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Bedoui égal à lui même lors de sa première conférence de presse

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Lors de sa première conférence de presse, co-animée avec le vice-Premier ministre Ramtane Lamamra, le Premier ministre Noureddine Bedoui a été très évasif sur ses réponses aux questions de la presse. Sur la conférence nationale, sur la composante du nouveau gouvernement, sur la volonté réelle du peuple, sur les partis d’opposition, tout est encore flou.

Par manque d’expérience ou pour conjoncture difficile ? En tous les cas, selon les échos sur les réseaux sociaux, le nouveau premier ministre n’a été guère convaincant dans ses réponses.

En premier lieu, Noureddine Bedoui, s’est engagé à « n’aménager aucun effort et être à la hauteur des aspirations des citoyens pour la construction d’une Algérie nouvelle ». Il a affirmé par ailleurs que « les revendications de la jeunesse » seraient « la ligne directrice du gouvernement ». «La rue a été entendue », a-t-il déclaré.

Bedoui  s’est engagé aussi  à travailler avec « toutes les franges de la société, sans exception afin d’arriver aux aspirations du peuple algérien qui souhaite une nouvelle République».  « Il est de notre devoir de travailler dans le calme et sans complexe avec tous les fils du pays » a-t-il souligné.

Le nouveau PM qui a qualifié la situation actuelle que connait la scène politique nationale, « d’exceptionnelle » a indiqué que «c’est cette situation qui nous permettra de construire une nouvelle Algérie selon les aspirations exprimés par le peuple».

Bedoui  est revenu sur la qualité pacifique dans laquelle se sont déroulées les dernières manifestations, affirmant que cela indique la maturité des manifestants et sa sont conscience de ce qu’ils veulent.

Concernant la nouvelle composante du gouvernement, tant attendu pour voir si la colère du peuple soit apaisée, le successeur du très contesté Ahmed Ouyahia, a affirmé qu’un gouvernement de « technocrates » serait formé la semaine prochaine où les jeunes et les femmes seront représentés.

Là aussi, le nouveau PM n’a pas donné plus de précisions sur ce sujet. Sachant que la définition initiale la technocratie, c’est une forme de gouvernement (d’entreprise, d’État) où la place des experts techniques et de leurs méthodes est centrale dans les prises de décision. Selon le Dictionnaire de la langue philosophique la technocratie est « la condition politique dans laquelle le pouvoir effectif appartient à des techniciens appelés « technocrates ».

Par quel procédé communicationnel transforme-t-on donc un gouvernement “politique” en gouvernement de “technocrates”?

Sur la conférence sur la réforme de la Constitution, Béedoui se contentera de dire qu’elle débutera après sa formation. Le nouveau chef du gouvernement a également appelé au dialogue avec tous les partis de l’opposition, sans exception. Selon lui, le Président Bouteflika ne fera pas partie du paysage de la nouvelle Algérie. Le Gouvernement sera à la disposition de la Conférence nationale inclusive ».

« Nous dialoguerons, sans complexe, avec toutes les composantes de la société. L’Algérie attend de nous tous que l’on se hausse au niveau des aspirations du peuple. Ce mouvement est une occasion pour ouvrir les portes du dialogue », ajoutera-t-il.

Pour sa part, Lamamra reconnait que la jeunesse a été « marginalisée », notamment dans les différentes assemblées (APC, APW, APN). « Les jeunes doivent être les premiers bénéficiaires de la politique sociale, comme ils doivent être les premiers acteurs dans la prise de décision ». il a ajouté que toutes les institutions constitutionnelles resteront en activité jusqu’à l’élection d’un nouveau Président de la République.