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Partis politiques, associations, Presse: L’heure des volte-face a sonné

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Autre temps, autres mœurs ! L’heure est aux reniements, aux volte-face et aux retournements spectaculaires de vestes ! Hier, ils étaient les hérauts impénitents de la continuité, des soldats déterminés du cinquième mandat, des partisans et défenseurs farouches du système, aujourd’hui, ils prennent un virage à 180 degrés, délaissent le régime et l’homme qu’ils ont encensé, se placent aux cotés du Hirak et plaident pour la naissance de la deuxième république.

Ils étaient nombreux, dans un passé très récent,  ces partis politiques,  ces  journaux,  ces télévisions privées et étatiques, ces organisations de masses, ces associations, ces analystes… à se bousculer au portillon du régime  pour faire allégeance et  exprimer un soutien tous azimuts  au  « programme du président de la république ».

Certains se glorifiaient  même publiquement, d’être des « chiyyates » (brosseurs) fier-à bras et s’en prenaient à tous ceux  qui ridiculisaient leur tendance à la chitta (brosse). Des télévisions, des journaux connus pour leurs accointances avec le pouvoir et leurs liaisons dangereuses avec des affairistes véreux s’attaquaient traîtreusement, à des militants d’opposition, à des blogueurs désintéressés, à des hommes d’affaires intègres, au seul motif que ces derniers n’arrêtaient pas de dénoncer des injustices, les sabotages économiques, les connexions malsaines  entre le pouvoir et  certains affairistes , et autres dépassements constatés dans la gestion des affaires du pays. Le mot était dit : tous ceux qui élevaient la voix contre les décideurs et leurs protégés doivent être réduits au silence.

Les services de sécurité, la justice, les médias ont été instrumentalisés pour casser toutes les voix discordantes, toutes les initiatives qui ne cadraient pas avec la mainmise totalitaire du système.  Les partis politiques, les journalistes, les journaux, les industriels, les personnalités nationales, qui refusaient, à l’époque le diktat du système et dénonçaient ses dérives se comptaient sur les doigts de la main. Mais, aujourd’hui, que le vent a changé de direction, la vraie opposition, se trouve noyée voire écartée par  les coureurs de fond en volte face.

Très actifs, ils écument les réseaux sociaux, les plateaux de télévision et parlent toute honte bue des bienfaits de  la révolte citoyenne et de l’Algérie de demain, comme s’ils étaient des acteurs du changement. Dans cette période délicate où les défis sont importants, où le pays doit s’offrir une transition apaisée, sans fureurs ni tensions, une transition devant mener le pays dans les meilleurs délais à bon port, loin des tempêtes,  les ex-thuriféraires et porte-voix patentés du pouvoir doivent se taire et se faire oublier pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu.