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A quoi va ressembler la marche du vendredi 15 mars ?

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Pour sa quatrième marche consécutive, les citoyens des quatre coins du pays vont peut- être organiser l’une des plus grandes marches de l’histoire du pays. Si celle du 8 mars qui a reçu le soutien des femmes a comptabilisé quelques 10 millions de citoyens celle de ce vendredi 15 mars sera celle qui va certainement changer le cours de l’histoire du pays.

Ou la manifestation faiblit et le pouvoir aura gagné la bataille ou elle sera encore plus conséquente et elle affaiblira de plus en plus le pouvoir qui s’accroche désespérément. L’Histoire nous donne de nombreux exemples de soulèvements populaires aux conséquences décisives.

De la Révolution française au Printemps arabe, les actions populaires redessinent parfois la face du monde. Alors que des peuples s’organisent un peu plus dans le monde pour infléchir les politiques gouvernementales, le peuple algérien a décidé de reprendre les choses en mains et de s’approprier tous les droits.

 Des plus violentes aux plus pacifiques, les manifestations peuvent prendre des formes diverses. Toutes ont néanmoins comme objectif un changement dans la politique de gestion du pays. La réaction d’un gouvernement face à une manifestation en dit d’ailleurs long sur le régime politique du pays.

En démocratie, les manifestations se déroulent généralement sous l’œil attentif des policiers. Dans un régime non-démocratique, elles sont en revanche bien souvent tuées dans l’œuf à défaut d’être réprimées dans une violence plus ou moins grande.

Pourtant, quelle que soit la nature du régime, des manifestations ont bel et bien porté leurs fruits en influençant considérablement la politique en place. Le 5 juillet 1962, l’Algérie a fêté, dans la frénésie, l’indépendance cent trente-deux(132) ans jour pour jour après la prise d’Alger par les Français.

Hommes, femmes et enfants défilent dans les rues, au cri de «Vive l’Algérie indépendante». Le 15 mars 2019, les Algériens vont également sortir pour arracher leur indépendance confisquée en 1962. Qui est le mieux indiqué pour relier les deux histoires autre que la l’ancienne combattante et icône de la révolution, Djamila Bouhired qui a vécu cette période et qui vient de lancer un appel au peuple pour qu’il ne «se laisse pas voler sa victoire» : «En renouant le fil de l’histoire interrompu en juillet 1962, vous avez repris le flambeau qui va éclairer le chemin de notre beau pays vers son émancipation, dans la dignité retrouvée et dans les libertés à reconquérir. Là où ils se trouvent, je suis convaincue que nos martyrs, qui avaient votre âge lorsqu’ils avaient offert leur vie pour que vive l’Algérie, ont, enfin, retrouvé la paix de l’âme» écrit-elle. Plus loin, elle donne les raisons de son cri de colère : «Plus d’un demi siècle après la victoire sur la domination coloniale et l’accession du pays à l’indépendance, le système politique installé par la force en 1962 tente de survivre par la ruse, pour continuer à opprimer les Algériens, détourner nos richesses, et prolonger la tutelle néocoloniale de la France pour bénéficier encore de la protection de ses dirigeants. Ceux qui, au nom d’un patriotisme de bazar, exigeaient la repentance de la France, ont fini par  faire tomber les masques. Combien de dirigeants, à la retraite ou encore en activité, combien de ministres, combien de hauts fonctionnaires, combien d’officiers supérieurs de l’armée, combien de chefs de partis, se sont repliés sur l’hexagone, leur patrie de rechange, le refuge du fruit de leurs rapines» Djamila Bouhired.