Abdelaziz Bouteflika
Le président déchu Abdelaziz Bouteflika

Le président Bouteflika a profité de la célébration du 8 mars Journée internationale de la femme pour se fendre d’un discours, lu en son nom ce jeudi par la ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda-Imane Feraoun, plus ou moins étonnant et hors champ de l’histoire.

Il a salué d’abord «le caractère pacifique des marches populaires enregistrées ces derniers jours à travers différentes régions du pays», ainsi que «la maturité des citoyens, notamment les jeunes». Étonnant d’abord parce que les marches et autres manifestions des citoyens qui se déroulent depuis le 22 février dernier sont l’expression d’une grande colère à l’annonce de son désir de se représenter une cinquième fois à la magistrature suprême du pays et ensuite hors champ de l’histoire parce que le président Bouteflika n’a pas encore ou ne veut pas comprendre le vrai message véhiculé par les couches de la population celui de voir tout le système qu’il incarne depuis 20 ans partir.

Or et c’est la ou le bat blesse. Le président Bouteflika qui s’apprête à changer d’hôpital en Suisse, pour fuir les interminables appels des citoyens, ne veut rien entendre. Ce vendredi une 3eme marche est annoncée, plus grandiose que les précédentes, qui va peut être bouleverser l’ordre des choses. Le chef de l’Etat continue de prendre ce peuple pour ce qu’il n’est pas : c’est-à-dire un peuple à l’instinct grégaire à qui il faut encore l’avertir contre les dangers et les manipulations : «Néanmoins, nous nous devons d’appeler à la vigilance et à la prudence quant à une éventuelle infiltration de cette expression pacifique par une quelconque partie insidieuse, interne ou externe, susciter la Fitna et provoquer le chaos avec tout ce qu’ils peuvent entraîner comme crises et malheurs» a-t-il averti rappelant que «l’Algérie a payé le prix fort pour le recouvrement de son indépendance et sa liberté et notre peuple a payé un lourd et douloureux tribut pour en préserver l’unité et le rétablissement de sa paix et stabilité, après une tragédie nationale sanglante».

Triste fin pour un président qui disait au début de son mandat en 1999 qu’il «incarne le peuple algérien».  Veut-il y croire encore que ce peuple n’a pas atteint sa maturité politique pour débusquer ceux qui parmi eux sont à l’origine des malheurs qui ont ensanglanté le pays durant les années 90 ou ceux qui poussent aujourd’hui au pourrissement ? Enfin il a relevé que l’Algérie fait face aux nombreux défis économiques : «nous sommes face à de nombreux défis économiques, sociaux et politiques afin de permettre à l’Algérie d’accéder à son légitime niveau de prospérité au profit de son peuple et de marquer sa présence économique sur les marchés internationaux, et partant, asseoir davantage sa place dans le concert des nations».  A qui la faute ? Qui est derrière les manettes depuis vingt ans sans pouvoir faire sortir le pays de la dépendance des hydrocarbures ? Qui a dépensé les 1200 milliards de dollars pour arriver en fin de compte au même point ? L’économie algérienne dépend toujours de la manne pétrolière et les horizons semblent complètement bouchés aujourd’hui.  Seul un sursaut salvateur pourrait dans le cas échéant sauver le pays d’une banqueroute comparable à celle du Venezuela….