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Abdelhak Lamiri, expert et consultant en économie: « Les candidats à la présidentielle doivent penser à réorganiser l’Etat »

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L’Express-DZ : Les élections présidentielles approchent. Les candidats n’ont pas encore dévoilé leurs programmes mais ils se baseront certainement sur le développement économique et social du pays. A votre avis, que faut-il prendre en considération dans le domaine économique?

MLamiri : Si c’est comme par le passé et il y a de fortes chances que ce soit le cas. Ils vont présenter des généralités du genre : nous allons continuer le développement social, nous allons créer une économie diversifiée pour être indépendant des hydrocarbures etc. Mais ils ne vont pas dire comment. Personne ne nous dira comment améliorer la productivité dans les entreprises et rendre nos administrations ultra performantes; ils vont simplement mentionner de très bonnes intentions mais avec une insuffisance criarde en matière de méthode pour réaliser des objectifs qui par ailleurs sont nobles. J’espère que cette année cela va changer mais j’ai l’impression que peu de choses vont bouger de ce coté là.

Quelle priorité devra prendre les candidats pour faire face à la crise économique?

Les véritables priorités seront pour la plupart secondaires dans les programmes des partis comme : la réorganisation de l’état (créer une institution cerveau, technique et non politisée pour concevoir la stratégie du pays et pas genre CNES qui audite), créer les industries du savoir qui vont booster le développement des entreprises et débureaucratiser le pays, mettre à niveau les cerveaux humains et procéder à une modernisation managériale de standard international.

Les priorités sont : réorganiser l’état pour le rendre efficace, créer les industries de la connaissance qui vont qualifier les ressources humaines et moderniser le management des entreprises et des institutions administratives au niveau des standards internationaux tout cela au sein d’un plan stratégique (par exemple, Algérie 2040) validé par les plus hautes instances du pays.

Les candidats vont aussi se concentrer sur l’aspect social. Comment vont-t-ils à votre avis se comporter avec ce volet?

Ils vont continuer à proposer de faire plus : plus de logements, de subventions etc. sans les calculs techniques pour nous dire d’ou vont venir les ressources? Comment éviter de dilapider les réserves? Il y aura probablement pour la plupart très peu d’innovation. Il peut même y avoir une surenchère sur qui va proposer plus et mieux.

La situation sociale du pays est en dégradation surtout en matière de pouvoir d’achat. Quels conseils donneriez-vous dans ce sens? 

Pour éviter la dégradation du pouvoir d’achat il faut améliorer la productivité (ce que produit chaque algérien au travail) mais ceci est compliqué: il faut mieux qualifier les algériens, rehausser les performances des entreprises, moderniser le management des administrations, disposer d’une stratégie nationale, moderniser techniquement et managérialement l’agriculture, l’industrie et les services. Pour faire ceci nous aurons besoin de centaines de bureaux d’études spécialisés (en management des communes, des administrations, des TIC, en stratégie, exportation, qualité, etc.). Mais beaucoup de partis ne comprennent pas leur importance. On leur accorde une phrase ou deux dans le programme. Alors qu’on doit avoir un plan Marshall pour les développer et les utiliser.