c’est celle qui doit permettre au peuple de se libérer des guerres de clans qui sont en réalité les deux faces du même système. La transition doit permettre d’organiser le départ du système pacifiquement et la passation du pouvoir au peuple seul source du pouvoir.

Le peuple doit exercer sa souveraineté, la transition démocratique et pacifique doit être gérée par le peuple à travers des institutions de transition fortes et consensuelles où les représentants du mouvement, de la jeunesses, des femmes, du mouvement social, de la société civile et politique autonomes doivent avoir la possibilité de participer.

La transition sera celle qui devra à terme, redresser le pays, lui permettre de se remettre sur rails pour pouvoir fonctionner normalement, auto gérer ses contradictions, s’auto-réguler.
Dans ce cadre le passage à un nouveau ordre constitutionnel est un impératif, une constitution universelle balise et garde-fou avec des clauses inaliénables inhérentes au respect des fondamentaux qui sont les droits humains, la démocratie, l’égalité homme/femme et la plénitude citoyenne, la non discrimination et le vivre ensemble. Cela est un effort qui doit traduire ce qui a été réalisé par le peuple Algérien dans sa diversité dès le 22 février 2019.

Le peuple a retrouvé son union, il a reconstruit son consensus dans la rue face au système, ce consensus on le constate chaque vendredi surtout à Alger la capitale de tou-te-s les Algérien-ne-s, on retrouve dans les marches dans un esprit de cohabitation et de tolérance malgré certains incidents; les drapeaux national et Amazigh, les enfants du peuple de toutes les régions du pays et de toutes les wilayas, des pancartes en toutes les langues, des femmes voilées et non voilées, des militants de tous bords de l’islamiste, du laïque, démocrate, de gauche, de droite,… En tout des marches arc en ciel qui traduisent chaque vendredi la diversité du peuple Algérien : culturelle, linguistique, politique et religieuse. C’est ça l’Algérie de 2019.
Que faire de toutes ces expressions, les taires , les niveler, les exterminer, oui c’est ce qui s’est fait par le système en place depuis l’indépendance alors que dans une vraie démocratie, c’est au contraire: mettre le cadre pour permettre à toutes les contradictions de la société toutes normales, de s’exprimer mais surtout s’exercer dans le respect de l’autre, la tolérance et la diversité ou chaque personne se sentira chez lui et protégé par son état et par le droit. C’est le sens même de la citoyenneté.
« L’unicisme » érigé depuis des décennies, en doctrine par le système nous a mené droit au mur.
Aujourd’hui à l’occasion de ce mouvement historique, en 2019, nous avons besoins d’acter et de pacter ce moment, la jeunesse qui représente l’essence de ce mouvement doit dire son mot avec ces paroles aujourd’hui, elle doit laisser son empreinte.

D’où ma proposition d’un nouveau pacte national, qui doit se ressourcer de notre histoire, notamment la déclaration du 1er novembre et la plate forme de la Soummam que certains tentent d’opposer pour encore bloquer l’émergence de ce pacte.
Aujourd’hui nous pouvons dépasser ce contentieux, nous pouvons à partir de nos expériences malheureusement douloureuses et traumatiques de la décennie Noir, du printemps Noir, et puisant de la force de nos luttes, amorcer ce nouveau départ qui donnera naissance à l’Algérie nouvelle.
Une Algérie des libertés, de la diversité réconciliés avec son histoire, ses enfants et tournée vers l’avenir surtout vers l’avenir.
Au sujet de ce moment justement charnier, nous devons démarrer avec ce qui est déjà réalisée, aujourd’hui les avancées réalisées ne doivent pas être remises en cause, alors qu’elle ont déjà fait consensus à savoir: les droits des femmes déjà arrachées, le statut de Tamazight et toutes les avancées arrachées dans ce domaine, les questions des libertés religieuses, de culte et de conscience, les droits humaines,

Said SALHI vice-président de la ligue Algérienne de défense des droits de l’homme