Talaie El Hourriyet
Ali Benflis président de Talai El Houriat

« Le communiqué rendu public, hier, par le Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire tire la sonnette d’alarme et appelle l’attention du peuple Algérien sur la gravité de la situation actuelle », soutient le parti de Ali Benflis ce dimanche.

« Chacun d’entre nous mesure la gravité exceptionnelle de cette situation à laquelle le pays est confronté. En effet, nous sommes face à une crise politique, constitutionnelle et institutionnelle dans tous les sens de ces concepts. Chaque jour qui passe rend plus complexe cette crise et alourdit le coût de son règlement. Au cœur même de cette crise, il y’a deux enjeux capitaux : d’une part, la survie de l’Etat national et de l’autre, la réalisation des buts de la révolution populaire pacifique visant à redonner à cet Etat national et à l’ensemble de ses institutions le contenu populaire, citoyen et démocratique dont ils ont été vidés, tout particulièrement durant les deux dernières décennies d’un pouvoir personnalisé à l’extrême et exercé au moyen d’une vision, de méthodes et de pratiques purement totalitaires », souligne la même source qui note que le communiqué du Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire permet trois constats :

-Le premier constat tient au fait que le régime politique en place et les forces extraconstitutionnelles auxquelles il ne sert que de banale devanture agissent désormais à visage découvert. Ils mettent à exécution la menace qu’ils ont adressée depuis bien longtemps au peuple Algérien d’avoir à choisir entre eux ou le chaos. Le peuple Algérien les ayant condamnés au départ de manière irrévocable, c’est le chaos promis qu’ils cherchent désespérément à installer dans le pays.

-Le deuxième constat porte sur le fait que, dans la conjoncture actuelle extrêmement sensible, la survie de l’Etat national et la satisfaction des demandes de la révolution démocratique pacifique font partie d’un même combat. De ce point de vue, le régime politique en place et les alliances qu’il a tissées de longue date avec les forces extraconstitutionnelles représentent la même menace mortelle pour l’Etat national et pour la révolution démocratique pacifique elle-même. En ces instants décisifs, il importe de ne pas se tromper dans l’identification de la source de la menace la plus lourde qui pèse sur notre pays. Cette menace réside bel et bien dans un régime politique finissant qui refuse le jugement sévère que le peuple a porté sur lui et sur les forces extraconstitutionnelles déterminées à se battre jusqu’au bout pour défendre tous les fruits de leur prédation et de leurs rapines.

-Le troisième constat tient au fait que la défense de l’Etat national menacé doit, plus que jamais, devenir l’objectif central de la révolution démocratique pacifique. C’est là le premier devoir du peuple souverain et c’est au peuple souverain lui-même que revient la responsabilité de défendre la République démocratique et moderne qu’il entend refonder et rebâtir.

« Sur le chemin de cette refondation et de cette reconstruction, il y’a l’impasse politique, constitutionnelle et institutionnelle dont il faut sortir le pays au plus tô »t, ajoute le parti de Benflis  qui explique qu Le Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire a réaffirmé son attachement à une sortie constitutionnelle de cette impasse. Il a proposé comme cadre constitutionnel à cette sortie de crise une mise en œuvre combinée des articles 7, 8 et 102 de la Constitution. Lorsque la survie de l’Etat national est en jeu, elle prend le pas sur toutes les autres considérations quelle qu’elles soient. Le mérite de cette démarche tient d’abord au fait qu’elle répond à une demande populaire pressante mais elle tient surtout à la trajectoire dans laquelle elle s’inscrit, celle de la défense de l’Etat national et des buts de la révolution démocratique pacifique.

« Dans ce contexte, je tiens à souligner le choix fait par le Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire de situer sa contribution au règlement de la crise actuelle dans les limites permises par un ordre constitutionnel que les forces extraconstitutionnelles s’emploient à rendre inopérant. Ce choix, malgré toutes les difficultés qu’il peut rencontrer, témoigne du caractère républicain de nos forces armées », est-il encore écrit dans le communiqué  qui conclut enfin que la référence à l’article 28 de la Constitution dans le communiqué du Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire est loin d’être anodine. Lorsque l’indépendance et la souveraineté nationales sont menacées par un effondrement généralisé des institutions, la mission de préservation de l’Etat national est pour tous un devoir sacré.