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La verdict de la rue !

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Comme attendu, la réponse du régime aux manifestations anti 5e mandat et antisystème, a été à la hauteur de son égocentrisme et de son obstination. Alors que les citoyens s’attendaient à ce que des voix
autorisées du pouvoir réagissent par un « on vous à compris » à la manière d’un de Gaulle, ils ont eu droit à un « zenga zenga » à la manière  d’un Kadhafi.
De la réaction épidermique de Moad Bouchareb avec son « vous pouvez-toujours rêver », au conservatisme mesuré d’Ahmed Ouyahia, en passant par le «  vous voulez qu’on revienne aux années de  sang et de
larmes ? » de Sidi- Saïd de l’UGTA, c’est la même posture d’entêtement, de repli sur soi et de fuite en avant.

Ainsi, à travers certains de ses porte-voix patentés, le pouvoir réplique en gros et en clair : « H’na imout Kaci » et advienne que pourra. Cette posture de défi, sinon, de déni de la réalité ne va pas dans le sens de l’apaisement. A la longue, elle ne peut qu’entretenir des foyers de tensions et déboucher sur d’éventuels dérapages pouvant replonger le pays, encore une fois, dans la spirale de la violence.
N’est-il pas plus judicieux d’écouter attentivement les messages de la population et d’y apporter des réponses même partielles à ses attentes ? La rue en bravant, ces jours-ci, l’interdiction de manifester, a
jeté sa sentence. Elle est clair et sans appel : le système est arrivé à sa date de péremption et il doit dégager ! Elle l’a dit de fort belle manière, pacifiquement, sans agitation ni anicroche.

Cette expression populaire ne doit en aucun cas être sous-estimée, ni prise à la légère au motif de quelques arguments d’une insoutenable légèreté, à l’exemple de cette étrange  « main étrangère ». Il y va de
la stabilité et de l’avenir du pays. Il est vrai que des manifestations organisées à l’initiative d’appels anonymes ne peuvent pas constituer une alternative sérieuse au système en place.

Il est vrai aussi que sans projet de société bien défini, sans leaders et compétences nationales connues, « cette insurrection citoyenne » ne peut être   considérée que comme un saut dans l’inconnu. Mais ce qui
est vrai et qui ne doit pas être ignoré, est que le citoyen algérien en a assez du système politique en place et qu’il aspire à un véritable changement.