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Achaibou charge l’ex ministre de l’Industrie Abdesslem Bouchouareb: «Il a favorisé le groupe français Renault»

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Le patron groupe Elsecom, Abderrahmane Achaïbou a volontairement chargé ce lundi sur les ondes de la chaine III de la radio nationale l’ex ministre de l’Industrie Abdesslem Bouchouareb d’avoir fait profiter le constructeur automobile Renault aux dépens des autres constructeurs.

Avançant le chiffre de 3,7 milliards de dollars dépensés pour 180.000 voitures importés à son époque, Achaiboul impute cette «gabegie» à «l’ère de Bouchouareb», l’ex-ministre de l’Industrie, qui en son temps, rappelle-t-il, «n’avait fait bénéficier les activités de montage qu’à une seule entreprise, en l’occurrence l’entreprise Renault» dit-il.

Selon le patron le membre fondateur de l’Association des constructeurs et concessionnaires automobiles, les activités de montage de véhicules «ne sont en rien profitables à l’économie nationale», assène M. Abderrahmane Achaïbou. Il en veut pour preuve «le manque à gagner» causé au Trésor public par ces types d’opérations, en même temps que «les prix prohibitifs auxquels sont cédés ces véhicules».

Expliquant en quoi les montages de véhicules ne sont pas rentables, l’intervenant explique que ceux-ci «sont montés puis démontés par leurs fabricants puis ensuite remontés en Algérie, engendrant autant de surcoûts». Il signale, par ailleurs, que le cahier des charges, datant de 2015 et relatif à l’importation de véhicules neufs, «amendé deux mois après», permettait, sous des prétextes de sécurité, de rajouter pour environ 1.500 dollars d’équipements, «pas nécessairement indispensables» sur ces derniers, a-t-il précisé contribuant ainsi à augmenter d’environ 40% leurs coûts : «Si nous avions fait en sorte d’utiliser rationnellement les 3,7 milliards de dollars consentis auparavant, nous aurions pu importer 300.000 automobiles et protéger, en même temps, les 100.000 emplois, perdus depuis.  Face à la crise économique à laquelle est confrontée l’Algérie» il a  proposé pour les besoins d’économie, «de stopper l’importation et le montage de véhicules de grosse cylindrée et autres 4/4, en échange de chacun d’entre eux, il est possible, selon lui, de ramener trois automobiles» a-t-il tenu à préciser. Résident en France et cela depuis 1997 l’ex ministre est propriétaire à Paris d’un bel appartement sur les bords de la Seine.  Profitant de la position de ses frères, il obtient un terrain industriel dans la périphérie algéroise et une licence d’investissement auprès de la chambre nationale du commerce pour la réalisation d’une unité de fabrication de pomme mousseline et de chips. Grâce à la pomme mousseline et aux chips, Abdessalem Bouchouareb s’est tissé un réseau relationnel dans le monde des affaires et de la politique. Embarqué dans la politique grâce à son nouveau réseau relationnel et ses sponsors, il confie la gestion de son usine de chips à son frère Haïder. Les relations avec le monde des affaires, du syndicat et de la politique ouvraient une voie royale à Bouchouareb pour être parmi les cadres dirigeants du RND. La casquette du parti lui permet de briguer de nombreux mandats de député à l’APN et d’effectuer une entrée fracassante dans le monde politique en se faisant bombarder ministre de l’industrie en 1996.  Il s’accommode, par contre, de la présence d’un Noah Kouninef, le benjamin de la famille Kouninef qui joue à merveille le rôle de bouffon du roi. La politique n’empêche pas Bouchouareb de faire prospérer ses affaires en France et même au Panama. Entre autres affaires, l’acquisition de biens immobiliers dans des quartiers huppés à Paris notamment le luxueux 16ème arrondissement. L’origine des fonds de ces acquisitions demeure douteuse. Il faut rappeler, aussi, la liquidation des entreprises de la zone industrielle de la wilaya d’Oum-El-Bouaghi a beaucoup apporté à Bouchouareb.