L'histoire en marche en Algérie

L’Algérie va vivre aujourd’hui son sixième vendredi de manifestations réclamant le départ de tout le système, et affichant leurs refus de la proposition du chef de l’armée Gaid Salah.

Des milliers de personnes se sont rassemblés dès les premières heures, dans les rues d’Alger, surtout devant la grande poste d’Alger, mais aussi dans d’autres villes pays comme Béjaia, Tizi-Ouzou, Bouira, et Sétif.

Parmi les manifestants, on compte encore beaucoup de jeunes comme depuis le début du mouvement. A Alger, ils sont venus de plusieurs wilayas tôt le matin, d’autres ont passé la nuit devant la Grande poste d’Alger. « Les algériens unis, système dégage », lit-on sur les slogans des manifestants. « y’ en a marre de ce pouvoir », « silmia, silmia », « ditou labled ya serrakines » scandaient aussi les manifestants.

L’espoir du changement en Algérie leur fait croire à un avenir meilleur. Les Algériens réclamant un changement de régime retournent donc dans la rue pour le premier vendredi de manifestations après la mise à l’écart du président Abdelaziz Bouteflika, lâché tour à tour par ceux qui ont poussé à sa candidature pour un 5e mandat.

Il faut dire que cette semaine a été chargée d’événement, mais apparemment aucun n’a intéressé le peuple. A commencer par la proposition de Gaid Salah qui a, en début de semaine, proposé la mise en œuvre de mécanismes constitutionnels pour écarter Bouteflika.

Ceux qui, pendant des mois, ont poussé la candidature du président Bouteflika à un cinquième mandat, détonateur de la contestation, s’en écartent désormais.

Jeudi, Ali Haddad a annoncé sa démission du Forum des chefs d’entreprises (FCE), principale organisation patronale algérienne, qu’il présidait. Son organisation était devenue un instrument de soutien politique et économique au chef de l’État et d’appui à sa candidature à un cinquième mandat.

Avant lui, c’est le Rassemblement national démocratique (RND), pilier de la majorité, qui a lâché Abdelaziz Bouteflika, par l’intermédiaire de son patron, Ahmed Ouyahia. Encore Premier ministre il y a moins d’un mois, celui-ci a demandé au chef de l’État de démissionner.

Aussi, Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA,  qui chantait il y a peu encore les louanges du président, se range désormais lui aussi derrière la proposition du général Gaïd Salah.