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Partis de l’opposition: Benflis hésitant, Makri partant et Djaballah veut soutenir Ghediri

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Les grands partis de l’opposition commencent petit à petit à se manifester par rapport à l’élection présidentielle du mois d’avril prochain.

Si d’ores et déjà le FFS et le RCD, El Adala de Abdallah Djaballah ont décidé de boycotter le scrutin, le MSP de Abderrezak Makri a décidé lui de tenter l’aventure alors que Ali Benflis, le leader de Talaie El Hourriet hésite à se prononcer. Il ne reste que Louisa Hanoune qui n’a pas encore manifesté le moindre souhait de participer. Comme Benflis elle attend la décision finale du comité central de son parti.

Le chef du MSP est candidat de son parti à l’élection présidentielle : «Je maintiens ma candidature quoiqu’il arrive conformément à la décision prise par le Majliss Echourra (conseil consultatif)» a-t-il confié dimanche : «Il n’a jamais été question de nous retirer. Il est vrai qu’une tendance lourde était en faveur d’un retrait si jamais le président Bouteflika briguait un 5ème mandat. Mais le Majliss Echourra a fini par trancher en faveur d’une candidature du mouvement et ce, quelques soient les challengers» précise Abderrazak Makri qui a tenu à ajouter : «Je suis certes le premier responsable du MSP mais je suis aussi obligé de tenir compte des avis des structures du mouvement où les décisions se prennent démocratiquement».

En recevant dimanche M. John O’Rourke, le chef de la délégation de l’Union européenne (UE) en Algérie, à sa demande, au siège de son parti, Ali Benflis a expliqué à son interlocuteur «qu’il y avait encore beaucoup d’opacité autour des conditions de la tenue de ces élections pour que l’on puisse se prononcer, aujourd’hui, sur ce rendez-vous important qui peut ouvrir la voie à une solution de la crise comme il peut aggraver cette crise et plonger notre pays dans l’inconnu».

Le président de Talaie El Hourriet a profité de cette rencontre avec le représentant de l’UE pour lui présenter les grandes lignes de son programme politique qui se décline en trois articulations. Il s’agit de «la refonte et la modernisation du système politique pour sortir de l’archaïsme et de l’autoritarisme actuels» ; «la rénovation économique pour rompre avec l’économie de rente» et «une profonde réforme sociale répondant aux impératifs du progrès , de la cohésion et de la justice sociales».

Abordant la situation d’impasse politique, de crise économique et financière aiguë et le contexte social difficile que traverse le pays Ali Benflis a exposé à son interlocuteur la vision de Talaie EL Hourriyet pour une sortie de crise durable. Celle-ci passe dit-il par «un dialogue politique inclusif pour une sortie de crise», le règlement de la question de la légitimité, qui est à l’origine de l’impasse politique, par la tenue d’élections libres et régulières» et enfin «le rassemblement des Algériens, de la classe politique et des forces vives autour d’un projet fédérateur de construction graduelle d’un Etat de droit et d’un régime démocratique». 

De son côté, le parti El Adala de Abdallah Djaballah ne présentera pas de candidat à l’élection présidentielle d’avril prochain, a indiqué le Conseil consultatif de son parti dans un communiqué. Mais si Adala a décidé de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle, mais il n’écarte pas la possibilité de soutenir un candidat unique de l’opposition : «Le Conseil annonce que le Front pour la justice et le développement ne présentera pas de candidat à la prochaine élection présidentielle, mais il se considère concerné par le scrutin, à travers le travail avec toutes les forces de la société et de l’opposition, personnalités et partis, pour la présentation d’un candidat unique de l’opposition qui va porter un projet consensuel qui comprend particulièrement la réforme constitutionnelle et juridique garantissant le droit de la Nation dans les ressources et le libre choix et la liberté d’en disposer», explique le Conseil consultatif du parti d’El Adala. Abdallah Djaballah s’est présenté à deux reprises aux élections présidentielles, en 1999 et en 2004. 

Enfin, le parti de Zoubida Assoul, l’Union pour le changement et le progrès (UCP), apporte son soutien au candidat à la candidature à l’élection présidentielle d’avril, Ali Ghediri. Les membres du conseil national de l’UCP, ont «après débat et échange, décidé, à la majorité d’apporter leur soutien au candidat indépendant Ali Ghediri aux élections présidentielles du 18 avril 2019», indique un communiqué du parti mis en ligne sur la page Facebook officielle du candidat.

Le parti reconnaît que le contexte est caractérisé par «l’opacité et l’absence de perspectives pour les Algériens» et que «les conditions objectives d’une compétition électorale honnête et transparente ne sont pas réunies», mais estime néanmoins que «cette échéance peut constituer l’opportunité d’une rupture avec le système en place et son mode de fonctionnement». L’UCP explique son choix de soutenir la candidature du général-major à la retraite par «la concordance des visions» entre le parti et le candidat «sur les voies et moyens pour concrétiser cette rupture». 

Le communiqué énumère aussi les points sur lesquels le parti de Mme Assoul rejoint la vision d’Ali Ghediri, parmi lesquels, «construire la nouvelle République, basée sur l’État de droit et des institutions à travers une constitution adoptée par voie référendaire ; consolider la pratique démocratique et renforcer les libertés individuelles et collectives ; libérer le pouvoir judiciaire de toutes interférences ; réformer et moderniser l’Armée nationale pour l’éloigner de la décision politique… ».